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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 03:14

Eh bien, débrouillons-nous. Érigeons sur l’ancienne Belgique une fédération flamando-walllonne où les vieilles discordes font place à une simple concurrence cordiale de développement intellectuel.

Clément PANSAERS, Bulletin politique, in Résurrection, no 1, 1917, p. 39.

 

Il y a démolition à parachever et – il y a à rebâtir ! La Belgique d’hier n’existe plus. Le « petit belge » doit se régénérer. [...] Certains Flamands exigent une autonomie intégrale. Comprenons ce langage – qui est, en effet, une méthode diplomatique périmée, et qui consiste à avancer le maximum pour en retirer une moyenne satisfaisante. La vraie solution du problème belge est une Fédération flamando-wallonne – telle que la Fédération suisse, ou le système fédéral qui unit la Hongrie à l’Autriche. [...] Constituons notre Gouvernement qui érigera et organisera l’Etat de Wallonnie, non pas à l’instar de – mais sur des bases nouvelles, en harmonie avec les exigences contemporaines du peuple et de la société des peuples. Surtout réduisons la bureaucratie ministérielle et tutti quanti. C’est là, en effet, que se nichent les eunuques arrivistes.

Clément PANSAERS, Bulletin politique, in Résurrection, no 2, 1918, pp. 76-80.

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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 00:00

Le passage de l'unicité à la reproductibilité

 

Depuis les débuts de la civilisation jusqu'au XXIe siècle, nous sommes passé de la fabrication d'objets uniques à la fabrication d'objets en série, cette dernière constituant la culture dite de masse. Dans ce passage du singulier au multiple, Walter Benjamin fut un fin observateur du bouleversement qui était en train de se produire à son époque. Comme il l'écrit [1], « avec la gravure sur bois, on réussit pour la première fois à reproduire le dessin, bien longtemps avant que l'imprimerie permit la reproduction de l'écriture ».

Une première étape, donc, venait d'être franchie avec ce procédé de gravure permettant de faire les premiers pas vers toujours plus de moyens de reproductibilité jusqu'à nos jours.

À l'époque où Walter Benjamin écrit son livre sur la reproductibilité technique, il n'y a pas encore les moyens de communication qui existent aujourd'hui. Cependant il pressent ce qui est en train de se dérouler comme étant un moment charnière dans l'ère de la diffusion des informations (l'œuvre d'art pouvant être considérée comme une information particulière parmi d'autres informations).

Lorsqu'il nous parle de la perte de l'aura dans l'objet naturel au profit des moyens de communication modernes, nous pourrions dire que l'aura ne s'est en fait pas perdue mais qu'elle a été transférée dans les médias qui furent inventés. Quand il définit l'aura « comme l'unique apparition d'un lointain, si proche soit-il,  [...] en prenant pour exemple [...] la ligne d'une chaîne de montagnes à l'horizon ou une branche qui jette son ombre sur lui, c'est, pour l'homme qui repose, respirer l'aura de ces montagnes ou de cette branche », nous pourrions tenir un propos également inverse. Car en effet, nous pouvons considérer une certaine banalité du réel directement perçu. Alors que sa reproduction, photographique par exemple, produit une aura sur un objet, un paysage ou une personne. Chacun de nous a fait cette expérience d'entrer en contact avec une personne après l'avoir vue sur une photographie, sur un écran d'ordinateur ou dans un magazine. Et nous avons été confrontés à cette perte de l'aura que produit un médium comme, par exemple, la photographie. Ce qui est vu sur une image semble être inaccessible, comme cette lointaine « chaîne de montagnes à l'horizon » dont nous parle Benjamin en se référant au réel directement perçu.

La reproductibilité technique ne prive pas le monde de son aura mais l'enveloppe au contraire d'une aura qui est parfois porteuse d'utopies positives. Jean-Luc Godard disait que le cinéma était la vie. Parce que le cinéma dégage une aura que le réel direct ne produit pas.

Cependant, cette démultiplication de l'aura par les procédés de reproduction et de médiatisation a été également utilisée pour manipuler les masses, et l'est plus que jamais de nos jours où notre vie quotidienne est peuplée de magazines et d'écrans. Il serait toutefois excessif de plonger dans un profond pessimisme à l'égard de la reproductibilité technique. Car celle-ci peut être utilisée pour réenchanter le monde. La science, au fur et à mesure qu'elle opère ses découvertes, désenchante le monde en montrant les mécanismes fades de ce qui nous semblait mystérieux. Dans ce monde déauratisé, l'aura produite par les différents médiums que sont la photographie, le cinéma, l'imprimerie, mais aussi la radio et l'informatique, permet d'être porteuse d'un principe d'espérance. Car ce désenchantement du monde est aussi celui qui est lié à la perte de l'enfance, là où tout est magique. Cette perte d'un monde merveilleux remplacé par une réalité plus rude peut être justement substituée par l'aura que permet la reproductibilité technique.

*

Dans l'analyse du cinéma, Walter Benjamin procède à une courte mais minutieuse décomposition, en procédant à des comparaisons avec le théâtre et la photographie. Il met en avant les caractéristiques de la caméra qui permettent de voir ce que l'œil nu ne peut voir. C'est ainsi qu'il écrit que « pour l'homme d'aujourd'hui l'image du réel que fournit le cinéma est incomparablement plus significative, car, si elle atteint à cet aspect des choses qui échappe à tout appareil et que l'homme est en droit d'attendre de l'œuvre d'art, elle n'y réussit justement que parce qu'elle use d'appareils pour pénétrer, de la façon la plus intensive, au cœur même de ce réel ».

Toutefois, bien que Walter Benjamin prenne conscience de ce qui est en train de se jouer au moment où il écrit son livre, il a une attitude mitigée à l'égard du cinéma. Car d'un côté il montre que cette technique de reproduction recèle des capacités exclusives à ce médium, mais en même temps il considère le cinéma comme étant, dans le système capitaliste, un moyen de manipulation des masses et de trucage du réel que l'on ne retrouve pas dans le théâtre avec cette intensité. Il conclut donc dans l'épilogue par ces propos: « La conséquence logique du fascisme est une esthétisation de la vie politique. À cette violence faite aux masses, que le fascisme oblige à mettre genou à terre dans le culte d'un chef, correspond la violence subie par un appareillage mis au service de la production de valeurs cultuelles ». Il poursuit en écrivant que « tous les efforts pour esthétiser la politique culminent en un seul point. Ce point est la guerre ».

Le cinéma est donc une technique qui peut être mise au service de toutes les causes, comme l'avait très bien compris Hitler lorsqu'il faisait de la propagande. Il aura fallu attendre le mouvement lettriste pour voir apparaître un bouleversement complet du cinéma qui, de nos jours, est retombé dans une sorte de néostar-système revu et corrigé par les techniques de la vidéo et de l'informatique.

*

Nous pouvons dire que Walter Benjamin a su parfaitement comprendre les évènements de son époque et qu'il fut un révélateur (au sens presque photographique du terme) pour les lecteurs de son œuvre fragmentaire. Il fut le précurseur des études approfondies sur le cinéma et la photographie qui suivirent par la suite. Comme le disait Jean-Michel Palmier, « Walter Benjamin fut un carrefour » pour la compréhension de cette transition qui s'est opérée avec l'invention de la photographie et du cinéma.

Serge MUSCAT



[1]   Walter Benjamin, L'œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, éd. Allia, Paris, 2005, traduit de l'allemand par Maurice de Gandillac.

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 00:17

Dans la dix-septième livraison de ça ira, parue en mars 1922,  Pascal Pia (1903-1979) publie un article sur Le Canari et la Cerise de Paul Neuhuys.

 

Paul Neuhuys renouvelle son fonds poétique, hoirie d’une muse aux yeux couleur de film. Les villes-lumière, les ports pavoisés, les sources lumineuses des cinémas offrent mille et une images. Le spectacle nous vaut ce nouveau poète. Il a tordu le cou à l’éloquence. Sensible aux ondes, comme on doit l’être aujourd’hui, il encage la sentimentalité et ne permet que rarement à ses colombes, un vol court, aigu, précis. Pour Paul Neuhuys la poésie moderne est bien ce que la définit Jean Epstein : un nouvel état d’intelligence. Paul Neuhuys dédaigne les paysages flous et vaporeux. Son œil est un objectif de 13 x 18. Le jamais vu, les pays de couleur le séduisent. Paris, ce village dont il énumère les fontaines, le port d’Anvers et ses steamers en partance lui laissent un peu de nostalgie universelle. Neuhuys, je vous ai rencontré un soir d’automne. Nous avons trinqué au « Paon Royal », alors que sommeillait Anvers écrasée d’ombres. Le Paon Royal couvert d’étoiles, le jardin zoologique où les perroquets allument un feu de joie, le cri tragique des sirènes ou le déclic du kodak, lyrisme qui ne se soucie pas des métriques régulières, notations rapides qui font du poème, un télégramme. À tout cela Neuhuys ajoute un peu d’ironie savamment dosée. Chaque pièce de son recueil est un de ces rainbows dont nous parla Farrère, flûtes à champagne de liqueurs diverses, où les sept couleurs de l’arc-en-ciel se superposent. Neuhuys, vous avez donné à « Ça Ira » des études dont les poètes français peuvent vous être reconnaissants. Au Canari, que vous nous lèguez, je ne connais pas de poèmes belges comparables. Orphée a aboli le temps et la distance. À Paris je vous ai connu en vous lisant. J’ai touché du doigt un poète et j’ai marqué ce jour d’une pierre blanche.

Pascal PIA

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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 23:19

La dix-septième livraison de ça ira paraît en mars 1922. Au sommaire : André Baillon, Marcel Sauvage, Pascal Pia, Ivan Goll, Georges Marlier, Guillermo de Torre, Paul Fierens et Han Ryner.
Dans la rubrique « Notules », Clément Pansaers publie une chronique : « La Vie à Paris ». Voici ce qu’il dit de Jarry :

 

 

L’évènement de la saison qui s’ouvre? La réédition d’ Ubu Roi.[1]

 

Parlant littérature d’avant-garde, on cite volontiers, comme précurseurs Arthur Rimbaud, Stéphane Mallarmé, même Jules Laforgue, laissant à l’ombre Alfred Jarry. Alors que le Père Ubu, le Surmâle, le docteur Faustroll, plutôt que de nous apparaître comme une curiosité, fut-elle même corsée, résument avec une puissance extraordinaire, toute notre vie d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Pour ne tirer qu’une seule comparaison : le meilleur de Charlie Chaplin ne dépasse pas le Père Ubu.

Mais peut-être trouve-t-on la bouffonnerie « extravagante, brutale, outrancière », trop peu conforme à l’esprit soi-disant classique de la littérature française !

Simultanément, dans trois revues différentes, trois articles sur le roman.[2] Et toutes ces considérations soulignent davantage la valeur des trois romans d’Alfred Jarry : le Surmâle ; le Dr Faustroll, roman néo-scientifique, se rapportant à la philosophie mathématique de Poincarré ; Messaline, roman de l’ancienne Rome.

Je ne connais que trois auteurs à lui opposer pour l’érudition profonde, la connaissance archéologique et l’évocation vivante, mais qui ne dépassent pas la science et l’art de Jarry : je veux dire Pierre Louÿs, Richard Wagner et peut-être Joseph Bédier.

[...]

Et tous les auteurs français d’une notoriété universelle, ont acquis celle-ci précisément par ce qu’il y a de « non classique » dans leur œuvre ! Alfred Jarry en est une preuve fantastique !

Clément PANSAER



[1] Alfred Jarry, Ubu Roi. Préface de Jean Saltas. (Eug. Fasquelle, 10 fr.)

[2] Paul Bourget. Note sur le roman français, dans la Revue de la semaine (28/10-21). – Albert Thibaudet. Le roman anglais, dans la Nouvelle Revue Française (1/11-21). – Marcello-Fabri. Des limites au roman moderne, dans la Revue de l’Époque (1/10-21).

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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 22:43

Bulletin no 5, mars 2001

 

 

 

En couverture : Les Acrobate et l’Étoile de Périer, 1923.

 

Paul NEUHUYS, Odilon-Jean Périer, article paru dans le quotidien Le Matin, Anvers, 20 novembre 1937.

 

Henri-Floris JESPERS, Notes et digressions à propos de Périer, de Neuhuys & de quelques autres.

 

Reproductions :

 

Mode d’emploi de À tous hasards.

 

La flûte, calligramme de Périer, 1923.

 

 

 

Bulletin no 23, septembre 2005

 

En couverture : Portrait du Converti par Creixams, 1922.

 

Henri-Floris JESPERS, Du Perron à Bruxelles. Illustration : certificat médical manuscrit du Dr. L. Grattefesces.

 

Kees SNOEK, Eddy du Perron et Odilon-Jean Périer : un réseau de relations littéraires dans les années folles.

 

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 12:15

Le Salon d’Art a le plaisir d’ accueillir Philippe Vandenberg (°Gand, 1952) qui présente des œuvres récentes. Du 3 mars au 3 mai 2008. Vernissage lundi 3 mars à 19h.

Le Salon d’art, 81 rue de l’Hôtel des Monnaies, 1060 Bruxelles. Ouvert du mardi au vendredi de 14h à 8h30, le samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h.

Cher Jean,

J’ai naturellement beaucoup réfléchi, après ton départ, à notre « entreprise ». Pour moi, comme je crois te l’avoir expliqué, chaque exposition, dans chaque lieu, soit un musée, soit une galerie, soit... fait partie intégrale de l’acte créatif. Je me sens responsable de la façon « de montrer mon œuvre », et j’attache une importance urgente à chaque détail, tout comme dans l’acte de peindre même.

Une exposition est toujours un moment important et nécessaire, car l’œuvre doit être « vue ». Ensuite, soit elle revient à l’atelier, où elle sera peut-être encore transformée (rien n’est définitif...), soit elle trouve sa place dans une collection qui prendra soin d’elle...

« Construire » une exposition, tu le sais bien, n’est pas chose facile. En fait, rien dans la création n’est « chose facile » et ici, j’ose citer Marie Depussé : « Dieu gît dans les détails », mais il faut se baisser pour l’y ramasser...

Je voudrais que cette aventure nous étonne et peut-être nous ravisse tous deux. Ce n’est pas rien. J’ai vu ton regard sur la « pièce à rondelles », colorée aux pastels qui était prévue pour mon exposition au musée de Gand et je crois, qu’en effet, elle pourrait très bien fonctionner chez toi (dans l’étalage, par exemple) donc, montrons-la chez toi, je trouverai une autre solution pour Gand.

Je voudrais encore te demander de bien veiller à la reproduction couleurs de l’œuvre pour l’affiche. J’ai une méfiance paranoïaque envers tous les imprimeurs du monde, vu le nombre de déceptions... La couleur orange, je le sais, est très délicate à reproduire, mais elle sera magnifique sur son fond avec les lettres noires du texte. L’imprimeur doit veiller à ce que l’orange soit vraiment lumineux et pas une variante « brunâtre » comme cela m’est déjà arrivé (cfr. mon livre Le kamikaze). Je te fais confiance...

Voilà, je tiens à te dire que notre « sortie » m’enchante et que l’étonnement deviendra porteur de magie. Je ferai au-delà du possible...

À bientôt,

Philippe Vandenberg

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 21:55

Nous apprenons ce soir que l’Académie de langue et de littérature françaises a décerné le Prix Michot à Nicole Verschoore pour sa trilogie romanesque La Passion et les hommes (1928-1958).

Nicole Verschoore est docteur en philologie germanique et boursière du FNRS. Assistante à l’université de Gand, collaboratrice puis rédactrice du quotidien Het Laatste Nieuws, elle dirigea l’hebdomadaire gantois Le Nouveau Courrier. Depuis mars 2000, Nicole Verschoore publie une « Lettre de Flandre » mensuelle dans La Revue Générale.

www.bon-a-tirer.com

www.literair.gent.be

www.nicoleverschoore.be

 

Le Maître du bourg, Paris, Gallimard, 157 p., 1994 ; rééd. 2000.

Vivre avant tout !, Bruxelles, Le Cri, 2006, 203 p., 21 €.

La Passion et les hommes

Les Parchemins de la tour, Bruxelles, Le Cri, 2004, 215 p., 20 €.

Le Mont Blandin, Bruxelles, Le Cri, 2005, 139 p., 18 €.
La Charrette de Lapsceure, Bruxelles, Le Cri, 2007, 158 p., 19 €.

 

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 06:06

Drôle de guerre qui fut une guerre de drôles :

la vérité au fond d’un puits de pétrole.

 

Paul Neuhuys, La joueuse d’ocarina, Anvers, Ça Ira, 1947.

 

Congo blues

 

Qu’entends-je là-bas

tous ces cris d’à-bas

Lumumba

Traduction brutale

Germinal

 

Le Belgique en complet-veston

Vieille houillère

expédient diplomatique

Reviens Achille va-t-en Gaston

C’est fini le charbon pour les locomotives

 

Affaires étrangères ?

l’ouistiti de l’indépendance...

un palmier assombri sur la flaque bourbeuse

Drame noir cousu de fil blanc.

 

Paul Neuhuys, Le Cirque Amaryllis, Anvers, Ça Ira, 1963

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 04:08

Dans ses Mémoires à dada, Neuhuys témoignera que ce fut à Knokke, en 1922-1923, que Floris Jespers (1889-1965) lui présenta son ami Van Ostaijen à l’heure de la baignade.

« Très cérémonieux, Van Ostaijen avait l’air d’être en smoking dans son costume de bain et au moment où nous nous serrions la main, une vague nous renversa tous deux à la grande joie de Flor qui, de nous trois, savait le mieux nager.»[1]

Tout indique qu’il convient de situer cette rencontre en septembre 1923, alors que Van Ostaijen logeait chez le peintre à Knokke, comme en témoigne une carte postale à son frère Stan.

 « Je le rencontrai encore par la suite, dira Neuhuys, toujours chez Jespers. Van Ostaijen venait chercher chez son ami le foyer, l’ambiance familiale qui lui faisait défaut. Il écrivait alors “Marc groet ‘s morgens de dingen”. »

Ce poème date de la fin de 1924.

 

Le matin Marc salue les choses*

 

‘Jour petit bonhomme à vélo sur le vase avec la fleur

                                                           pleur   pleur

‘jour chaise près la table

‘jour pain sur la table

‘jour petit pêcheur avec sa pipe au bec

et

‘jour petit pêcheur avec sa casquette

pipe et casquette

du petit pêcheur

bien le bonjour

 

‘JOU-OUR POISSON

‘jour gentil poisson

‘jour mien petit poisson

 

Introduisant en 1963 le septième cahier des Soirées d’Anvers, Neuhuys citera et situera Van Ostaijen :

« “Ce n’est pas moi qui suis étrange, mais bien ma destinée.” Ainsi parlait le chef de file de la jeune poésie flamande et qui l’est demeuré encore aujourd’hui : Paul van Ostaijen.

Het eerste boek van Schmoll, le premier livre de Schmoll, aura remis en question le phénomène poétique : un émerveillement qui porte sa fin en soit. C’est cet émerveillement devant les possibilités de l’expression, ainsi que nous l’a très bien fait remarquer Etienne Schoonhoven dans son Introduction à la poétique de Van Ostaijen, qui fut la préoccupation centrale du poète et qui le rapproche des mystiques. »

&

Bulletin no 8, décembre 2001.

Note de lecture: à propos d’un article de Henri-Floris Jespers, paru dans la revue Revolver: « Jespers, Joostens & Van Ostaijen: enkele nieuwe gegevens ».

 

Bulletin no 12, décembre 2002.

En bref : De l’orthographe du nom Paul van Ostaijen.

 

Bulletin no 17, mars 2004.

Henri-Floris JESPERS, Neuhuys et Van Ostaijen : rencontres manquées et affinités. Avec un calligramme inédit de PvO.

Inédit : À propos d’une lettre ouverte à Paul van Ostaijen menacé d’une correction, éditée et annotée par Henri-Floris Jespers.

Note de lecture : Paul van Ostaijen, Le DADA pour Cochons, Paris, Éditions Textuel, 2003.

&

Récente notice biographique sur Van Ostaijen et repères bibliograhiques des traductions en français dans Piet de Groof. Le général situationniste, Paris, Allia, 2007, pp. 8-11. (Cf. notre article du 27 janvier 2008).

 

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[1] Paul NEUHUYS, Mémoires à dada, Bruxelles, Le Cri, Coll. Les Évadés de l’Oubli, 1996, p.133-134

* Traduction: Etienne Schoonhoven.

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 02:58

Le catalogue de l’exposition Dada au Centre Pompidou (2005-2006) présente 21 reproductions en couleurs d’assemblages et de collages du peintre Paul Joostens (1889-1960). Ami de Paul Van Ostaijen, il est l’artiste anversois « le plus proche des aspirations dada par son œuvre, tant plastique que littéraire » , « sans jamais s’identifier parfaitement au dadaïsme – pas plus qu’à aucun autre mouvement » (Carole Benaiteau).

Paul Neuhuys (1897-1984) publiera deux textes de Joostens aux éditions Ça ira : Salopes. « Le quart d’heure de rage ou Soleil sans chapeau » (1922) et La Vierge boréale, suivi de Christ retrouvé (1939).

 Paul Joostens dans le Bulletin de la Fondation ça ira

Bulletin no 4, décembre 2000.

En couverture : Auferstehung de Joostens (1917).

Henri-Floris JESPERS, Les deux pôles : Joostens et Neuhuys. Avec deux dessins de Paul Joostens figurant dans La Source et l’Infini de Paul Neuhuys (1914) ; une lettre manuscrite de Joostens ; une photo de l’atelier de Joostens en 1917.

Note de lecture :

Paul JOOSTENS, Gesneuveld ! Tegen wil en dank zoo onbekend, Antwerpen, Antiquariaat Rossaert, 2000. Album commémoratif publié à l’occasion d’une exposition de dessins et de collages de Joostens.

Bulletin no 6, juin 2001.

Henri-Floris JESPERS, Les deux pôles : Joostens et Neuhuys. Illustrations : portrait photographique de Joostens et une lino de Jozef Peeters (1921).

Bulletin no 11, septembre 2002.

Paul JOOSTENS, Cantique des B.S.K. Inédit publié et annoté par Henri-Floris Jespers.

Bulletin no 12, décembre 2002.

En couverture : bois gravé de Joostens, 1924-1925.

Bulletin no 13, mars 2003.

Henri-Floris JESPERS, Paul Joostens et l’art con-temporain. Avec un Autoportrait de Joostens (bois gravé, 1920) et une Poezeloeze.

Bulletin no 15, septembre 2003.

Henri-Floris JESPERS, Dossier Hubert Lampo, Paul Neuhuys et Paul Joostens.

En couverture : bois gravé de Joostens.

Bulletin no 18, juin 2004.

Paul NEUHUYS, Paul Joostens.

Henri-Floris JESPERS : « Le chef-d’œuvre est né. Alleluia ». Avec cinq photos de Joostens, une photo de Joostens et Neuhuys, une photo de Marie-Jeanne Dypréau et un collage de Joostens (1957).

En couverture : dessin de Joostens.

Bulletin no 21, mars 2005.

Henri-Floris JESPERS, Délit de poésie. Avec une gravure de Joostens (1914).

 

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