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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 08:34

 

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Portrait de Mihel de Ghelderode dessiné et travé sur bois par Roger Van Gindertael, 1925

 

Un jeune chercheur, Gerke van der Heide, me communique un texte que j'ignorais de Michel de Ghelderode: « La peinture mémoriale de Rachel Baes », paru in Empreintes, juin-juillet-août 1951, p. 17-18.

*

Ce numéro spécial présenté sous jaquette : Rachel Baes. Inédits Études. Documents sortit de presse, malgré l'achevé d'imprimer du 10 juin 1951, après le 19 novembre, date à laquelle, selon une lettre de Baes à Ghelderode, on n'attendait plus que l'article de celui-ci « pour commencer la mise en page ». (Cf Roland BEYEN, Bibliographie de Michel de Ghelderode, 1987, 913.)

*

La peinture mémoriale de Rachel Baes

 

À  longtemps considérer ces toiles – trouvées des l'abord distantes et semblant proposer des clefs, à nous qui savons que le Mystère n'a pas de portes – et à m'y être aventuré comme le calme orphelin de Verlaine, riche de mes seuls yeux, j'en parlerai à l'aise, autrement que d'imageries radotant des enfances pour grandes personnes, que de tarots où se jouent les destins sans imprévu et où le soleil luit sur un cercueil. Non, cet art n'apostrophe, ni se confesse – deux attitudes pénibles et si fréquentes : il s'énonçait dans le grave, pudiquement ; sitôt qu'on tendait l'oreille, alors se faisait le silence : les volets n'étaient plus qu'entr'ouverts – mais que n'annonçaient les pénombres. Nous aimons cet a-parte, ces lèvres d'oraison en un siècle hurleur : ménagerie en odeur d'incendie ou ghetto en soif de pogrome. Non, je n'éprouve pas l'étonnement que dispense la nouveauté, ou alors, c'est la nouveauté de tout l'oublié, du révolu, du facta est qu'on exhume et qui offre cet exquis rappel de cendres, comme les flacons poussiéreux, les maîtresses automnales. Oui, l'émoi fut de qualité, que je connus à saluer cette femme à pinceaux, portant son prénom tragédien sur une creuse musique de Meyerbeer et dont les fillettes inquiètes autant qu'inquiétantes dérivent plus sûrement du journal de mode rédigé par Stéphane Mallarmé que des bouquins de Mme de Ségur, née Rostopchine !Mais qu'on y regarde de près : ces émois, nous les vécûmes en errant par les voies étroites de la Peinture – une peinture suspecte dont les vastitudes couraient plus loin que le monde des formes : de la sorte rencontrâmes-nous Cranach, William Blake, le pauvre Vincent, le Douanier, le Chagall d'origine, le Joan Miro, chef des Intersignes, et quelques tendres et cruels, dont le Thévenet de Hal et l'Ensor à trente ans – deux organistes... J'écris ceci pour qui me ressemble, trouvant recommandables ces maîtres dont on attribuerait la sélection à Rachel Baes, si sa personnalité avait besoin de halo, de cerne. Tout de même, cette généalogie aurait du sens, l'exhausserait au-dessus des lieux arides où s'enlise l'art d’amphithéâtre de nos contemporains – au-dessus des charniers abstraits où se décompose la forme humaine, dans l'obscuration du demi-siècle échu. C'est le mérite de Rachel Baes que de s'être garée des corbillards et convois forains, d'avoir traversé indemne les deux épidémies de surréalisme, dont elle fut le témoin, avec leur virus perforant – et double – luxueux et sacrilège. Entendez-moi, Rachel Baes n'est pas si innocente ni angélique qu'il y paraîtrait, et ses vertus pourraient le céder au dramatisme, à l'intensément vécu que circonscrit son œuvre. Cela signifie qu'elle a pu avoir le cœur gros, non pas la tête enflée. Cette sagesse-là, parfaitement ; et cet art-là, parfois oppressant, qui vous laisse muet, sans donner l'envie de présenter ses condoléances, ses fleurs. Cet art qui donne le sentiment de l'irrémédiable – sinon de l'indicible – et ne serait après tout qu'une peinture obligée, qu'elle fit pour demeurer éveillée plutôt que pour exprimer ses rêves, sa lente peur. Peinture mémoriale...

 

Maintenant que je m'en éloigne, ces toiles me laissent sur un désir, un manque. De quoi, sinon d'une féerie coloriée, de jeux modulés dont je n'ai pas tout retenu ! Je leur dois de me retourner, hésitant. Vers quel appel nostalgique, et – si j'osais écrire – élégiaque ? Comme un chant d'alto qui tente de s'élever et s'inachève, dans le brouillard. Comme l'abandon d'une rose solitaire qui succombe, écartelée et en larmes, sous les coups de barre de l'orage...

Michel DE GHELDERODE

*

Marcel Lecomte (1900-1966) fut le premier a attirer mon attention sur l'œuvre pictural de Rachel Baes (1912-1983). Patrick Spriet lui consacra une excellente biographie : Een tragische minnares. Rachel Baes, Joris Van Severen, Paul Léautaud en de surrealisten (Leuven, Van Halewyck, 2002, 328 p.).

Ce n’est pas par hasard que le biographe place une citation de Cocteau en exergue de son livre : « Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité ».

Maîtresse de Joris van Severen, « Leider » du Verdinaso, intime de Paul Léautaud et des surréalistes, Rachel Baes a épousé toutes les contradictions du vingtième siècle, déployant un dandysme à la fois attachant, souvent émouvant, parfois irritant. Avec le talent de l’écrivain pur-sang — il vous prend à la gorge dès les premières pages —, Patrick Spriet, critique littéraire de l’excellente revue Kruispunt, allie la ténacité du fin limier à la rigueur de l’historien. Il réussit le tour de force, mine de rien, d’apporter des éléments non seulement inédits mais surtout insoupçonnés, même des spécialistes des milieux tellement divergents dans lesquels Rachel Baes évoluait avec une véracité spontanée frisant l’insolence (ou l’inconscience). Journalistes affairistes de l’immédiate avant-guerre, marchands de tableaux, peintres, écrivains et gendelettres — et la faune parasite qui les entoure — sont évoqués avec précision et une pointe d’humour toute anglo-saxonne. Après d’innombrables péripéties souvent savoureuses et parfois navrantes, Patrick Spriet a eu accès, non seulement au journal inédit de Rachel Baes, mais aussi à ceux de Joris van Severen, le Chef du Verdinaso assassiné à Abbeville en 1940. Il brosse de plus une large fresque où figurent e.a. Léautaud, bien sûr, mais aussi Breton, Cocteau, Éluard, Ghelderode, Lecomte, Magritte, Michaux, Mesens, Toussaint et ces veuves inénarrables que furent Consuelo de Saint-Exupéry et Renée Maeterlinck.

Amoureux de son sujet, certes, mais de cet amour courtois qui se nourrit d’une distance lucide et stimulante, Patrick Spriet opère par touches et retouches et, de l’enfance dans un milieu artistique et grand bourgeois du Bruxelles élégant de l’avant-guerre à cette vieillesse paranoïaque recluse en Bruges-la-Morte et taraudée par une mesquine persécution cléricale, le portrait est tiré comme par enchantement.

La quête de Rachel Baes ne fut pas de tout repos, loin de là, mais aucun obstacle, ni les arrogances d’un lointain héritier vipérin par ignorance et par souci de s’affirmer, ni la mauvaise foi patente d’un collectionneur imbu de gloriole, ne purent décourager la volonté têtue de Patrick Spriet qui nous vaut le plaisir de ce maître-livre. Un éditeur avisé n’hésitera pas à le publier en traduction, car il s’adresse en premier lieu à un public francophone.

Rachel Baes a trouvé un biographe à la taille de son excentricité.

Henri-Floris JESPERS

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 13:00

 

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Mesens, tel que je l'ai connu...

Solides enchères pour les partitions et poèmes de Mesens, 'Dada Joker in the Surrealist Pack', personnage tout aussi attachant qu'incontournable et insaisissable :

  • Danse pour piano, Fernand Lauwerijns, Bruxelles, 1920 : 2500 €

  • Garage, Bruxelles, éditions Music, [1926] : 2000 €.

  • Femme complète, Bruxelles, éditions Nicolas Flamel, 1933 : 300 €.

  • Alphabet sourd aveugle, Bruxelles, éditions Nicolas Flamel, 1933 : 280 €.

  • Poèmes 1923-1958, Paris, Le Terrain Vague, 1959 : 650 €.

Sept lettres inédites de Mesens à Paul Neuhuys (1922-1925) furent adjugées à 3800 €.

Pour plus de détails, voir :

http://caira.over-blog.com/article-vente-bernaerts-dada-et-surrealisme-i-e-l-t-mesens-104827959.html

*

J'ai pubié un portrait-souvenir de Mesens en 1993 :

Henri-Floris Jespers, Genealogie van de herinnering, Antwerpen, The Private Press, 1993, pp. 69-88.

Hôtel de Ventes Bernaerts, Verlatstraat 16-22, B 2000 Antwerpen.

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 03:01

 

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André Stas a reçu le prix Xavier Forneret de l'Humour noir 2009. André Stas, on le nomme le "Professeur Stas", ce qui n'est pas volé. Cet homme est d'une culture aussi confondante qu'envélopédique. Il sait tout sur tout, à condition que ça soit du domaine du poil à gratter les crétins, les coincés et les bourgeois. Il est une des consciences du surréalisme belge et a été le sbire préféré de Blavier, un autre André, tiens celui-là (André et vous verrez). Il fait partie du Collège de 'Pataphysique [...] Il sait tout faire, lire, écrire, peindre et dessiner. Ses collages sont à mettre dans toutes les têtes si ce n'est entre toutes les mains. Il est même verbicruciste, un comble pour quelqu'un qui est tout sauf carré. Il touche à tout sauf à ce qui pourrait être, esthétiquement, éthiquement, idéologiquement honteux. Et, sirop sur le boulet, c'est un amateur pratiquant du jeu de mots lamentable, car seuls les jeux de mots lamentables sont admis pour ceux qui pensent, comme Victor Hugo, que ce sont des pets de l'esprit. (JB Pouy, avant-propos) Pataphysicien patenté, membre de l’Académie zygomatique de Paris, Grand Dipsomane de l’Empire Impérial, entre autres, André STAS est aussi collagiste de haut vol. Fruit d’une imagination fertile et d’une jouissance provocatrice, son travail artistique frappe, étonne et séduit. Tantôt, il illustre Lewis Carroll, détourne des timbres-poste, saccage l’Art du passé, joue et perturbe le vocabulaire et l’univers des livres ou encore explore le monde photographique. Ses mains habiles ne dédaignent rien et c’est avec humour et l’esprit libre, qu’il triture gravures, magazines féminins ou pornographiques, bandes dessinées … au final, un extraordinaire univers tour à tour grotesque et enchanteur. André Stas est un écrivain et plasticien (autodidacte) né à Rocourt le 19 novembre 1949, il est licencié en philologie romane de l’Université de Liège. En 1974-1975, il a été un professeur subversif au collège jésuite Saint-Servais de Liège. Avant tout humoriste et pataphysicien, André Stas est un plasticien dont le collage est l’arme favorite. Après trois recueils de ses plus récentes malices (Grenailles errantes, L’embrouillamaxi et Les radis artificiels), voici Le grand Karmaval, 24 Heures dûment, Les Cent nouvelles pas neuves et Sur les autres mondes (aux Éditions Galopin). Il est également le conseil culturel de l'insolent journal Le Galopin. André Stas est, en vrac, Régent au Collège de Pataphysique et fils spirituel du satrape André Blavier (avec qui il signa le Manifeste pour la culture wallonne), Grand Fécial Consort de l’Ordre de la Grande Gidouille, Grand Dipsomane de l’Empire Impérial, Académicien Zygomatique, Consul honoraire du Sultanat de Bouillon, et aligne bien d’autres titres glorieux qui ne sont qu’indication de sa qualité première : l’amitié. Et il est l’ami des plus grands humoristes et artistes de son temps, vivants ou décédés. Régent de la chaire fondamentale de Travaux Pratiques d’Aliénation Mentale, Grand Fécial Consort de l'Ordre de la Grande Gidouille (O.G.G.), Co-Recteur de l'lnstitut Limbourgeois des Hautes Etudes Pataphysiques ( I.L.H.E.P ), Ame de l'lnstitut Itinérant des Petites Et Moyennes Etudes Pataphysiques ( I.I.P.E.M.E.P ), Chevalier de la Confrérie du Taste-Fesses, Membre de l'Académie Zygomatique ( Paris ), Grand Epistolier de la Confrérie de la Chouffe, Compagnon de la Confrérie du Carpophore, Ministre de la 'Pataphysique, des Majorettes et des Pom-Pom Girls de l'Empire Kafre, Grand Dipsomane de l'Empire Impérial, Moteur de la Stas Academy.

Marc WAYS


Marc Ways est le fondateur de l'Institut International de Recherches et d'Explorations sur les Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés, sans oublier tous les autres.

I.I.R.E.F.L.

1, rue du Tremblot,

F 54122 Fontenoy-la-Joûte

http://fous-litteraires.over-blog.com/

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 04:14

 

GuttFrickx.jpg

Il faut que je rattrape une bourde. Jeudi, me fiant à ma mémoire, je notais ici que les néo-surréalistes belges regroupés autour de Tom Gutt ne prisèrent guère l'étude de Robert Frickx et Michel Joiret sur La poésie française de Belgique de 1880 à nos jours (1977).

En fait, c'est à l'occasion de la parution de La littérature belge d'expression française de Robert Burniaux et Robert Frickx (Presses universitaires de France, collection “Que sais-je”, no 1540) que parut en mars 1974 L'odeur de la nourriture, un pamphlet de huit pages signé conjointement par Yves Bossut, Tom Gutt, Claudine Jamagne, Michel Thyrion et Jean Wallenborn.

En exergue, une citation de Saint-Pol-Roux donne le ton :

Les Trous-du-cul, ce sont maints Critiques Modernes. Et ce qui sort de ces princes en us lorsque grince l'anus qui leur tient lieu de bouche, quelquefois c'est du vent, des crachats plus souvent, de la merde toujours. (1)

*

Les signataires soulignent que MM. Burniaux (1924-1988) et Frickx (1927-1998),

consciemment ou non (non, sans doute), servent une entreprise qui n'est pas neuve, et qui est de réduction du surréalisme et plus généralement de ce qui brise avec ce qui brise l'homme. Le ton varie, le fond demeure. Ce n'est plus (sauf chez M. Poulet dans Pan) le hurlement blessé de la haine, c'est le ton sentencieux, patelin, supérieur, tranchant au besoin, compréhensif, narquois parfois ou, pire, complice de l'ânerie pseudo-savante […]. (p. 1)

Au reste, c'est tant par ce qu'ils disent que par ce qu'ils taisent […] que ces messieurs à nos yeux se condamnent – et, espérons-nous, aux yeux de la bourgeoisie du cœur, de la tête et du fric, puisque nous dénonçons les pas qu'ils font sur le terrain du savoir objectif, de l'information à froid et neutre, et non pas sur le nôtre, qui est celui de la révolte et où d'ailleurs ils s'enliseraient. Qu'ils manipulent tant qu'ils veulent ce qui nous dégoûte. Mais non pas ce que nous aimons, à la limite ce que nous sommes. Mais non pas cette part de nous qui est la seule qui nous vaille de vivre. Mais non pas la poésie, l'amour, la liberté. Il nous plaît de prendre la main dans le sac ce duo de faussaires ratés. (p. 5).

Les deux (f)auteurs, mais surtout Robert Frickx, avait déjà été pris à partie dans l'hebdomadaire satirique Pan du 2 janvier 1974 :

Ils se sont mis à deux pour rédiger, à l'intention de la collection Que sais-je, un panorama de « la littérature belge d'expression française » : Robert Burniaux et Robert Frickx, à peine moins inconnus sous leurs noms de plume respectifs de Jean Muno et Robert Montal.

Mais reprendre son patronyme réel offre des avantages. Car Robert Frickx, poète de qualité moyenne (niveau chanson vaguement littéraire) et professeur à l'Université de Bruxelles (V.U.B.), peut voir en Robert Montal un « spécialiste de René Ghil et de Rimbaud ». Belle générosité : le Rimbaud est son mémoire de licence rapidement revu qui traficote le thème de l'adolescence. Quant au René Ghil, un lyrique si illisible que le sujet restait vierge, c'est sa thèse de doctorat froidement accueillie lors de sa soutenance.

Les signataires de L'odeur de la nourriture en rajoute :

 

Puisqu'il paraît que M. Frickx se trouve en première ligne, arrêtons-nous un instant à lui. Dans l'ordre de l'essai, l'on devait à ce monsieur « L'adolescent Rimbaud » (Les écrivains réunis, 1954) qui est une pitié, un « Rimbaud » (aux éditions universitaires, 1968) qui est une honte, et une besogne sur René Ghil (Labor, 1962) qui n'existe pas. (p. 7, note 10).

*

Pour l'édification des ignares”, Tom Gutt & Co soulignent que le surréalisme "n'entretient avec la littérature que des rapports d'ironie”.

Paradoxal donc, ce sérieux mortel dont témoigne leur pamphlet...

Henri-Floris JESPERS

(1) En 1896, Saint-Pol-Roux publie la première version de La Dame à la faulx. Ereinté par la critique, il répond par un pamphlet mordant, L'Air de trombonne à coulisse (1897), dont voici le refrain :

Les Trous-du-cul, ce sont maints Critiques Modernes. Ils ont deux fesses, disons faces, l'une de miel pour les faiseurs d'ignominie, l'autre de fiel pour les beaux gestes du génie. Les Trous-du-cul, ce sont maints Critiques Modernes. Et ce qui sort de ces princes en us lorsque grince l'anus qui leur tient lieu de bouche, quelquefois c'est du vent, des crachats plus souvent, de la merde toujours.


Cf. "Christian Bussy & les surréalistes bruxellois", 17 février 2008 :

http://caira.over-blog.com/article-16729407.html

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 15:52

Le numéro 7/8 (Hiver 1956) de Phantomas propose une panorama restreint de l'art naïf. « Hormis quelques textes nettement littéraires, nos amis donnent des écrits plus proches des arts et de la peinture » consigne Théodore Kœnig (1922-1996) dans cette chatoyante Histoire de la peinture chez Phantomas (Bruxelles, éditions Lebeer-Hossmann, 1990, 501 p.) que l'on ne peut consulter qu'avec un plaisir à chaque fois renouvelé.

PeinturePhantomas.jpg

Les contributions de Kœnig et d'André Blavier, de Jean Dypréau, de Marcel Havrenne et d' Anatole Jakowsky n'ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur acuité.

Gérard Van Bruaene, dont l'intérêt pour la peinture naïve datait des années folles du Cabinet Maldoror et de la Vierge poupine, « poète-philosophe, homme rare qui tint le bistrot 'La fleur en papier doré', lieu de maintes de nos rencontres, vendait aussi des tableaux et signe Peinture et framboise. »

Estimant son texte caviardé par la rédaction de Phantomas, Van Bruaene publie un tract dont je reproduis scrupuleusement le texte. Les enculeurs de mouches pourront s'amuser à relever les variantes.

Van Bruaene y fait allusion à Georges Bataille : « Le mot silence est encore du bruit » (L’Expérience intérieure , Gallimard, 1943).

HFJ

BruaeneNaif1.jpg

Quant à l'Intelligence, les innocents s'entendent entre eux. Gloire à la peinture naïve, sauvage et psychiatrique.

 

Dans son dernier numéro, le périodique Phantômas a mutilé mon petit texte, vers la compréhension de comune raison et Vertueusement sociale.

 

La première partie de ce texte a été estimée, je pense, au-dessous de la lucidité des hommes instruits ne croyant pas qu'il peut être possible de penser respectueusement au Noble Virgile, à son amour, à son intelligence, admis cependant.

 

À quelle scène plate veut-on me réduire quand j'écris « fêter son petit Virgile » ?

 

Alors, pour me consoler, j'ai résolu de faire suivre le petit texte intégral, signé Zérar le bricoleur et non pas Le Petit Gérard.

 

L'explication n'échappe pas au raisonnement.

 

Malgré cette sentence qui nous est chère, je crois devoir expliquer la première partie du petit texte que le Comité de Lecture de Phantômas a supprimée.

 

I.- Regarde le bien (avant l'effacement) – le Vieil enfant (l'enfant sentimentalement expérimenté avant même la naissance) – à fêter son petit Virgile (rendre un pastoral hommage au Noble Virgile, à son amour, à son intelligence) – de sa réjouissante nature sénile (de sa réjouissante nature sénile).

BruaeneNaif2jpg.jpg

I.- Regarde le bien, le Vieil enfant, à fêter son petit Virgile, de sa réjouissante nature sénile.

 

II.- Facette du Silence

 

Je visitais une admirable exposition de peinture naïve, sauvage et psychiatrique. Une présentation de tableaux faite de bonne foi. Le panneau d'honneur, en signe de haute décoration, offrait aux grands yeux du cœur et du cerveau, le mot « Silence », peint à-même le mur de chaux.

 

Un professeur d'Université, critique d'art, a très sincèrement demandé au misérable type curieux qui se promenait p armi les choses exposées, – sans doute un apôtre des douces folies , – ayant appelé cette fête, admissible seulement “hors-commerce,” “Petite foire aux Tableaux, d'Esprit sentimental, ainsi Monsieur le Critique d'Art avait-il demandé, très poliment et de distinction au petit bonhomme, comme un lettré de la direction du Grand Cirque peut s'adresser au garçon de piste, je pense, je ne sais pas si je 'exprime bien, de lui expliquer la présence de ce mot « Silence »?

 

Le bonhomme lui a répondu de nature : “Monsieur le Critique d'Art, je ne pourrais pas vous l'expliquer sans parler.” Aussi l'a-t-on crapuleusement traité, le petit  type.

 

Il y avait de quoi.

 

III.- Pour la postérité.

 

Je possède un joli petit tableau de la famille universelle les petits maîtres du tableautin.

 

L'objet en est une adorable danseuse miniature à l'orientale fantaisie parisienne harem genre Abdul-Hamid peint à la bouche à la confiture de groseilles de framboises et de myrtilles. Joli et rare.

Zérar le bricoleur

15-XI-56/29-XII-56

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 23:21

 

Geert van Bruaene, Gérard van Bruaene, Le petit Gérard, Gédéon la Crapule, Gérard le Brocanteur, Henri de Lagardère et Gérard l’Absolu. Nous avons eu Gérard et le cinématographe au Cabinet Maldoror et à L'Agneau moustique, voici Zérar le musicien à la Fleur en papier doré.

 

ZerarMusicien.jpg

Publicité à ne pas en croire ses yeux.

______

 

En fait de grands concerts de musiques, je préfère les concerts cucus offerts les mardi et vendredi soir à « La Fleur en Papier Doré » 55, rue des Alexiens.

 

Parmi les collages à la carte-fantaisie. on peut voir des petits textes sérieux et encourageants :

 

«Les clients peuvent prêter leurs disques préférés à' la bonne réussite des concerts cucus » .

 

«Ainsi, par étude, les disques tournent-ils sans brusquer l'intention passionnelle du compositeur célèbre de musique».

 

«Le bien-faire à éplucher l'oignon émeut jusques aux chaudes larmes, en musique pure, sans violence »,

 

Zérar le musicien.

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 05:23

 

Et voici, pour la bonne bouche, deux tracts à ma connaissance inédits de Gérard Van Bruaene.

Le premier, imprimé sur un beau papier léger extra Steinbach, est daté du 23 juin 1954 :

 

BruaeneCOMMUNE.jpg

 

de commune raison

 

Pour les âmes choisies “plat par terre” cependant, – ennoblies encore par un souffle de sagesse , – dans le Sentiment de la Joie que pourrait créer en Soi-Même certaine activité intelligente, de Bonne Foi ; – rien n'est plus faux que l'original.

GEERT van BRUAENE.

23 juin 1954.

 

Le second document, une carte de visite rédigée en anglais, est non datée. Jusqu'à preuve du contraire je situe provisoirement ce texte ironique dans la seconde moitié des années cinquante.

 

sir-gerard-van-bruaene.jpg

Sir Gerard van Bruaene

Earl of “The Flower in Goldpaper”

 

Petroleum and other pictures in the same style also, every day, fresh' and delicate thing for war-industry ; the best on the market in the world.

Purveyor to the most important merchants in Paris as in the United States of America.

 

Estaminet

La Fleur en Papier Doré

55, rue des Alexiens, Brussels (Belgium) – ¨Phone 11.16.59

*

En 1956, Scutenaire évoquera les

longues années au cours desquelles un siège têtu s’établit autour de Van Bruaene pour qu’il publie ses textes autrement que par des affiches manuscrites au-dessus de son comptoir.

En effet, dès1941, Magritte et Marcel Mariën tentèrent de convaincre Van Bruaene de publier un recueil d'aphorismes. S'adressant à son « cher Geert » Mag déplore que celui-ci ne paraît pas « très enthousiaste car le projet en question me plaît énormément et redresserait, à mon avis, le niveau de ce que l'on publie généralement ».

Annonçant leur visite, Magritte et Mariën espèrent toutefois pouvoir convaincre Geert. Ils seront accompagnés par Scutenaire, qui écrit à son « cher ami » que l’édition de ses aphorismes « serait un moment de charme et d’utilité » et n’entraînerait pour Bruaene « aucuns débours ni frais, bien entendu » :

J’ai lu ta belle lettre avec un serrement de cœur parce que nous nous étions attachés à ce projet avec tant de cœur que nous avions déjà trouvé un titre à te soumettre ainsi qu’un projet de frontispice par Mag (renversant). [...] J’espère que les motifs de modestie que tu invoques dissimulent une authentique paresse (d’ailleurs éminement respectable) dont tu parviendras pourtant à tirer parti en t’en départant pour les quelques minutes nécessaires à coucher le texte.

SauwenBruaene.jpgÀ tout seigneur tout honneur, signalons ici la modeste mais indispensable monographie de Rik Sauwen : Geert Van Bruaene le petit homme du Rien, publiée par Temps mêlés en 1970.

BruaeneDhaese.jpg

Roel d'Haese, Feu le Petit Gérard (ex-coll. Jo Verbrugghen)

Henri-Floris JESPERS

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 04:30

 

Annonçant en 1953 des représentations cinématographiques à l'Agneau moustique (« limitée à dix présences »), Gérard Van Bruaene renoue avec ses activités des roaring twenties  (ses années de gloire...). Un placard publicitaire dans l’unique numéro d’Œsophage  (mars 1925), la revue d’ E. L. T. Mesens, signale parmi les multiples activités du « petit Gérard » la

SALLE NOUVELLE

Tous les samedis à 8 h. 30 du soir.

La Dixième Symphonie  de A. Gance a été projetée.

On projettera le 7 mars Le Lys brisé  de D.-W. Griffith.

Optimiste, enthousiaste et toujours enclin (et matériellement obligé) de faire flèche de tout bois, Gérard van Bruaene avait en effet lancé l’une des premières tentatives de « ciné-club » en Belgique.

*

Les « séances cinématographiques du Cabinet Maldoror » se tenaient une fois par semaine semaine le samedi soir, à huit heures et demie à la « Salle Nouvelle », 11 rue Ernest Allard, au Grand Sablon. Du 14 février au 14 mars 1925, une première série de cinq films est annoncée, chacune débutant par une courte causerie introduisant la projection ; le prix de l’abonnement était fixé à 25 francs. À tout seigneur tout honneur, le premier film sera Genuine  de Robert Wiene (1881-1938), cinéaste de ce Caligari (Das  Kabinett des Doktor Caligari, 1919), film fondateur de l’expressionnisme, dont Genuine  (1920) est un dérivé. Seront ensuite à l’honneur : La Xesymphonie (1918) d’Abel Gance (1889-1981), Le lys brisé  (Broken Blossoms, 1919) de D. W. Griffith (1875-1948), El  Dorado  (1921) de Marcel Lherbier (1890-1979) et Kean  (1922) de Victor Tourjansky (1891-1976).

Marcel Mariën souligne que les films étaient choisis et patronnés par le groupe proto-surréaliste éditant la revue Correspondance ; que Van Bruaene en assurait la projection, mais qu’une organisation déficiente mena rapidement cette initiative à la déconfiture.

Par un tract daté du 30 mars 1925, Camille Goemans, Marcel Lecomte et Paul Nougé « tirent élégamment leur épingle du jeu » :

Depuis que le cinéma Maldoror à la Salle Nouvelle a commencé ses séances, on n’a assisté qu’à des représentations malheureuses.

Ainsi, pour avoir voulu entreprendre quelque chose on apprend ce qu’il peut coûter de faire confiance à des exécutants, on apprend la sorte de difficulté que l’on peut rencontrer, de quelle absurdité il arrive qu’elle soit faite. [...]

Pourtant, du ridicule, nous n’aurons pas à nous défendre. Il est à d’autres. Les faiblesses, les négligences ne nous concernent point. [...]

 

Bruaene évoquera ces séances dans Ole com bove  (Le Livre d'or de la Fleur en papier dorée,1951) :

 

Le souvenir des séances cinématographiques du Cabinet Maldoror.

Il arrive de recourir au « don de la parole » pour se distraire du cauchemar, le jour et la nuit.

L’Image vivante de la pensée pouvait ne pas décevoir les plus tristes parmi nous, sans même déplaire brutalement au Silence, notre amour.

Pourrait-on, après le viol, ne pas accentuer la blessure ?

L’intelligence du cinéma réserverait au sens de la parole une évidence utile, logique, sans prétention autre que de servir l’essentiel : la vie de l’image.

Que de joie cependant !

L’atmosphère obscure demeure dans la Maison Somptueuse de la Projection Cinématographique.


Ce texte figure assurément dans l'édition originale du Livre d'or, qui pose à tous les bibliographes consciencieux un véritable casse-tête chinois.

Je m'appliquerai à démêler cet écheveau.

Henri-Floris JESPERS

 


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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 03:23

 

En décembre 1949, Gérard Van Bruaene ouvre une nouvelle « boutique », Le Diable par la Queue, située au no 12 de la rue de l’Homme-Chrétien (ou Kerstenmannekenstraat) à Bruxelles,

une rue triste et abandonnée – près de la place Saint-Jean, à l’enseigne : « Gezottenvanapaiponmettegève ».(1)


La boutique sera rapidement rebaptisée L’agneau moustique. Une carte de visite de Van Brueane signale : « Expositions. Local offert gracieusement ». Et sur la vitrine on pouvait lire : « Consignation ».

BruaeneCinema1953.VERSOjpg.jpg

Van Bruaene distribuera en novembre 1953 un carton (format c.p.) mentionnant au recto

:

« Tout est affaire de bonne volonté ».

Cinéma « en famille ».

Projection de très petits films sans importance.

De pauvres images ne pouvant intéresser personne, je pense.

Limité à dix présences.

Zérar.

S'adresser à

L'agneau moustique

EXPOSITIONS CURIEUSES

12, rue de l'Homme-Chrétien

Bruxelles


Cette initiative de Van Bruaene (adepte tenace mais parfois brouillon de l'éternel retour...), remet en mémoire les séances cinématographiques (1925) du Cabinet Maldoror.

L'intervention de Zérar publiée au verso de ce carton peut être interprétée dans cette optique.

 

merde pour le cinéma parlant.

 

Deux compagnons, clair-semés dans la rue, avantagés du cœur et du cerveau, hommes de peines ou de peine quand-même, se voyaient volontiers – ô Constant – et, pour se nourrir, s'offraient les larmes de l'injure à la vocation, autant que le langage parfait, naturellementdans les bornes de la pensée propre à l'un et à l'autre, sans brusquer, sans recherches.

 

Cette nourriture ne suffisait pas.

 

Ces hommes de noble révolte ont été grossièrement assassinés, sans suite aucune, à la Foire Universelle des Faux-Monnayeurs.

C'est logique.

 

D'accord Socrate !

 

De Bonne Volonté cependant.

Zérar.

28 novembre 1953.

BruaeneCinema1953.jpg

Je reviendrai sur les séance cinématographiques du Cabinet Maldoror dans un prochain blog.


Henri-Floris JESPERS


(1) Translittération d’amateur du bruxellois: « Ge zaadt ervana paip on Mette geive » (en néerlandais : « Je zou er de pijp aan Maarten geven » ) : on en crèverait. Avec mes remerciements à feu mon ami Herman J. Claeys (1935-2009).

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 20:48

 

Évoquant la fin des années quarante, période noire s’il en fût dans son existence, Paul Neuhuys notera dans son journal :

Poète crotté, je ne me sentais plus à l’aise qu’avec des copains comme le petit Gérard qui, souvent, m’était venu discrètement en aide en me disant : « Que veux-tu, mon pauvre vieux, notre pays se girouettise en pissotière à pignoufs ».

 

À cette époque, Neuhuys était en correspondance avec Van Bruaene, qu’il connaissait depuis les années folles du Cabinet Maldoror. Il y est question de dépôt de livres, d’une gouache de Magritte, d’un pastel de Picasso et de deux petits Jan Cox.

*

En 1951, Gérard Van Bruaene publie le Livre d'or de La Fleur en papier doré, également connu sous le titre flamand (bruxellois) Ole com bove. Il s'agit d'un dossier contenant divers documents liés au célèbre estaminet bruxellois qui réunit par intermittence de nombreux artistes issus du mouvement surréaliste (Marc. Eemans, Marcel Lecomte, René Magritte, Marcel Mariën, Louis Scutenaire), de CoBrA et de la revue Tijd en Mens (Hugo Claus, L.P. Boon).

Publié sous chemise en papier Auvergne gris agrémentée d'une pièce de titre et d'une dédicace à Willem Melis, ce dossier contient des plaquettes, des photos, des tracts et des pamphlets signés Geert van Bruaene, Gérard van Bruaene, Le petit Gérard, Gédéon la Crapule, Gérard le Brocanteur, Henri de Lagardère et Gérard l’Absolu, ainsi que quelques aphorismes autographes signés 'Gérard'.

L’épigraphe est caractéristique de l’auteur : « C’est devant le miroir que l’on pense se connaître un peu de vue ». Un des textes sur feuilles volantes de cet ouvrage singulier, recueil d’aphorismes, d’inscriptions et et de remarques diverses en français, en néerlandais et en flamand bruxellois, évoque les démêlés de Van Bruaene avec des amis artistes (par ex. Max Ernst et Jean Dubuffet) qui n’appréciaient pas toujours ce qu’ils considéraient comme un manque de cohérence dans les choix picturaux de Van Bruaene.


Je me suis assez donné sans jouissance, brutalement et de manière imbécile, pour avoir aidé à arracher de leur sphère bien propre les artistes d’avant-garde, de consécration publique, et à les poser sur le marché, parmi la Bourse aux Valeurs.

Je prie Isidore Ducasse de vouloir m’en pardonner.

Ces artistes d’avant-garde, amis de mes péchés d’antan, sont devenus de puissants ennemis, armés jusqu’aux dents, parce que je ne peux pas séparer l’art, comme on appelle ça, du Rien, clairement humain.

Je dois, par conséquent, me défendre platement. Les hommes instruits veulent me ravir la croûte de pain.


*

L'excellent et érudit libraire anversois Demian (qui emprunte son enseigne à Herman Hesse) propose le Livre d'or à 450 euros. Il s'agit de l'exemplaire offert le 13 novembre 1953 au poète hollandais Simon Vinkenoog (1928-2009), adorné d'un chaleureux envoi de Van Bruaene :

Voor mijn Edele/ dichter/ Simon Vinkenoog,/ dit goudene/ boekje van/ liefde./ le petit Gérard,/ 13 nov. 53.

Authentifiant son envoi, l'auteur y ajouta' :

'Certificat./ Je certifie que/ je peux me/ tromper./ C’est raisonnable./
Gérard.'

*

Au cours des années, ce Livre d'or  (1951)  fut enrichi de nouvelles éphémérides. Deux ans plus tard, en 1953, Van Bruaene publie Six petites histoires banales de petit bistrot racontées par le petit Gérard et deux petits textes pour commencer et pour finir. Cette plaquette figure en bonne place dans certains exemplaires du Livre d'or, ainsi que des tracts, cartons, cartes de visite etc. datant d'après 1951. 

Il s'agit effectivement d'un livre d'or, un registre où Van Bruaene consignait ses publications diverses. Je n'ai jamais eu connaissance de deux exemplaires identiques.

Le tract reproduit ici fait indubitablement partie de l'édition originale.

Je cesse enfin de me montrer dans la coulisse, parmi les entraîneuses vénérées in-extremis.

Je me suis naturellement trompé. C'est raisonnable.

La Cause de mon erreur est claire ; « nous en avons vu d'autres. »

Mes petits hommes curieux vous n'avez pas mérité beaucoup d'attention, tout curieux que vous êtes, ni les amis hébergés dans les Maisons de fous, ô Providence Clémente, ni les primitifs et les simples, ni les délicieux petits sauvages.

Vive le Grand Bazar Universel de la fine invention unanime.

Le Diable par la Queue.

Juillet 1951.

Je-cesse-enfin.jpg

Henri-Floris JESPERS

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