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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 05:19

 

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Les éditions Connexion et l’asbl Le petit gérard / vzw Geert van Bruaene organisent une séance de dédicace avec Henri-Floris Jespers, à l'occasion de la parution de son livre sur Van Bruaene. Rendez-vous le mercredi 15 septembre à la Fleur en papier, 55 rue des Alexiens à 1000 Bruxelles, à 18h.

*

La Fleur en Papier doré constitue un des rares lieux de mémoire dont le capital symbolique peut être tout aussi bien revendiqué par les avant-gardes littéraires que picturales, qu’elles soient francophones et néerlandophones, sans oublier ce moment de cristallisation internationale que fut Cobra.

Fermé en 2006, le café fut réouvert le 15 septembre 2007 à l’initiative de quelques mordus qui se sont investis corps et âmes dans la préservation de ce haut lieu de mémoire des artistes : Danny Verbiest, Jan Beghin, Koen De Visscher, Paul Merckx, Arnout Wouters, Peter Lombaert et Eric Meersmans. Une cinquantaine de coopérants se sont ensuite ajoutés. Depuis la réouverture de la Fleur en papier doré, Connexion a entrepris de faire des recherches sur ce café artistique et sur son fondateur Geert van Bruaene.

*

Comme le souligne Henri-Floris Jespers: « Il est difficile de trouver des informations précises sur Geert van Bruaene (Courtrai 23 juin 1891 – Bruxelles 22 juillet 1964) et ses entreprises diverses. Compagnon de route des surréalistes bruxellois et de Cobra, auréolé de ses relations avec des icônes artistiques incontournables, de Paul van Ostaijen et René Magritte à Dubuffet et Hugo Claus, il était inévitable qu’une légende se fût créée autour de ce personnage truculent.»

Henri-4-copie-1.jpg

Synthétiser, confronter et critiquer les documents et témoignages souvent contradictoires, telle fut la tâche auquel s’est attelé avec brio l’essayiste Henri-Floris Jespers. Cette étude permet de faire le point sur de nombreuses questions : l’arrivée de van Bruaene à Bruxelles, la chronologie des expositions d’avant-garde (cabinet Maldoror, à la Vierge Poupine, au Diable par la Queue), les cafés « brollewinkel ». Un élément plus important que les autres, est sans nul doute la datation précise de la création de la Fleur en Papier doré le 15 octobre 1944.

C’est à partir de cette date que le CPAS de Bruxelles octroie à la compagne de van Bruaene la location du 55 rue des Alexiens afin d’y créer une auberge à l’ancienne, de caractère folklore et expositions permanentes de tableaux populaires, « Foire aux tableaux d’esprit sentimental » .

Robin DE SALLE

 

Henri-Floris JESPERS, Gérard van Bruaene, Bruxelles, éd. Connexion, 2010, 74 pages.

Éditions Connexion, 72 rue du Nord, 1000 Bruxelles

Prix : 8 € (10 € frais de port compris).

Numéro de compte : 001-3244284-01

Pour les virements de l'étranger:

BIC GEBABEBB

IBAN BE43 0013 2442 8401

revueconnexion@yahoo.fr

0486 22 06 43

DSCN1338_2.jpgHenri-Floris Jespers et Robin de Salle

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 01:43

 

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Le facteur, une espèce en voie de disparition, délibérément sacrifiée telle qu'elle l'est à l'autel sanglant de la sacro-sainte libéralisation des marchés (lisez: l'appât frénétique et dévastateur du gain), m'a remis lundi deux livres de Nicole Verschoore en main propre (façon de parler, puisque nous avons tous les mains sales, que nous le voulions ou non).

Je termine, émerveillé, la lecture de son Autobiographie d'un siècle.

Un siècle qui est le mien, une autobiographie imaginaire qui, dans son étrangeté délibérée mais sincère, est la mienne.

Ce septième ouvrage de Nicole Verschoore illustre en mineur, mine de rien, cette « sérénité crispée » dont nous parle René Char. Métissant les genres avec une adresse toute personnelle, elle nous donne un livre, qualifié de roman, dont la lecture m'a réconforté.

En attendant une réflexion plus attentive dans la prochaine édition papier du Bulletin de la Fondation ça ira, je soumets d'ores et déjà à votre attention quelques extraits de la préface:

Avant même que l'internet ne révolutionnât les habitudes, volontairement, par souci d'égalité sociale, les programmes scolaires s'appauvrirent. Les cours d'histoire et de littérature ancienne s'anémièrent. L'enseignement remplaça la mémoire du passé par l'apprentissage de méthodes de gestion de l'actualité. La notion de patrie disparut presque totalement, ainsi que celles des devoirs envers les aînés, de la discipline imposée, du respect de l'autorité et de soi, le tout remplacé par des valeurs de réflexion, de décision et de choix personnels. Ce n'était pas mal vu, puisqu'on craignait les foules sans personnalité. […]

Ceux qui, en Europe, ne vivent pas de travaux intellectuels ou de réflexion personnelle, s'ils se cherchent, ne se situent plus comme avant dans une appartenance évidente, connue et fixe. Les responsables qui ont rayé des programmes scolaires l'enseignement détaillé du passé et de l'écrit traditionnel que nous appelons la littérature, n'ont pas prévu les conséquences de leur absence. Sans réelles attaches, l'individu qui se cherche s'intéressera à tout ce qui se présente, n'importe quoi : courants de pensée, religions primitives, totalitarismes politiques. Le message du visuel remplit les vides. Il envahit à tel point le panorama quotidien qu'il en efface bon nombre de détails qui, dès lors, échappent à l'observation. Dès l'enfance, le regard est fixé sur l'information extérieure, de sorte que le temps de l'observation personnelle se raccourcit. Et celui de la réflexion.

NicooleVERS.jpg

Nicole Verschoore (°1939) est docteur en philologie germanique de l'université de Gand. Assistante du professeur Herman Uyttersprot (dont la contribution à l'édition de l'œuvre de Franz Kafka fut remarquée, sinon décisive et lui valut la plus haute distinction dans l'Ordre du Mérite de la République Fédérale allemande), boursière du Fonds National de Recherche Scientifique, Nicole Verschoore choisit en 1973 une carrière de journaliste. Collaboratrice puis rédactrice responsable de la culture au quotidien libéral Het Laatste Nieuws (jusqu'en 1988), ensuite chroniqueur de la vie musicale à Bruxelles jusqu'en 1994, l'année de la publication de son premier roman chez Gallimard, Nicole Verschoore prendra la direction de l'hebdomadaire gantois Le Nouveau Courrier(1994-1999).

L’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique a décerné le Prix Michot à Nicole Verschoore pour sa trilogie romanesque La Passion et les hommes(1928-1958).

Henri-Floris JESPERS

Nicole VERSCHOORE, Autobiographie d'un siècle, Bruxelles, Le Cri,, 2010, 178 p., ,16 €.

Bibliographie

Le Maître du bourg, Paris, Gallimard, 157 p., 1994 ; 20002.

Vivre avant tout !, Bruxelles, Le Cri, 2006, 203 p., 21 €.

Les Parchemins de la tour, Bruxelles, Le Cri, 2004, 215 p., 20 €.

Le Mont Blandin, Bruxelles, Le Cri, 2005, 139 p., 18 €.
La Charrette de Lapsceure
, Bruxelles, Le Cri, 2007, 158 p., 19 €.

L'énigme Molo, Bruxelles, Le Cri, 2009, 158 p., 14 €.

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 23:52

L’écrivain et mathématicien Denis Guedj, professeur d’histoire et d’épistémologie des sciences mais aussi comédien et scénariste, est mort samedi à l’âge de 69 ans, a annoncé sa famille.

Né en 1940 à Sétif (Algérie), il est l’auteur de nombreux essais et romans mettant en scène les sciences, les mathématiques et leur histoire. Il a collaboré au quotidien Libération jusqu'à 1997, écrivant des chroniques qui ont été rassemblées dans l’ouvrage La gratuité ne vaut plus rien (Le Seuil 1997).

Denis Guedj a atteint la notoriété en 1998 avec la publication de son roman Le Théorème du perroquet (Seuil), une odyssée sur l’origine et la petite histoire des mathématiques. Dans ce livre entre récit d’aventure et polar, il fait revivre la naissance des mathématiques, les lieux où elles ont été créées. On y apprend par exemple que les «chiffres arabes», de 1 à 9, ne sont pas si arabes que cela…

Il a aussi publié en 2000 Le Mètre du monde (Seuil) dans lequel il raconte comment le système métrique décimal s’est imposé pendant la Révolution française.

En 2005, il a publié un roman sur l’invention du zéro, à travers la vie de cinq femmes, à cinq époques différentes dans Zéro (Robert Laffont), et en 2007, chez le même éditeur Villa des hommes dans lequel il fait se rencontrer en 1917 dans un hôpital psychiatrique un vieux mathématicien allemand célèbre et un jeune soldat français.

Au cinéma, il a notamment écrit et réalisé une fiction documentaire La vie, t’en as qu’une en 1978. Il était enseignant à l’université Paris VIII.

(Source AFP et Libération)

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 04:54

Lire.jpg

Le mensuel Lire, une publication du groupe Express-Roularta, publie une enquête sur un tabou: 'Ce que gagnent les écrivains'.

François Busnel souligne dans son éditorial que le travail de l'écrivain

a une valeur qui n'est pas seulement esthétique ou intellectuelle mais qui doit trouver sa traduction en termes monétaires. Ce qui est scandaleux n'est pas ce que gagnent les écrivains mais ce que les écrivains ne gagnent pas...

La répartition des gains pour un livre vendu 20 € est éloquente: 6,60 € vont au libraire; 4,40 € au distributeur; 2 € à l'imprimeur; 1,10 € à l'État (TVA). L'éditeur encaisse entre 3,40 et 5 € et l'auteur entre 1,60 en 2,40 €.

(HFJ)

Lire, avril 2010, 106 p., ill., 5,90 €.

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 17:39

Nous vous invitons, ce samedi 20 février à 12 h, à rencontrer Myriam Watthee-Delmotte, maître de recherches du FNRS et professeur à l’UCL et Marc Dugardin, poète, pour une présentation de la Poésie complète d’Henry Bauchau, parue chez Actes Sud.

 Bauchau.jpg

Henry Bauchau n’est arrivé que tardivement à l’écriture : il a 45 ans quand paraît son premier recueil de poèmes, 77 ans quand son roman Œdipe sur la route lui vaut un premier grand succès, 95 ans quand il gagne le Prix du Livre Inter pour Le Boulevard périphérique. Cette œuvre, née d’une cure psychanalytique, exprime « l’espérance d’un plus de vie dans un plus de sens ». Si elle dit les blessures de l’homme et de l’Histoire, elle convie, à contre-courant des modes, au maintien de valeurs peu prisées par la modernité : la lenteur, la présence, le partage. Tout en étant traversée de part en part par une puissante violence, elle réhabilite le droit au rêve et à la fragilité.


Marc Dugardin, poète et ami d’Henry Bauchau, et Myriam Watthee-Delmotte (maître de recherches du FNRS et professeur à l’UCL), à qui l’écrivain a légué son Fonds d’Archives à Louvain-la-Neuve, feront un bref parcours à l’intérieur de son œuvre, en écoutant des passages de sa Poésie complète.

 

La Librairie Quartiers Latins

14, Place des Martyrs

1000 Bruxelles

tel : 02 227 34 00 email : quartiers.latins@cfc-editions.be

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 01:35

EECummings_pd4.jpgAutoportrait, 1920

Nous vous invitons, ce samedi 13 février à 12 h, au coup de cœur de Gérald Purnelle, maître de conférences à l’Université de Liège, et de Thierry Gillyboeuf, traducteur, pour l’œuvre du poète américain Edward Estlin Cummings (1894-1962).

Edward Estlin Cummings (1894-1962) compte parmi les plus grands poètes américains du 20ème siècle. Imprégné de culture classique, mais résolument moderniste, il fait figure de pionnier de l’avant-garde et de l’exploration formelle, à travers un travail qui reste audacieux et original, et qui porte sur le vers et la syntaxe, le découpage des mots, la lettre, la ponctuation, la disposition du texte sur la page. Toute l’écriture de Cummings tend à concilier l’invention de ressources neuves avec les fins et les moyens hérités de la poésie. Loin d’être purement ludique, cette pratique formaliste spectaculaire, qui fait sa marque de fabrique immédiatement reconnaissable, est au service d’une poétique entièrement lyrique, c’est-à-dire expressive. Elle réclame, au-delà de ce qu’elle montre, que l’on s’intéresse à ce qu’elle dit et fait.

La rencontre avec son traducteur Thierry Gillybœuf permettra d’explorer l’œuvre riche et abondante de Cummings, mais aussi d’aborder la difficulté de traduire une telle poésie.


La Librairie Quartiers Latins

14, Place des Martyrs

1000 Bruxelles

tel : 02 227 34 00 email : quartiers.latins@cfc-editions.be

Pour plus d’informations concernant cette rencontre : www.cfc-editions.be

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 05:35

Septentrion.jpgLa langue française

 

Du pataquès au janotisme,

ce ne sont qu'improvisations phonétiques

comme au temps où les ducs

plantèrent leur étendard

sur la comète gallicane.


Lorsque les mots partent à la conquête de l'irrationnel,

il y en a qui ont le feu au derrière,

d'autres prennent tout à coup de l'audace

comme les paysans de Molière.


On peut faire de la poésie avec des coquillages:

les locomotives dans l'œuvre de Wagner,

une femme agrippée au bord d'un prépuce...

Roland de Lapsus.


Enseigner la poésie par le décousu synthétique,

l'émailler de syllepses et de mots collapsés

ou la sortir du bourbier

par un salubre artisanat verbal ?


Paul NEUHUYS

(Septentrion, Anvers, Librairie des Arts, 1967)

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 05:46

Art poétique

 

On ne fait plus de largesses aux poètes

Ils cassent des pierres au lieu d’enfiler des perles

L’avion part d’un éclat de rire

Tout pour les uns, rien pour les autres

Spectacle révoltant

La poésie?

 

C’est un article si peu demandé


Paul NEUHUYS

(L'Arbre de Noël, Anvers, Lumière, 1927)


Jouvencebis.jpg

 

Art poétique

 

Cent fois, j'ai déposé mon crayon sur la table,

et cent fois remisé mon cochon à l'étable,

pour que passe en mes vers un souffle délectable.

O poète local, ô poète vocal,

On dira que tes jeux de style sont factices

que de plaire en parole et d'aimer en peinture

fut ta seule façon de goûter la nature.

Château de cartes, Pont des Soupirs, Boîte à Malices,

que le temps balaiera un si frêle édifice.

Mais l'art des vers est, comme l'amour, disparate.

C'est à vouloir viser trop haut que l'on se rate.

Paul NEUHUYS,

(La Fontaine de jouvence, Anvers, Ça Ira, 1936)


Prieure.jpg

 

Art poétique

 

La poésie est l'art des mots

l'art adorable de Sapho

où brîle une flamme invisible

d'autant plus douce à découvrir

pat quelques élus du hasard

dans un pays sans fond ni rives.

Paul NEUHUYS

(Les Archives du Prieuré, Anvers, Ça Ira, 1954)

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 02:34

Agenor.jpg

Fresque burlesque

 

Kapotte potten                       Krakende wagens

 payer les pots cassés sur un wagon qui craque


       Kribbelkrab de kwakzakver

          griffonnage de charlatan


   Français   Flamand   pour Agénor

     c'est boterbloem ou bouton d'or


Du latin de cuisine aux cuirs gallo-romains


Hâbleur       vertugadin

sont palabre espagnol


       Carosse caresse

       cortège italien


               Baroque véranda

               marmelade portugaise


Alcool              alambic

nous viennent d'Arabie


                                     et si son canif

                                           tombe de sa redingote

                                                                    sur le boulingrin

                                     knife reading-coat bowlinggreen

                                     Monsieur Jourdain parle franglais


Paul NEUHUYS

(L'Agenda d'Agénor, Anvers, Ça Ira, 1984)

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 07:14

Improvisation


Tonnelles et charmilles



Faut-il mouiller les ailes de Séville

les palataliser ou les denteler?



Si le jerk flageole des guibolles

le slow tricote des rotules



Aller vers l'impalpable et le surnaturel



Gyroscope ésotérique de la créativité



Pour éviter

le style canonique et la correction pimbêche

recourir aux milles facettes des mots en liberté


Improviser    c'est puiser à pleines mains

dans le panier à provisions


Les mots tirés au hasard hors d'un chapeau claque



Coquecigrue et coquelourde sont des vocables

irrévocablement équivoques



Je ne sache pas que

le boulier compteur

se donne en spectacle

à l'ordinateur



Œdipe œdème se prononce comme edelweiss

bésicles de béryl se contractent dans bril



   Comme eût dit Montaigne

Saperdeboere Sabre de bois

    le gascon y parviendra

si le français n'y peut suffire


Paul NEUHUYS

(L'Agenda d'Agénor, Anvers, Ça Ira, 1984)

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