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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 03:09

antonio-red.jpg

Antonio Seguí expose du 8 mars au 8 mai au Salon d'art des peintures, des pastels et des estampes d'Antonio Seguí (Cordóba, Argentine, 1934), personnage protéen et combien attachant. À cette occasion, Jean Marchetti publie (dans l'inégalable collection “La Pierre d'alun”) La forêt du temps de Henri Vernes et Antonio Seguí.

Le critique d'art, journaliste et collectionneur Edward Shaw souligne qu' “en peignant Bernie Madoff, Antonio Seguí l'a fait entrer dans l'histoire de l'art. Cette série de tableaux sera probablement le seul souvenir positif qui restera du financier voyou”.

Otros-complices.jpg

Otros Complices, série Madoff, acryl, 146 x 114, 2009


Vous ne connaissez pas l'univers fascinant de Seguí? Visitez donc son site: http://www.antonio-segui.com/index.html

La salon est ouvert du mardi au vendredi de 14 à 28h30, le samedi de 9h30 à midi et de 14 à 18h. Congé de printemps du 5 au 17 avril.

La salon d'art, rue de l'Hôtel des Monnaies, 81, 1060 Bruxelles.


En peignant Bernie Madoff, Antonio Seguí l'a fait entrer dans l'histoire de l'art. Cette série de tableaux sera probablement le seul souvenir positif qui restera du financier voyou. L'art du peintre recouvre sa douteuse carrière d'une patine sombre faite de pathos et de satire. Même la plus peuplée des toiles de Seguí ne saurait contenir les multitudes que Madoff a escroquées. Mais la licence poétique est permise aux artistes, et ici le peintre procède à une représentation sélective des victimes. Cuando llegó Madoff (Quand Madoff est arrivé) synthétise la situation: les citadins de Seguí paraissent traditionnellement subir les effets de la pression urbaine, le stress qui accompagne l'ambition pour les riches et les puissants, et la perspective obsédante de l'échec. Nadie supo lo que se venía (Personne n'a su ce qui se préparait) résume la nature de la faillite qu'ont récemment connue les peuples d'Occident. Seguí épingle sur la toile non seulement la propre mort du brigand, mais aussi celle de toute une génération de spéculateurs et de joueurs invétérés. L'artiste peint une atmosphère de débandade: celle d'une foule de gens détalant dans tous les sens, comme autant de poulets dont on aurait tranché le cou. Dans le cas présent, les pertes se réduisent à des simples baisses de statut, à moins de zéros sur le compte en banque. Bien des citoyens mériteraient de posséder l'une de ces œuvres, en manière de rappel de leur folie financière. Combien cependant auraient assez d'humour pour regarder le drame se dérouler, jour après jour, sur un tableau de Seguí?

Edward SHAW

(traduction Paul Lequesne)

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 07:34

Formé à l'Institut supérieur des Arts Décoratifs de Hasselt, Mathieu Wassenberg (°1939) s'installe à Bruxelles au début des années 60. Théâtre, cinéma, opéra, danse répondent à son besoin de découvertes qui le conduit à lire les tragiques grecs et Nietzsche, Kant, Wittgenstein.

Professeur au RHOK, l'institut d'arts plastiques de l'État animé par le peintre, dessinateur et graveur Marcel Boon (°1938), Maio rompt à la fin des années soixante aussi bien avec l'abstraction qu'avec le réalisme académique. Il pratique les découpes du pop'art et subit la double attirance du surréalisme et des tendances conceptuelles. Délaissant les pinceaux, il réalisera des installations de type dadaïste, des actions / happenings, des performances autour des 'stigmates' (toile opérée, nuage opéré, table opérée dans un vrai contexte d'hôpital). Mais il reviendra au support pictural “et à une figuration allusive dans la lignée d'un nouvel expressionnisme”, dixit Serge Goyens de Heusch.

Depuis une bonne quinzaine d'années, Maio Wassenberg est revenu essentiellement à la peinture. Sans rien renier. À propos des œuvres récentes qu'il expose chez Albert Dumont, il souligne:

En peignant,... formes et couleurs se mettent à la joie d’être peintes. Elles parlent de ce processus de métamorphose, si proche d’elles-mêmes. Tout en peignant, le silence leur est imposé afin de voir et d’écouter ce qu’elles ont à dire à propos de leur propre devenir. Parfois un élément est mis en attente de maturation afin de participer par la suite au dialogue dans lequel la confiance entre l’acte de peindre et le peintre doit être absolue.

Sur la pente qui surplombe le village de Saint-Martin-de-Brômes, il y a un petit pré tout vert avec, sur la gauche, une ancienne tour des Templiers et, sur la droite, une petite église romane. Ce paysage possède un équilibre et une tension d’une beauté incroyable. Le vert, l’ocre, le bleu. L’abstraction de cette vue me poursuit depuis 1985 et est à la base de tensions que l’on retrouve dans nombre de mes compositions. C’est l’instant entre le mouvement et le repos. Ne s’agit-il pas de formes et de couleurs qui, grâce à cet instant, deviennent substance à nos yeux ?


Galerie Albert Dumont, rue Léon Lepage, 1000 Bruxelles.

Exposition jusqu’au 21 mars 2010.

Jeudi de 13h30 à 21 h, vendredi, samedi et dimanche de 13h30 à 19h.

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 04:52

Chastel.jpgOlivier Chastel, Secrétaire d'état aux Affaires européennes, représentant

le Premier ministre


Ce n'était pas l'affluence des grands jours, hier, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, pour le vernissage de l'étourdissante exposition du Greco, dans le cadre de la Présidence espagnole de l'Union Européenne.

Après une courte introduction, le vicomte Étienne Davignon, président du Palais des Beaux-Arts, donna la parole au Secrétaire d'état aux Affaires européennes Olivier Chastel, représentant le Premier ministre Yves Leterme, retenu par les devoirs de sa charge. La Ministre espagnole de la Culture, Ángeles González-Sinde Reig (actrice, scénariste et cinéaste), souligna l'influence du Greco, non seulement sur l'école espagnole, mais également sur le modernisme.

Paul Dujardin, directeur général du Palais des Beaux-Arts, exprima sa gratitude aux diverses instances espagnoles qui permirent de réaliser cette exposition exceptionnelle: la Société d' État d'Action Culturelle Extérieure (SEACEX), le ministère des Affaires Etrangères, le Ministère de la Culture, la Junte de la région autonome de Castilla-Mancha et l'ambassade d'Espagne à Bruxelles.

*

Pour Michel Seuphor (1901-1999), théoricien et historiographe de l'art abstrait, la confrontation avec la peinture du Greco fut aussi marquante que sa rencontre décisive avec Mondrian.

En 1927, Seuphor visite le Prado pour admirer les Velázques “et accessoirement les Greco”.

J'avais lu quelques petites choses sur ce dernier, des choses pas très flatteuses, comme quoi il aurait été fou, j'avais vu aussi des reproductions de ses œuvres, je le considérais comme un peintre mineur, avec un je-ne-sais-quoi de douteux qui ne me plaisait pas du tout. J'en avais surtout une idée trouble, moi qui aime les idées claires. Je suis donc passé dans la salle des Greco, au pas de course, pensais-je en y entrant... Mais je suis tombé en arrêt devant Le Baptême du Christ puis devant La Pentecôte, et je suis ressorti du Prado comme sur un nuage. Je n'étais plus moi-même. J'ai même dû m'asseoir sur un banc, où je suis resté longtemps. Je suis revenu plusieurs fois revoir tous ces tableaux, j'étais comme possédé! Extraordinaire! Une peinture que je n'avais jamais vue, avec ce relâchement du pinceau, cette touche qui semble flotter, alliée à une rigueur de composition, une force dans l'organisation du tableau. Sans oublier les coloris, qui chantaient.

[Michel SEUPHOR, Greco. Considérations sur sa vie et sur quelques unes de ses œuvres, Paris, Les Tendances nouvelles, 1931; Michel Seuphor, un siècle de libertés. Entretiens avec Alexandre Grenier, Paris, Hazan, 1996.]

*

Soulignons enfin que l’ultime série d’Apôtres laissée par le Greco, d’une étonnante modernité, aux formes totalement libérées, aux éclats de couleurs extraordinaires, retrouvera, après le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, le Musée Greco de Tolède pour ne plus jamais en sortir...

*

Parmi l'assistance: S.E. Carlos Gómez-Múgica Sanz, ambassadeur d'Espagne, Charo Otegui Pascual (président de la Sociedad Estatal para la Accion Cultural Exterior), Marie-Jeanne Dypréau, Henri-Floris Jespers (Fondation ça ira), Pruts Lantsoght, Thierry Neuhuys (Fondation ça ira), Robin de Salle (revue Connexion) et le peintre Jan Scheirs (Centre de Documentation & de Réévaluation).

El_Expolio_del_Greco_Catedral_de_Toledo-copie-1.jpg

El Expolio del Greco de la Sacristía de la Catedral de Toledo


Voir également le blog du 24 janvier.

 

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 23:48

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Mon maître Gustav René Hocke, dont les études sur le maniérisme firent époque, aimait répéter la réponse du Greco (1541-1614) à un visiteur s'étonnant de le surprendre à peindre dans l'obscurité: “L’éclat du jour nuirait à ma lumière intérieure”.

Il s'agit d'un faux littéraire, mais combien plus éloquent que le témoignage des “tristes pépins de la réalité”...

Soulignant que la biographie d'Oscar Wilde par Frank Harris est sujette à caution et que son témoignage relève le plus souvent de la plus haute fantaisie, George Bernard Shaw s'empressait d'y ajouter que c'était là pourtant le portait le plus fidèle et véridique, c'est-à-dire celui qui correspond le plus étroitement à la nature profonde du personnage.

*

Dans le cadre de la Présidence espagnole de l'Union Européenne, le Palais des Beaux-Arts présentera du 4 février au 9 mai 2010 une sélection unique de tableaux marquants du Greco.

Considéré comme l’un des peintres fondateurs de l’École espagnole, Le Greco n’a pourtant pas toujours joui de ce statut souverain. Lorsqu’il meurt à Tolède en 1614, l’Europe se prend de passion pour le caravagisme, style naturaliste et en vogue aux antipodes de son génie maniériste. Très vite, son œuvre passe de mode, traversant les siècles dans un relatif oubli. Jusqu’à ce qu’en 1908, l’historien de l’art Manuel Bartolomé Cossío lui consacre une monographie fondamentale. L’engouement pour Le Greco est immédiat. Collectionneur d’art averti, le marquis de la Vega-Inclán érige même à Tolède en 1910 un musée à sa gloire. De sorte que la renommée du peintre s’enfle aussi vite qu’elle ne s’était éteinte. En plus de retracer le rôle essentiel joué par les acteurs de cette redécouverte spectaculaire, l’exposition livre un aperçu captivant de l’évolution artistique du peintre, à travers une sélection unique de tableaux marquants, dont l’étourdissant Le Christ dépouillé de ses vêtements ou les remarquables Les larmes de saint Pierre.

El_Expolio_del_Greco_Catedral_de_Toledo.jpg

Le Christ dépouillé de ses vêtements

 

Point d’orgue du parcours : l’ultime série d’Apôtres laissée par Le Greco, véritable testament pictural du maître. Une série complète d’une étonnante modernité, aux formes totalement libérées, aux éclats de couleurs extraordinaires, qui après le Palais des Beaux-Arts retrouvera le «Museo de El Greco» de Tolède pour ne plus jamais en sortir...

*

Dans La joueuse d'Ocarina (1947), Paul Neuhuys constate:

Après la mosaïque des byzantins et la géométrie d’Ucello

les primevères hyperesthésiées de Botticelli

conduisent aux mortelles déliquescences du Greco.

Dans ses Mémoires à dada (1996) Paul Neuhuys fera état du taedium vitae, de “cette élégante lassitude morale” qu'on retrouve chez Domínikos Theotokópoulos, dit le Greco.

Luis de Góngora (1561-1627, à qui Neuhuys consacra quelques pages mémorables) écrivit un Tombeau de Domenico Greco, excellent peintre.

*

Quant à moi, je suis convaincu qu'il convient de situer cette “élégance” du maître maniériste, dont l'influence sur l'art moderne est incontestable, dans l'éclairage intérieur d'une spiritualité mystique.

Henri-Floris JESPERS

Commissaires de l'exposition: Ana Carmen Lavín Berdonces & José Redondo Cuesta.

Scénographie: Óscar Mariné.

Palais des Beaux-Arts, 23 rue Ravenstein, 1000 Bruxelles. Entrée: rue Royale 10.

Du 4 février au 9 mai 2010.

Du mardi au dimanche, de 10 à 18 h. Le jeudi: de 10 à 21 h.

Info: www.bozar.be

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 16:17

Marchetti2.jpg

Du 11 janvier au 6 mars 2010, le Salon d'art présente des estampes de Thierry Mortiaux.

Vernissage le lundi 11 janvier à 19 heures.

*

Thierry Mortiaux est un lettré. Il parle notamment le russe (il a vécu mille jours en Sibérie) et le mandarin (il s’exerce deux mois l’an en Chine). Il a abandonné la bande dessinée pour la gravure – la succession temporelle des images pour l’espace imposé au papier par la plaque.

Mortiaux dessine beaucoup : à la plume, au pinceau. Ses gravures combinent des éléments de ses dessins (dont il est insatisfait). Il incarne ces fragments dans la matière concrète de la matrice : vernis sur zinc, aquatintes, morsure d’acide et quelques épreuves. Se succèdent au pas de charge les contrastes et les paradoxes – les espaces perceptifs et les tensions sémantiques – d’une dramaturgie vouée à la chair dans un sourire qui montre les dents.

Mortiaux expérimente un large éventail de moyens plus picturaux que graphiques. Il ne s’interroge en rien sur l’art – mais il entreprend la maîtrise des écarts qui font interagir les éléments constitutifs de l’image (mouvements, intensités et grains) jusqu’à susciter l’espace-temps dont l’activité caractérise l’œuvre avérée. Une mémoire photographique authentifie le détail de ces scènes imaginaires. Et parmi les étrangetés arrachées au métal, nourries de barbaries russes, chinoises ou autres, apparait la trace discrète d’attachements personnels.

Georges MEURANT

 

Le Salon d'art, rue de l’Hôtel des Monnaies, 81 - 1060 Bruxelles - tél. 02 537 65 40 www.lesalondart.be

Salon ouvert du mardi au vendredi de 14 h à 18 h 30

le samedi de 9 h 30 à 12 h et de 14 h à 18 h.

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 18:15

Carlier.jpg

Le musée Félix De Boeck, rebaptisé « FeliXart Museum » est désormais un passage obligé pour toute personne s’intéressant à l’avant-garde littéraire et artistique en Belgique. Félix De Boeck (1898-1995) est un peintre qui s’est surtout fait connaître en tant que membre de la première génération des modernistes en Belgique, partisans de la « zuivere beelding » (plastique pure inspirée par « De Stijl »). C’est le cercle « Doe stil voort » en 1918 qui lui fait découvrir le futurisme et ensuite l’abstraction en y rencontrant entre autre Prosper de Troyer, Jozef Peeters, Edouard Van Dooren, Victor Servranckx, Jan Cockx, Albert Daenens.

Ce musée dormait dans les greniers de la maison communale de Drogenbos, il a fallu attendre 2005, pour qu'il soit reconnu officiellement par la Communauté Flamande, et 2007 pour qu'un tout nouveau bâtiment moderne de trois plate-formes l'abrite, et enfin l’arrivée de son nouveau directeur Sergio Servellón pour qu'il devienne la véritable institution qui fonctionne aujourd'hui. Outre l’exposition permanente des œuvres de Félix De Boeck, cinq expositions temporaires ont déjà été organisées, souvent avec le concours de la Verbeke Foundation et de sa prestigieuse collection: Karel Maes, l’Équerre, Appell, le cube au carré, Maurice Carlier. L’Équerre est encore visible actuellement car il s’agit d’un « work in progress », à savoir la reconstitution fidèle d’un stand construit par Victor Bourgeois, pour la revue 7 Arts et la maison d’édition L’Équerre, lors du salon des arts belges d’esprit nouveau organisé au palais d’Egmont par La Lanterne Sourde (décembre 1923). Le visiteur pouvait y admirer les œuvres de Felix De Boeck, Pierre-Louis Flouquet, Jozef Peeters, Karel Maes et Victor Servranckx.

La dernière exposition temporaire, prolongée jusqu’au 4 avril 2010, est consacrée au travail de l’artiste multiforme Maurice Carlier (1894-1976). Après des études d’architecture à l’école St Luc, et d’arts plastiques à l’Académie de Bruxelles et de Saint-Josse-ten-Noode, il s’oriente vers une carrière d’architecte en suivant des stages chez Alfred Van Huffel (1877-1935) et Victor Creten (1878-1966). Les deux premières salles nous font découvrir ses aquarelles des ruines de Nieuport (février 1919), ses meubles modernes pour l’Exposition internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de Paris (1925) et ce qu'il fit pour Madame Van Dooren, directrice de la Maison Fortiter / Armel (1926-1931). S’y côtoient en outre ses peintures expressionnistes, ses dessins de nus et ses sculptures stylisées d’avant-guerre.

En descendant l’escalier nous découvrons un autre monde, proche des délires modernistes de l’Expo 58 pour laquelle Carlier avait réalisé des sculptures en 1955-56 mais que la commission artistique ne retint pas. Pour consoler l’artiste évincé elle lui confia en juillet 1957 deux sculptures (L’Eté, L’Hiver) destinée à un jardin dessiné par René Pechère (1908-2002).

Les autres murs nous rappellent les recherches scientifiques de l’artiste sur les rapports entre l’objet (sculpture, architecture, bas-relief) et la lumière, qui avaient été exposées au Palais des Beaux-Arts en 1948. Ce sont des photographies qui mettent en évidence la variété de formes et de grisés qu’on peut obtenir sur des bas-reliefs selon la façon de les éclairer.

Fin 1949, Carlier crée une machine solaire  qui permet de reproduire les variations de l’éclairage d’une sculpture par le soleil. Cette machine fut offerte à l’Institut supérieur d’Archéologie et d’Histoire de l’Art de Louvain-la-Neuve et aboutit à la décharge en 2005. Une salle particulière a été consacrée à ce qu’il en reste.

La période la plus intéressante est, à notre avis, celle que le catalogue appelle « Vie en spirale » (1948-1960) proche des recherches de la forme pure chez Jean Arp (1886-1966). Carlier est passionné par les formes des coquillages, par leur harmonie, par leurs lignes courbées. Il recherche une silhouette idéale pour ses sculptures. Ces recherches débouchent sur des réalisations aux formes enivrantes, d’une simplicité déconcertante où le regard peut facilement se laisser conduire à travers les méandres de ses vagues.

La dernière période « en quête de formes absurdes » (1960-1976) laisse de côté ses idéaux de forme, de lumière, pour se concentrer sur l’assemblage, la confrontation des formes, et la reconstitution personnelle d’objets inspirés par les arts premiers.

Robin de Salle


Sergio SERVELLÓN (éd), Maurice Carlier: licht in beweging, Drogenbos, éd. FeliXart Museum, 2009. (Introduction de Sergio Servellón, traduction française et anglaise, récapitulatif des expositions en fin de catalogue).

FeliXart Museum, Kuikenstraat 6, 1620 Drogenbos

www.felixart.org

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 17:53

Du 11 janvier au 6 mars 2010, le Salon d'art présente des estampes de Thierry Mortiaux.

Vernissage le lundi 11 janvier à 19 heures.

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Thierry Mortiaux est un lettré. Il parle notamment le russe (il a vécu mille jours en Sibérie) et le mandarin (il s’exerce deux mois l’an en Chine). Il a abandonné la bande dessinée pour la gravure – la succession temporelle des images pour l’espace imposé au papier par la plaque.

Mortiaux dessine beaucoup : à la plume, au pinceau. Ses gravures combinent des éléments de ses dessins (dont il est insatisfait). Il incarne ces fragments dans la matière concrète de la matrice : vernis sur zinc, aquatintes, morsure d’acide et quelques épreuves. Se succèdent au pas de charge les contrastes et les paradoxes – les espaces perceptifs et les tensions sémantiques – d’une dramaturgie vouée à la chair dans un sourire qui montre les dents.

Mortiaux expérimente un large éventail de moyens plus picturaux que graphiques. Il ne s’interroge en rien sur l’art – mais il entreprend la maîtrise des écarts qui font interagir les éléments constitutifs de l’image (mouvements, intensités et grains) jusqu’à susciter l’espace-temps dont l’activité caractérise l’œuvre avérée. Une mémoire photographique authentifie le détail de ces scènes imaginaires. Et parmi les étrangetés arrachées au métal, nourries de barbaries russes, chinoises ou autres, apparait la trace discrète d’attachements personnels.

Georges MEURANT

 

Le Salon d'art, rue de l’Hôtel des Monnaies, 81 - 1060 Bruxelles - tél. 02 537 65 40 www.lesalondart.be

Salon ouvert du mardi au vendredi de 14 h à 18 h 30

le samedi de 9 h 30 à 12 h et de 14 h à 18 h.

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 04:52

Diamantaire et bijoutier anversois, Sylvio Perlstein fait partie de ces grands collectionneurs d'art aussi réputés que discrets. Partageant son temps entre l'Europe, les États-Unis et le Brésil, il vit entouré d'une exceptionnelle collection d'art moderne et contemporain au sein de laquelle la photographie occupe une place de choix.
Trois moments fondamentaux de l’histoire de la photographie suscitent son engouement : la photographie des années 1920-1930, la photographie conceptuelle des années 1960-1970 et la photographie contemporaine.

L’exposition rend compte de cette richesse et de cette diversité en rassemblant plus de deux cent tirages originaux des années 1920 à nos jours, dont des chefs-d’œuvres célèbres ou bien des trésors méconnus de Manuel Alvarez-Bravo, de Hans Bellmer, de Brassaï, d'Henri Cartier-Bresson, de Man Ray ou encore de Vanessa Beecroft, d'Andy Warhol, de Barbara Kruger, de Vik Muniz et de Nan Goldin.

"Corps", "Masques et Visages", "Mots", "Objets", "Espace"… Une approche thématique par chapitres permet de susciter confrontations et dialogues inédits entre images et artistes de diverses périodes et de différents horizons ; mettant ainsi en lumière les relations subtiles que tissent entre elles les œuvres au sein de cette constellation. Toute collection digne de ce nom propose à sa manière une définition de la photographie, à l'instar de Man Ray qui affirme avec une pointe d'humour : « La photographie n’est pas l’art », nous laissant le soin d'imaginer ou de découvrir ce qu'elle pourrait bien être.
Cette manifestation, exceptionnelle à plus d’un titre, est inédite. Elle permettra au public de découvrir pour la première fois toute l'étendue et la richesse de la collection photographique de Sylvio Perlstein.

Commissariat : David Rosenberg et Régis Durand.

Avec la participation exceptionnelle de Sylvio Perlstein et la collaboration du Musée d’Art Moderne et Contemporain de la ville de Strasbourg

La photographie n'est pas l'art”, du 29 octobre 2009 au 10 janvier 2010

Musée d'Ixelles

rue Jean Van Volsem, 71 - 1050 Bruxelles

Conservatrice: Claire Leblanc

Tél. 02.515.64.21 - Fax 02.515.64.24

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 04:07


Dans la seconde moitié du XIXe siècle, où l’industrialisation suscita par réaction un intérêt croissant pour la nature, des artistes trouvèrent leur source d’inspiration dans les paysages brabançons à la manière des peintres de Barbizon dans la forêt de Fontainebleau, où certains se rendirent d’ailleurs. Recourant au plein-airisme, plusieurs groupes d’artistes firent de la forêt un sujet de prédilection : « l’école de Tervueren », les peintres de Rouge-Cloître à Auderghem, la « Vallée des artistes » à Linkebeek et les peintres regroupés sous l’appellation d’ « Uccle Centre d’Art ».

Cet intérêt pour la nature suscita le développement d’un réseau ferroviaire et routier qui amena le touriste d’un jour au cœur de la forêt. S’y développèrent hameaux, lieux de villégiature et guinguettes assidûment fréquentés par les artistes.

Non l’artiste, le genre ou une école seront ici particulièrement privilégiés, mais plutôt le site en fonction de son accessibilité au départ de Bruxelles, site que les Bruxellois ont très tôt considérer comme leur poumon vert, comme « le jardin de Bruxelles » en quelque sorte. L’exposition est donc envisagée suivant quatre sections en fonction des voies d’accès : de Bruxelles à Tervueren (avenue de Tervueren), de Bruxelles à Auderghem/Notre-Dame-au-Bois/Overijse (chaussée de Wavre), de Bruxelles à Ixelles/Boitsfort/Hoeilaart (chaussée de La Hulpe) et de Bruxelles à Uccle/Linkebeek (chaussées de Waterloo et d’Alsemberg).
C’est donc à une promenade en forêt de Soignes, à travers la peinture de paysage de 1850 à 1950, que nous convie Emmanuel Van de Putte, commissaire de cette exposition, inspiré en cela par le
Guide du promeneur qu’édita le premier président de la Ligue des Amis de la Forêt de Soignes et peintre René Stevens en 1914.

*

Le Musée d'Ixelles possède une collection d'œuvres d'art témoignant de la vocation artistique d'un musée pluridisciplinaire ouvert à toute forme de création artistique. Il présente un vaste panorama des principaux artistes et mouvements picturaux des XIXe et XXe siècles. Sa collection compte plus de 13.000 pièces (Berthe Morisot, Permeke, Delvaux, Gaston Bertrand, Picasso, Magritte, Toulouse-Lautrec,...). Une mention spéciale doit être apportée à l'affiche "fin de siècle".

Ouvert du mardi au dimanche de 11h30 à 17h.

Fermé les lundis et jours fériés.

Tarif normal : 7 €

Dimanche au Musée

Le dimanche, des historiens de l'art accueillent les visiteurs. Ils sont à l'écoute, répondent aux questions, facilitent la compréhension des ouvres exposées, suscitent le dialogue et permettent à chacun, adulte comme enfant, de mieux tirer profit de sa visite.

*

Les peintres de la forêt de Soignes, du 29 octobre 2009 au 10 janvier 2010

Musée d'Ixelles

rue Jean Van Volsem, 71 - 1050 Bruxelles

Conservatrice: Claire Leblanc

Tél. 02.515.64.21 - Fax 02.515.64.24

 

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 17:04


Publié en 2001 à l’occasion d’une alléchante exposition de dessins et de collages de Paul Joostens (1889-1960) à Anvers, l'album commémoratif Gesneuveld ! Tegen wil en dank en zoo onbekend fait également droit à Joostens l’écrivain, reprenant entre autres, sans commentaires ni justification, L’histoire de Mérinof et Mérédoc ou des Hérodes selon le genre humain.

Datant de 1925 et dédié “au dernier comte de Lautréamont : Geert van Bruaene” (1891-1964), animateur du Cabinet Maldoror où Joostens exposa en janvier de la même année, ce texte quasi légendaire ne fut finalement tiré qu’à nonante exemplaires aux éditions des Lèvres nues à Bruxelles (animées par Marcel Mariën), en 1969.

Les dessins satirico-érotiques reproduits en pleine page illustrent de manière significative les obsessions sexuelles du peintre, évoquant souvent une triste hantise mécanique sinon mécaniste : apanage des machines célibataires — Duchamp et Kafka (In der Strafkolo-nie) —, et des machines fantastiques de Picabia; épures rationalisées d’une désolante réalité intime.

Les éditions Ça Ira publièrent en 1922 Salopes. Le quart d’heure de rage ou Soleil sans chapeau (145 exemplaires, 23 pages) et la Vierge boréale (1939, 112 exemplaires, 40 pages), ainsi qu’une monographie de Georges Marlier consacrée à Joostens, L’œuvre plastique de Paul Joostens (1923).

Paul Neuhuys consacra une monographie à l’“Empereur romain déguisé en vagabond” (dixit Hubert Lampo), parue chez Elsevier en 1961. La même année, il publia dans le premier cahier des Soirées d’Anvers le “Journal de Paul Joostens 1933”, suivi, dans le neuvième cahier (1964), du “Temps des souvenirs” de Mado Millot, l’ex-épouse de Joostens, qui s’en prend d’une manière corrosive à Michel Seuphor.


Henri-Floris JESPERS


(Paul JOOSTENS, Gesneuveld ! Tegen wil en dank en zoo onbekend,Antwerpen, Antiquariaat Rossaert, 2000, n.p., oblong. Tirage limité à 500 exemplaires numérotés, 1.500 BEF)

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