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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 01:44


BruaeneFleur.jpg

Photographie d'Albert Van Loock prise devant le café La Fleur en Papier doré (55 rue des Alexiens 1000 Bruxelles) en mars 1953. De gauche à droite: Marcel Mariën, Camille Goemans, Gérard Van Bruaene, Irène Hamoir,  Georgette Magritte, E.L.T. Mesens, Louis Scutenaire, René Magritte et Paul Colinet. (© Albert Van Loock)

 

Connexion n°13 vient de paraître. L'achat de la revue à la pièce coûte 6 euros.
Abonnement pour 5 numéros: 30 euros ( à verser au compte 001-3244284-01).
Vous pouvez consulter la table des matières des Connexion précédents
à la rubrique sommaire
http://revueconnexion.over-blog.com/pages/Sommaire-400613.ht

 

Ayant fait le connaissance de Van Bruaene, Jan Walravens prend l’initiative de réunir la rédaction de Tijd en Mens à la Fleur de Papier doré, la première fois le 10 décembre 1949. Geert venait d’épouser Marie Cleren le 15 octobre, et il semblait bien avoir repris du poil de la bête.

Tijd en Mens, animée par Walravens, est la première revue littéraire de l’après-guerre à défendre et à propager implicitement un programme « moderne » sinon d’avant-garde. Cette  « revue de la nouvelle génération », qui paraît de septembre-octobre 1949 à juin 1955 (23 numéros en 19 livraisons), regroupera non seulement une pléiade d’écrivains flamands de premier plan (entre autres Albert Bontridder, Hugo Claus, Louis-Paul Boon et Marcel Wauters), mais également des écrivains Hollandais représentatifs de la poésie expérimentale dite « de 50 » (Hans Andreus, Gerrit Kouwenaar et Sybren Polet). [1] Tijd en Mens se réunira une seconde fois chez Van Bruaene le 26 juillet 1950.

&

Évoquant la fin des années quarante, période noire s’il en fût dans son existence, Paul Neuhuys notera :

Poète crotté, je ne me sentais plus à l’aise qu’avec des copains comme le petit Gérard qui, souvent, m’était venu discrètement en aide en me disant : « Que veux-tu, mon pauvre vieux, notre pays se girouettise en pissotière à pignoufs ».[2]

Il est en correspondance avec Van Bruaene, qu’il connaissait depuis l’époque du Cabinet Maldoror. Il y est question de dépôt de livres, d’une gouache de Magritte, d’un pastel de Picasso et de deux petits Jan Cox (1919-1981). Bruaene déplore qu’il « ne puisse venir jusqu’ici » pour voir l’exposition Beeldens, qui « fait l’excellence de la peinture-peinture ».

C’est en 1949 que le peintre naïf bruxellois Albert Beeldens (1902-1962) brosse le portrait de Bruaene.[3] Ancien vitrier, il avait obtenu en 1935, tout comme Bruaene, le grand prix de l’Art populaire. Il participera à la troisième exposition triennale d’Art naïf de Bratislava (1966) et à l’Exposition internationale des peintres naïfs de Lugano (1973).

&

Pour l’inauguration de sa nouvelle boutique, Le Diable par la queue, Van Bruaene organise du samedi 17 au mercredi 28 décembre une exposition de dessins et de peintures de son ami Jean Dubuffet (1901-1985), dont les œuvres avaient déjà été exposées à Paris et, en 1947, à New York. Témoignent de cette exposition, une belle affiche-invitation tirée en photolithographie, ainsi qu’un catalogue de huit pages, calligraphié et entièrement lithographié, avec trois lithographies de Dubuffet. Ce catalogue, baptisé « mémorial », mentionne explicitement que l’exposition a été organisée pour l’inauguration de la nouvelle « boutique » de Bruaene. Jan Walravens rapportera que les peintures de Dubuffet se vendaient à 8.000 F.[4]

Dans La Nation belge, Charles Bernard rapprochera Dubuffet de Klee, puis de Picasso et constate que l’artiste aboutit néanmoins à une création singulière, qui doit beaucoup à son manque d’intérêt pour les questions esthétiques. [5]

&

Le Diable par la queue était situé au 12, rue de l’Homme-Chrétien ou Kerstenmannekenstraat à Bruxelles (aujourd’hui entièrement occupée par l’hôtel Royal Windsor),

une rue triste et abandonnée – près de la place Saint-Jean, à l’enseigne : « Gezottenvanapaiponmettegève ». [6]

 

La boutique sera rapidement rebaptisée L’agneau moustique. Une carte de visite signale : « Expositions. Local offert gracieusement ». Et sur la vitrine on peut lire : « Consignation ». Il y fera œuvre de pionnier en exposant des peintres congolais (entre autres les précurseurs Lubaki et Djilatendo).

Henri-Floris JESPERS

(Extrait du dossier sur Van Bruaene, publié dans Connexion, revue d’art et de littérature, no 13, mars 2008).



[1] À propos de Tijd en Mens, cf. la solide thèse de doctorat de Jos JOOSTEN, Feit en tussenkomst. Geschiedenis en opvattingen van Tijd en Mens (1949-1955), Nijmegen, Uitgeverij Vantilt, 1996.

[2] Paul NEUHUYS, Mémoires à dada, Bruxelles, Le Cri, 1996, p. 115.

[3] Collection privée, Bruxelles.

[4] Jan WALRAVENS, Jan  Biorix, Brugge, De Galge, 1964,  p. 201.

[5] Charles BERNARD, "Nous avons déjà conduit le lecteur à l'enseigne du Diable par la queue..." in La Nation Belge, Bruxelles, 27 décembre 1949.

[6] Translittération d’amateur du bruxellois: « Ge zaadt ervan a paip on Mette geive » : on en crèverait. Avec mes remerciements à Herman J. Claeys.

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 15:26

Les éditions Ça ira publièrent deux textes de Paul Joostens :  Salopes. « Le quart d’heure de rage ou Soleil sans chapeau » (1922) et La Vierge boréale, suivi de Christ retrouvé (1939). C’est également sous l’enseigne de Ça ira que parut en 1923 la monographie de Georges Marlier consacrée au peintre, illustrée de reproductions dont l’intérêt n’a fait qu’augmenter.

L’amitié qui reliait Paul Neuhuys (1897-1984) à Paul Joostens (1889-1960) a été évoquée dans ce Bulletin à plusieurs reprises.[1]

Le premier recueil de Paul Neuhuys, La Source et l’infini (1914) a été illustré par Joostens, qui avait connu le frère aîné du poète, le peintre Albert Neuhuys (1895-1968) à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers.

En adieu à Joostens, Fantasmagie publia en 1960 des témoignages de Robert Geenens, de Georges Mariën, de Paul Neuhuys, de Georges Thiryet de Ray van Goethem. Nous reproduisons ici la contribution de Paul Neuhuys, « Joostensiana ».

Paul Joostens était bien représenté à l’exposition Dada au Centre Pompidou (2005-2006). Le catalogue présente 21 reproductions en couleurs d’assemblages et de collages du peintre. Carole Benaiteau souligne que Joostens est l’artiste anversois « le plus proche des aspirations dada par son œuvre, tant plastique que littéraire », « sans jamais s’identifier parfaitement au dadaïsme – pas plus qu’à aucun autre mouvement ».

Joostens connaissait les recueils de Clément Pansaers, mais tout comme Neuhuys, n’avait jamais vu la revue Résurrection. Ce sera l’édition anastatique de Jacques Antoine en 1973 qui l’arrachera à l’oubli. Le titre de la préface de Marc Dachy annonce à juste titre : «  Résurrection de Clément Pansaers ». Ce n’était pas un Belge qui sortait du tombeau, mais un activiste wallon, comme en témoigne les « Bulletins politiques » qui retiennent notre attention.[2]

L’esprit de Jarry, du Père Ubu et du docteur Faustroll hante la plupart des livraisons du Rat cette éphémère feuille hebdomadaire qui réunira en 1928 des anciens du Melon bleu, du Cénacle, de La Drogue, de Lumière et de Ça ira. La correspondance inédite de Roger Avermaete et de Paul Neuhuys apporte quelques éléments nouveaux quant à la genèse de ce dernier projet commun.

Rédaction : hfj@skynet.be

Administration :

ça ira asbl

50, chaussée de Vleurgat

B 1050 Bruxelles

ca.ira@skynet.be

Coût de l’abonnement (4 numéros) :

Membre adhérent : 20 €

Institution : 25 €

Membre protecteur : 50 €

à verser au compte de ça ira :

Dexia banque – 068-2287225-89

IBAN : BE45 0682 2872 2589

BIC : GKCCBEBB

Un numéro : 6,50 €

 



[1] Henri-Floris JESPERS, Les deux pôles : Joostens et Neuhuys in  Bulletin no 4, décembre 2000 ; Les deux pôles: Joostens et Neuhuys (II) , id., no 6, juin 2001 ; Paul Joostens et l’art con-temporain, id., no 13, mars 2003 ; Dossier Hubert Lampo, Paul Neuhuys et Paul Joostens, id., no 15, septembre 2003 ; « Le chef-d’œuvre est né. Alleluia », id., no 18, juin 2004; Délit de poésie, id., no 21, mars 2005.

[2] À propos de Pansaers, cf. David GULLENTOPS, Une lettre inédite de Clément Pansaers à Jean Cocteau ; in Bulletin no 21, mars 2005 ; Édouard JAGUER, Meeting pansaérien, in Bulletin no 26, juin 2006 ; Henri-Floris JESPERS, Paul Neuhuys et Clément Pansaers, in Bulletin no 13, mars 2003 ; Paul NEUHUYS, « Un ventilateur qui vous donne la sensation du vide absolu », in Bulletin no 13, mars 2003 ; Une mise au point qui n’est point de mise, in Bulletin no 26, juin 2006.

 

 


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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 01:30

La présentation du numéro 13 de la revue Connexion, consacré à Gérard van Bruaene (cf. notre article du 18 mars) a connu un vif succès. Introduits par Robin de Salle, les intervenants (Christian Bussy, Herman J. Claeys, Clara Haesaert, Emile Kesteman, Thierry Neuhuys, Rik Sauwen et Freddi Smekens) évoquèrent leurs souvenirs de Van Bruaene et de La Fleur en papier doré. Gaëtan Faïk fit la lecture de textes caractéristiques du « petit Gérard ».

Parmi les nombreux invités: Ray van Asten, Arne Baillière, Jan Beghin, Jan Bucquoy, Pierre Cordier, Marie-Jeanne Dypréau, Frank Hendrickx, Henri-Floris Jespers, Pruts Lantsoght, France Lejeune, Henry Lejeune, Paula Mortelmans, Francis Mus, Christine Neuhuys, Luc Neuhuys, David de Salle, Mark Tiefenthal, Emmanuel Vandeputte, Alexandre Wajnberg, Arnout Wouters.

Avaient tenu à s’excuser: Luc Boudens, René Franken, Joris Gerits, Christian van Haesendonck, Kris Kenis, Tony Rombouts et Jan Scheirs.

 

À propos de Gérard Van Bruaene, voir nos articles du 29 et du 31 janvier ; du 15 février ; du 12 et du 18 mars.

www.revueconnexion.over-blog.com

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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 03:33

Évoquant la fin des années quarante, période noire s’il en fût dans son existence, Paul Neuhuys notera :

Poète crotté, je ne me sentais plus à l’aise qu’avec des copains comme le petit Gérard qui, souvent, m’était venu discrètement en aide en me disant : « Que veux-tu, mon pauvre vieux, notre pays se girouettise en pissotière à pignoufs ».[1]

ll est en correspondance avec Van Bruaene, qu’il connaissait depuis l’époque du Cabinet Maldoror. Il y est question de dépôt de livres, d’une gouache de Magritte, d’un pastel de Picasso et de deux petits Jan Cox (1919-1981). Bruaene déplore que Neuhuys « ne puisse venir jusIqu’ici » pour voir l’exposition Beeldens, qui « fait l’excellence de la peinture-peinture ».

C’est en 1949 que le peintre naïf bruxellois Albert Beeldens (1902-1962) brosse le portrait de Bruaene.[2] Ancien vitrier, il avait obtenu en 1935, tout comme Bruaene, le grand prix de l’Art populaire. Il participera à la troisième exposition triennale d’Art naïf de Bratislava (1966) et à l’Exposition internationale des peintres naïfs de Lugano (1973).

&

Pour l’inauguration de sa nouvelle boutique, Le Diable par la queue, Van Bruaene organise du samedi 17 au mercredi 28 décembre une exposition de dessins et de peintures de son ami Jean Dubuffet (1901-1985), dont les œuvres avaient déjà été exposées à Paris et, en 1947, à New York. Témoignent de cette exposition, une belle affiche-invitation tirée en photolithographie, ainsi qu’un catalogue de huit pages, calligraphié et entièrement lithographié, avec trois lithographies de Dubuffet. Ce catalogue, baptisé « mémorial », mentionne explicitement que l’exposition a été organisée pour l’inauguration de la « nouvelle boutique » de Bruaene, Le Diable par la queue. Jan Walravens rapportera que les peintures de Dubuffet se vendaient à 8.000 F. [3]

Le Diable par la queue était situé au 12, rue de l’Homme-Chrétien ou Kerstenmannekenstraat à Bruxelles (aujourd’hui entièrement occupée par l’hôtel Royal Windsor),

une rue triste et abandonnée – près de la place Saint-Jean, à l’enseigne : « Gezottenvanapaiponmettegève ».[4]

La boutique sera rapidement rebaptisée L’agneau moustique. Une carte de visite signale : « Expositions. Local offert gracieusement ». Et sur la vitrine on peut lire : « Consignation ». Il y fera œuvre de pionnier en exposant des peintres congolais (entre autres les précurseurs Lubaki et Djilatendo).

&

Le 13 janvier 1950, Van Bruaene et Goemans assistent à la représentation du Soleil noir de Paul Neuhuys, au Théâtre du Foyer à Anvers.[5] Un an plus tard, le 11 janvier 1951, Bruaene remercie Neuhuys de ses bons vœux.

Vous êtes d’adorables petits humains, ta femme et toi, ma femme et moi, d’adorables petits humains, d’une conscience claire telle que la joie ou le plaisir revêt pour nous une surprise ( ? pratiquement indéchiffrable...) bien particulière, qu’il importe de chérir, n’en étant pas aux préférences.[6]

Il informe son ami qu’il vient de s’hasarder à une petite vente publique à la Galerie Saint-Laurent, pour laquelle il a lancé 5.000 invitations. Il n’y avait pas un chat. [7]  Ces ventes se seraient succédées de quinzaine en quinzaine... Certes, il ne manque pas de ventes publiques, mais il entendait « valoriser la chose intéressante [...] pour que nos bons peintres aient une possibilité de vendre ».

C’est également en 1951 que paraît sous la signature « Le petit Gérard » Ole Com Bove, également connu sous le titre « Le livre d’or de la Fleur en Papier doré ». L’épigraphe est caractéristique de l’auteur : « C’est devant le miroir que l’on pense se connaître un peu de vue ». Un des textes sur feuilles volantes de cet ouvrage singulier, recueil d’aphorismes, d’inscriptions et et de remarques diverses en français, en néerlandais et en flamand bruxellois, évoque les démêlés de Van Bruaene avec des amis artistes (par ex. Max Ernst et Jean Dubuffet) qui n’appréciaient pas toujours ce qu’ils considéraient comme un manque de cohérence dans les choix picturaux de Van Bruaene.

Je me suis assez donné sans jouissance, brutalement et de manière imbécile, pour avoir aidé à arracher de leur sphère bien propre les artistes d’avant-garde, de consécration publique, et à les poser sur le marché, parmi la Bourse aux Valeurs.

Je prie Isidore Ducasse de vouloir m’en pardonner.

Ces artistes d’avant-garde, amis de mes péchés d’antan, sont devenus de puissants ennemis, armés jusqu’aux dents, parce que je ne peux pas séparer l’art, comme on appelle ça, du Rien, clairement humain.      

Je dois, par conséquent, me défendre platement. Les hommes instruits veulent me ravir la croûte de pain.

 &

Un recueil d’historiettes de Van Bruaene sort de presse en 1953 : Six petites histoires banales de petit bistrot racontées par le petit Gérard et deux petits textes pour commencer et pour finir.

Paul Neuhuys lui adresse un exemplaire de son nouveau recueil, Les Archives du prieuré[8], dans lequel il constate que le Belge n’aime pas les poètes : « Le Belge est fait du bois dont on fait les trompettes, / le Belge est fait du bois dont on fait les gibets ».  

Tu es un amour, mon gentil petit Paul, de penser à ton vieil ami Gérard, en prière, auprès des « Archives du Prieuré ».

Je t’en remercie.

*

« Je n’écris pas pour vous, apôtres de l’insulte.

J’écris pour les amis conscients de l’Individualité sans détours. »

Geert[9]

 Henri-Floris JESPERS



[1] Paul NEUHUYS, Mémoires à dada, Bruxelles, Le Cri, 1996, p. 115.

[2] Collection privée, Bruxelles.

[3] Jan WALRAVENS, o.c., p. 201.

[4] Translittération d’amateur du bruxellois: « Ge zaadt ervan a paip on Mette geive » : on en crèverait. Avec mes remerciements à Herman J. Claeys.

[5] Cf. Henri-Floris JESPERS, Les Enfants de colère: “Affirmations justes à condition de les prendre juste à l’envers”, in Bulletin de la Fondation ça ira, no 30, 2ème trimestre 2007, pp. 4-7.

[6] Lettre de G. van Bruaene à P. Neuhuys, 11 janvier 1951. Collection privée.

[7] La vente eut lieu le 3 janvier 1951. Avec mes remerciements à Mme Marie-Jeanne Dypréau.

[8] P. NEUHUYS, Les Archives du Prieuré, Anvers, Ça Ira, 1953, 52 p. Deuxième édition 1954.

[9] Lettre de G. Van Bruaene à P. Neuhuys, 21 novembre 1953. Collection privée.

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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 03:14

À l'occasion de la publication d'un dossier consacré à Gérard Van Bruaene, écrit par Henri-Floris Jespers, la revue Connexion organise le mercredi 19 mars à partir de 18 h une soirée Van Bruaene à La Fleur en Papier doré, 55 rue des Alexiens à 1000 Bruxelles.

 

Intervenants: Christian Bussy, Herman J. Claeys, Frank de Crits, Clara Haesaert, Emile Kesteman, Luc & Thierry Neuhuys, Rik Sauwen, Freddi Smekens.


Visitez: 
www.revueconnexion.over-blog.com

 Organisation:

Connexion, revue d’art et de littérature

46/2 rue Blaes 1000 Bruxelles

0486 22 06 43 revueconnexion@yahoo.fr


Repères bibliographiques:

Jan WALRAVENS, Jan Biorix, Brugge, De Galge, 1964.

Roger AVERMAETE, L’aventure de ‘Lumière’, Bruxelles, Arcade, 1969.

Rik SAUWEN, Geert Van Bruaene le petit homme du Rien, Verviers, Temps mêlés, 1970.

Gerrit BORGERS, Paul van Ostaijen. Een documentatie, Den Haag, Bert Bakker, 1971.

Marcel MARIËN, L’activité surréaliste en Belgique (1924-1950), Paris, Le Fil rouge / Bruxelles, éditions Lebeer Hossmann, 1979.

Liliane DURAND-DESSERT, Gérard van Bruaene, le Cabinet Maldoror et la Fleur en papier doré, in  La littérature Maldoror, Cahiers Lautréamont, volumes LXXI et LXXII, Du Lérot, éditeur, Tusson, Charente, 2005

Henri-Floris JESPERS, La bataille du Casino de Saint-Josse, in Connexion, no. 1, novembre 2006.

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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 08:06

Dans ses superbes mémoires, Marcel Mariën confesse avoir écoulé de fausses œuvres sous l’Occupation, et signale en détail les activités de faussaire de Magritte, son complice.[1] Virginie Devillez souligne une véritable industrie du faux sous l’Occupation à Bruxelles, et l’apparition  d’un nombre impressionnant de faux tableaux ». Elle rapporte une anecdote dont nous ne pouvons pas priver le lecteur. Fin décembre 1943 s’ouvre le procès d’un jeune faussaire qui avait apposé la signature d’Anto Carte sur une œuvre du peintre Gert Wolheim.

Van Bruaene est appelé à la barre comme témoin, « un ancien animateur de galeries d’avant-garde qui est également connu dans le milieu pour ses nombreuses expériences de faussaire ». L’œuvre en question de Wolheim avait été importée d’Allemagne par Van Bruaene lui-même (dont il fit d’ailleurs un portrait), et transitera par de nombreuses mains.

« Finalement, raconte Van Bruaene, « elle avait été cédée, il y a un an environ, au petit jeune homme ». Le témoin raconte qu’il avait voulu « initier » le faussaire, mais que celui-ci avait donné au tableau un « titre cochon » (La nourrice extravagante) et qu’il avait fait l’erreur d’apposer la signature d’Anto Carte « au bas d’une œuvre pareille ! » Tandis que Van Bruaene profitait de l’occasion pour réaffirmer sa foi dans l’art allemand dit « dégénéré », le procureur du Roi, « s’élevant avec force contre la vague de contrefaçon artistique qui déferle [...] sur le pays à l’occasion de l’enrichissement subit de nombreuses personnes rien que moins cultivées, réclama un exemple ». Le jeune faussaire fut ainsi condamné à quatre mois de prison.[2]

 

À l’occasion de l’exposition au Cabinet Maldoror en 1923, Ghelderode avait qualifié les œuvres de Wolheim de « productions macaques », le peintre étant « un des plus redoutables farceurs en la matière ».

Sauwen signale que Van Bruaene mit un ou quelques faux Permeke en circulation, affaire qui se termina devant le tribunal. Les dossiers de ce procès ont disparu dans l’incendie du Palais de Justice de Bruxelles, en septembre 1944.

Il rapporte également une autre anecdote typique :

Rachel Baes nous raconta qu’un jour Gérard, l’air embarrassé mais les yeux malicieux derrière ses grosse lunettes, lui tendit une oeuvre abstraite quelconque et demanda en hochant la tête : « Sincèrement, Rachel, est-ce que tu penses que j’oserais mettre la signature de Picasso là-dessous ? ».

 

Marc. Eemans et Marcel Lecomte m’ont rapporté au début des années soixante des histoires édifiantes du même type – mais il est vrai qu’on ne prête qu’aux riches...

Henri-Floris JESPERS


[1] Marcel MARIEN, Le Radeau de la mémoire, édition pirate parce que complète, édition de l’auteur, Bruxelles, 1988, pp. 87-89

[2] Virginie DEVILLEZ,  Le retour à l’ordre. Art et politique en Belgique 1918-1945, Éditions Labor / Banque Dexia, Bruxelles, 2002, p. 195.

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 00:00

Ce n’est pas vrai que Dada a donné naissance au surréalisme. Le surréalisme est sorti des serres chaudes de Maeterlinck, en se frottant au freudisme. Le surréalisme a été pris de vitesse par l’existentialisme. Dada fut un terrorisme gai, une rébellion gratuite contre toute orientation collective grandissante.

Que Dada ait pris une dimension qu’il n’avait pas au départ ne doit pas nous faire désavouer son nihilisme ni son juvénilisme, car seul Dada n’a pas donné dans le panneau.

 

Paul NEUHUYS

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 05:11

On ne peut oublier que notre but est d’atteindre à une forme de poème qui maintient complètement et de la manière la plus réelle le processus qui va de l’émotion au poème. Le processus constitue, pour nous, le poème.

&

Le vieil homme

 

Un vieil homme dans la rue

ce qu’il raconte à la vieille femme

ce n’est rien ça résonne comme une tragédie creuse

sa voix est blanche

elle ressemble au couteau qu’on aiguise

au point que l’acier s’amincit

Comme un objet cette voix se distingue de lui

pendue au-dessus du long manteau noir

Le vieil homme maigre dans son manteau noir

ressemble à quelque plante noire

Si tu vois ça l’angoisse est dans ta bouche

le premier goût d’une narcose

Paul VAN OSTAIJEN

(Traduction : Etienne Schoonhoven)

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 18:13

Le numéro de mars d’Inédit nouveau, le mensuel littéraire que l’infatigable Paul Van Melle publie avec une belle ténacité, vient de paraître. Au sommaire: proses de A. Claire Bisschop, Jean-Claude Coquet, Eric Cuissard, Marylin de Backer, Vladimir Issacovitch ; poésies de Jochen Arlt, Yvan Avena, Laurent Bayart, Serge Brindeau, Patrick Devaux, Claude Hamelin, Reiner Kunze, Pauline Labrande, Franck Legaud, Hugues Mortier, Anne Mounic, Marcellin Nisolle, Claude Pétey, André Prone, Pierre Schroven et Céline Varenne.  

La rubrique “à tous mes échos” est un véritable pactole. Paul Van Melle y publie une notice sur les  Mededelingen van het CDR:

 

Dans les Mededelingen 109, 110 et 111 du centre anversois de documentation et de réévaluation, j’éprouve toujours la petite gêne de ne pas connaître les œuvres et les auteurs dont parle avec passion Henri-Floris Jespers. Malgré quelques extraits ou citations, comme cette ‘apologie de Georges Steiner’ par Hendrik Carette ou le long poème-pamphlet de Ton van Reen avec un sujet épatant : ‘God is wel goed maar niet gek’ (Dieu est bon mais pas fou), tout à fait remarquable. La mort de Wilfried Adams m’a rappelé les deux revues Nieuwe Stemmen et Yang que par chance j’avais reçues il y a bien longtemps. Même regret pour Henri Chopin, dont j’avais parlé à propos du numéro spécial que lui avait consacré Ça Ira. Et encore un mort, Michel Bartosik, un des ‘Pink Poets’ qui voulaient considérer le poésie expérimentale comme la classique. In cite un beau poème ‘Neige’, écrit en hommage au grand Maurice Gilliams, resté pour moi ‘de nachtegaal’. Ce qui m’apparaît de plus dans ce bulletin, c’est la différence entre la manière de considérer les ‘collabos’ chez les Flamands et les Wallons. Sans doute à cause du manque total de contacts entre eux depuis trop longtemps.

 

Inédit nouveau, no 220.

avenue du Chant d’Oiseaux 11

1310 La Hulpe

Belgique.

Participation aux frais : 35 € pour 10 numéros de la revue (8 de 32 pages, 2 de 62 ; ne paraît pas en juillet et août).

 

www.mededelingen.over-blog.com

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 12:54

Bulletin no 2, juin 2000

 

Henri-Floris JESPERS, “La merdre, c’est du réalisme, le surréalisme c’est l’odeur de la merdre ». A propos de Stéphane MASSONET, Dada Terminus. Tristan Tzara – E. L. T. Mesens : correspondance choisie 1923-1926, Bruxelles, Didier Devillez, 1997.

 

Inédit : Lettre de Paul Neuhuys à E. L. T. Mesens, 4 août 1923.

 

 

 

Bulletin no 25, mars 2006.

 

Henri-Floris JESPERS : Mesens et Neuhuys. Correspondance inédite.

 

Ill. : extrait d’une lettre de Mesens à Neuhuys, 1923. Deux photos par Mesens: Comme ils l’entendent et comme nous l’entendons.

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