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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 16:04


Couverture dessinée par l'auteure

Petits Poèmes traduits de l'Iroquois d'Emma Lambotte – “achevé d'imprimer le 15 Janvier 1918” – parut chez Robert Protin à Liége.

Édouard Protin (1824-1884), imprimeur apprécié, mourut subitement, laissant trois jeunes enfants: Juliette, Robert et Emma. Sa seconde épouse poursuivra l'exploitation de l'affaire familale afin de la transmettre à leur fils. Imprimeur et éditeur, Robert Protin (1872-1953) se bâtira une solide réputation internationale comme cycliste sur piste: premier Champion du monde de sprint professionnel (Cologne, 1895), il sera détenteur de plusieurs records mondiaux. (Qant à Emma, fondatrice du Ladies Fencing Club d'Anvers, elle sera une escrimeuse hors ligne.)

Robert Protin servira d'éditeur à sa sœur: Écrits wallons de François Renkin (1912, dessins: Aug. Donnay), Étude sur Nicolas Defrêcheux, poète wallon (1916, illustrations: Aug. Donnay et A. Rassenfosse), Boutades (1917, une silhouette de l'auteure par Jacques Ochs), Mots d'enfants (1923, illustrations: Marcel Jaspar).

HFJ

De tout... un peu

 

Dans les bilans des sociétés anonymes, quand on fait le tableau, grâce aux “divers” et aux “profits et pertes”, les comptes balancent toujours merveilleusement.

*

Nous avons dans notre conscience le même balancier compensateur, le même régulateur; une faute que nous ne définissons pas se reporte au “divers”, et nous nous tenons quittes.

Quand on nuit à autrui, ce n'est pas toujours pour lui nuire, mais pour se soulager. Le chat déchire les tapisseries et nous égratigne pour se faire les griffes.

*

Les longues rêveries de l'écrivain ne sont pas toujours paresse.

C'est une forme de sommeil.

*

Ne pouvant participer à l'infini par la vertu, beaucoup y confinent par le vice ou par la bêtise.

*

Fuyons les gens qui racontent en détail leurs petites histoires; les gens qui piaillent. Les cris sont détestables; on entend déjà si mal quand on est seul.

Le temps que l'on perd, c'est bien réellement celui que les importuns vous font perdre.

*

Nous avons une telle horreur de la banalité, que nous afficherions des vices extraordinaires plutôt que de passer pour n'avoir que de médiocres vertus.

*

Je n'aime pas les femmes trop bonnes ménagères: cela comporte trop de gronderies, trop de journalières persécutions.

Emma LAMBOTTE

(Petits Poèmes traduits de l'Iroquois, 1918)

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 01:04


Emma Lambotte à l'époque des Roseaux de Midas


Le Paradis est un peu démodé. L'enfer, par contre, est en vogue. C'est un Saharah d'incandescence où se rencontrent, comme en Sibérie, le meilleur et le pire. Pour ma part, je préfère le pire au médiocre.

 

Beaucoup de gens qui ne savent pas attendre, manquent d'exactitude: on exige des autres toutes les vertus: on ne peut se passer des défauts que l'on a.

 

Il est des écrivains toujours trop doux, qui nous donnent envie de casser les vitres. Ils n'emploient ni les touches violentes, ni les accents brutaux. Ils ne font que des pastels blanchâtres, avec toutes choses sur le même plan. Ils font de la chirurgie sociale à coup d'égratignures.

 

On dirait que certaines personnes n'ont qu'une chose à faire: analyser leurs impressions, et que le monde gravite autour de de cela.

Emma LAMBOTTE

(Les Roseaux de Midas, 1910)

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 00:49


L'originale du premier recueil de vers et de pensées d'Emma Lambotte (1878-1963), Les Roseaux de Midas, parut en 1910 chez Léon Vanier, avec une longue lettre-préface de Laurent Tailhade (1854-1919) – “achevé d'imprimer le 31 octobre 1910 sur les presses de J.-E. Buschmann à Anvers”, imprimeur attitré de la Société des bibliophiles d'Anvers.


Egérie et mécène de James Ensor, amie de Max Elskamp et de Neel Doff, ce fut Emma Lambotte qui révéla au tout jeune homme que j'étais, l'œuvre et la personnalité de Tailhade.

Les Éditions du Parc à Anvers rééditèrent Les Roseaux de Midas en 1938. Cette seconde édition ne reprend que les principaux passages de la préface de Tailhade, mais elle est enrichie d'un autographe en facsimilé de Guillaume Apollinaire.

De cette seconde édition, je conserve l'exemplaire personnel de l'auteure, complété d'une douzaine de corrections ou de repentirs et d'un ajout.


Voici la transcription de la courte missive d'Apollinaire:

Paris, 2 Juin [1911]

Madame,

Après un retard occasionné par de longs travaux, j'ai lu et relu votre beau livre.

J'ai savouré chacun de vos poèmes au sentiment si féminin, où l'on admire une grâce aimable et toujours franche. Votre livre intéresse beaucoup par sa sincérité et la qualité de son lyrisme et je souhaite, pour ma part, que vous n'en restiez pas à ce début, si brillant soit-il.

J'ai l'honneur d'être, Madame, votre très humble serviteur.

Guillaume Apollinaire

37, rue Gros, Auteuil.

HFJ

 

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 04:18


La livraison de l'automne 2009 de la revue trimestrielle Gierik & Nieuw Vlaams Tijdschrift est axée sur la poésie concrète, visuelle et sonore. Henri-Floris Jespers y évoque les débuts de la poésie concrète en Flandre et aux Pays-Bas. Il souligne le rôle d'éclaireur et de pionnier de Paul de Vree (1909-1982) et de sa revue De Tafelronde, et évoque tout particulièrement l'influence de Henri Chopin (1922-2008) et de Pierre Garnier. (°1928).

Paul Neuhuys (1897-1984), animateur de la revue Ça ira (1920-1923), fut sensible à cette “cinquième saison” de la poésie qu'il évoquera dans les cahiers Les Soirées d'Anvers (1961-1965) et dans ses Mémoires à dada (1996), éditées par Luc et Thierry Neuhuys.

L'amitié de Neuhuys et Chopin a fait l'objet de plusieurs publications détaillées dans le Bulletin de la Fondation Ça ira.


Paul Neuhuys, A bon entendeur, Phallus! (1970), Coll. OU.

"Mon poème me permet de faire l'amour par correspondance".

Selon Jespers, le rôle d'animateur de la 'poesia visiva' en Belgique a été repris par Luc Fierens (°1961), dont la présence sur la scène internationale est désormais incontournable.

Voir: www.vansebroeck.be

*

Une anthologie, principalement axée sur les années 1980-2005, complète ce numéro 104 de Gierik & Nieuw Vlaams Tijdschrift: Pierre Garnier & Seiichi Nikuni, Henri Chopin, Ivo Vroom, Pierre-Albert Birot, Frans Vanderlinde, Hans Clavin, Paul Neuhuys, Luciano Ori, J. F. Bory, Paul de Vree, Clemento Padin, Julian Blaine, Lucia Marcucci, Alain Arias-Misson, Peter Spence, Keischi Nakamura, Niko Vassilakis, Geof Huth, David Baptiste Chirot, Calleja, John Al Bennett, Andrew Topel, Giovanni Fontana, Mike Basinski, Altemus, Lamberto Pignotti, Spatola, Sarenco, Gino Gini, Carla Bertola et Eugenio Miccini.


SARENCO

www.gierik-nvt.be

gierik.nvt@hotmail.com

 


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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 20:39



Issu d'une famille de peintres hollandais, Paul Neuhuys sera toute sa vie passionnée de peinture. Il notera dans ses Mémoires à dada:

J’aurai fréquenté pas mal de peintres au cours de ma vie, ribouldingué dans pas mal d’ateliers. Les peintres de Ça ira : Joostens, Jespers et Alice Frey. Les peintres de Sélection : De Smet, Van den Berghe, Brusselmans, Tytgat, Delvaux et Magritte que je rencontrai respectivement chez Norge, Marlier ou Mesens. Albert Van Dijck à Schilde, Jan Vaerten à Beerse, Bockstael à Edegem.

Si les relations de Neuhuys avec Joostens et Jespers sont amplement documentées, il n'en est pas de même de ses rapports avec Jean-Jacques Gailliard, qui illustra Le Cirque Amarillys (1963) de quatre dessins originaux.

C'est afin de combler cette lacune que nous publions un dossier portatif et définitivement provisoire.

Si on ne peut établir que des conjectures sur la date des premiers contacts de Neuhuys et Gailliard, il est bien évident que leurs chemins durent se croiser durant les années folles, que ce soit au Cabinet Maldoror de Gérard Van Bruaene ou lors de manifestations dans la mouvance de 7 Arts ou de La Lanterne sourde.

Il est établi que Gailliard connaissait la revue Ça ira dès la fin de 1921 et que Neuhuys possédait un exemplaire de La vie d'Alcibiade (Malines, 1934) de Gailliard, qualifiée par Marinetti d' “œuvre originale et puissante”. Toutefois, tout indique qu'ils ne renouèrent qu'à la fin des années cinquante, sous le signe de Fantasmagie.

Nous vous présentons donc une trilogie toute transitoire: “D'un réalisme sans rivage”, introduisant Galliard; “Prophète drôle”, publication des lettres inédites de Gailliard, de son épouse Rita et de sa fille Isabelle à Neuhuys; et une brève anthologie de textes de Gailliard, “Paroles de peintre”.

Le professeur émérite Piet Tommissen nous a fourni un inédit que Gailliard lui a confié, et nous l'en remercions.

J’aurai assisté à la formidable épopée picturale, dit Neuhuys. Jamais pareille incursion n’avait été entreprise dans le domaine des formes et des couleurs. Tous les moyens sont bons aux peintres pour atteindre l’impossible : les révélations viscérales de la radioscopie, les lignes de force d’un champ magnétique. On ne pense plus peinture, on pense mâchefer, scories, écorce, gluant, velours. Peinture tamponnée, grumelée, strapassée, calligraphie pignochée, tachisme épongé, truellée de boue ou graphisme gratteur, peinture enlevée de haute lutte par les pugilistes de l’art brut !

Les Mémoires à dada de Neuhuys parurent aux éditions Le Cri, dans la collection “Les Évadés de l'Oubli”.

Belle enseigne pour les écrits de Gailliard...?

Henri-Floris JESPERS

Sommaire

Dossier

Henri-Floris JESPERS, “D'un réalisme sans rivages” 4

Henri-Floris JESPERS, “Swédenborg est un Prophète Drôle” 13

Jean-Jacques GAILLIARD, Paroles de peintre 33

In memoriam

Thierry NEUHUYS & Henri-Floris JESPERS, Marcel van Maele, Poète de la Fin du Monde 40

Dans le rétroviseur

Jean-Marie AENDEKERK, Mondrian, le danseur 45

En bref

Éric Aubrahn au Théâtre des Déchargeurs 48

Le cinquantenaire des AML 48

Magritte sacralisé 48

Magritte embaumé 49

Centre d'étude des francophones en Flandre 50

*

Administration: Christine Neuhuys, Fondation ça ira, 50 chaussée de Vleurgat, B 1050 Bruxelles

ca.ira@skynet.be

Rédaction: Henri-Floris Jespers, Marialei 40, B 2018 Antwerpen

hfj@skynet.be

Coût de l'abonnement pour l'année 2009 (4 numéros)

Membre adhérent: 25 €.

Institution: 35 €.

Membre protecteur: 50 €.

À verser au compte de la Fondation ça ira:

Dexia banque – 068-2287225-89

IBAN: BE45 0682 2872 2589

BIC: GKCCBEBB

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 04:52

Diamantaire et bijoutier anversois, Sylvio Perlstein fait partie de ces grands collectionneurs d'art aussi réputés que discrets. Partageant son temps entre l'Europe, les États-Unis et le Brésil, il vit entouré d'une exceptionnelle collection d'art moderne et contemporain au sein de laquelle la photographie occupe une place de choix.
Trois moments fondamentaux de l’histoire de la photographie suscitent son engouement : la photographie des années 1920-1930, la photographie conceptuelle des années 1960-1970 et la photographie contemporaine.

L’exposition rend compte de cette richesse et de cette diversité en rassemblant plus de deux cent tirages originaux des années 1920 à nos jours, dont des chefs-d’œuvres célèbres ou bien des trésors méconnus de Manuel Alvarez-Bravo, de Hans Bellmer, de Brassaï, d'Henri Cartier-Bresson, de Man Ray ou encore de Vanessa Beecroft, d'Andy Warhol, de Barbara Kruger, de Vik Muniz et de Nan Goldin.

"Corps", "Masques et Visages", "Mots", "Objets", "Espace"… Une approche thématique par chapitres permet de susciter confrontations et dialogues inédits entre images et artistes de diverses périodes et de différents horizons ; mettant ainsi en lumière les relations subtiles que tissent entre elles les œuvres au sein de cette constellation. Toute collection digne de ce nom propose à sa manière une définition de la photographie, à l'instar de Man Ray qui affirme avec une pointe d'humour : « La photographie n’est pas l’art », nous laissant le soin d'imaginer ou de découvrir ce qu'elle pourrait bien être.
Cette manifestation, exceptionnelle à plus d’un titre, est inédite. Elle permettra au public de découvrir pour la première fois toute l'étendue et la richesse de la collection photographique de Sylvio Perlstein.

Commissariat : David Rosenberg et Régis Durand.

Avec la participation exceptionnelle de Sylvio Perlstein et la collaboration du Musée d’Art Moderne et Contemporain de la ville de Strasbourg

La photographie n'est pas l'art”, du 29 octobre 2009 au 10 janvier 2010

Musée d'Ixelles

rue Jean Van Volsem, 71 - 1050 Bruxelles

Conservatrice: Claire Leblanc

Tél. 02.515.64.21 - Fax 02.515.64.24

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 04:07


Dans la seconde moitié du XIXe siècle, où l’industrialisation suscita par réaction un intérêt croissant pour la nature, des artistes trouvèrent leur source d’inspiration dans les paysages brabançons à la manière des peintres de Barbizon dans la forêt de Fontainebleau, où certains se rendirent d’ailleurs. Recourant au plein-airisme, plusieurs groupes d’artistes firent de la forêt un sujet de prédilection : « l’école de Tervueren », les peintres de Rouge-Cloître à Auderghem, la « Vallée des artistes » à Linkebeek et les peintres regroupés sous l’appellation d’ « Uccle Centre d’Art ».

Cet intérêt pour la nature suscita le développement d’un réseau ferroviaire et routier qui amena le touriste d’un jour au cœur de la forêt. S’y développèrent hameaux, lieux de villégiature et guinguettes assidûment fréquentés par les artistes.

Non l’artiste, le genre ou une école seront ici particulièrement privilégiés, mais plutôt le site en fonction de son accessibilité au départ de Bruxelles, site que les Bruxellois ont très tôt considérer comme leur poumon vert, comme « le jardin de Bruxelles » en quelque sorte. L’exposition est donc envisagée suivant quatre sections en fonction des voies d’accès : de Bruxelles à Tervueren (avenue de Tervueren), de Bruxelles à Auderghem/Notre-Dame-au-Bois/Overijse (chaussée de Wavre), de Bruxelles à Ixelles/Boitsfort/Hoeilaart (chaussée de La Hulpe) et de Bruxelles à Uccle/Linkebeek (chaussées de Waterloo et d’Alsemberg).
C’est donc à une promenade en forêt de Soignes, à travers la peinture de paysage de 1850 à 1950, que nous convie Emmanuel Van de Putte, commissaire de cette exposition, inspiré en cela par le
Guide du promeneur qu’édita le premier président de la Ligue des Amis de la Forêt de Soignes et peintre René Stevens en 1914.

*

Le Musée d'Ixelles possède une collection d'œuvres d'art témoignant de la vocation artistique d'un musée pluridisciplinaire ouvert à toute forme de création artistique. Il présente un vaste panorama des principaux artistes et mouvements picturaux des XIXe et XXe siècles. Sa collection compte plus de 13.000 pièces (Berthe Morisot, Permeke, Delvaux, Gaston Bertrand, Picasso, Magritte, Toulouse-Lautrec,...). Une mention spéciale doit être apportée à l'affiche "fin de siècle".

Ouvert du mardi au dimanche de 11h30 à 17h.

Fermé les lundis et jours fériés.

Tarif normal : 7 €

Dimanche au Musée

Le dimanche, des historiens de l'art accueillent les visiteurs. Ils sont à l'écoute, répondent aux questions, facilitent la compréhension des ouvres exposées, suscitent le dialogue et permettent à chacun, adulte comme enfant, de mieux tirer profit de sa visite.

*

Les peintres de la forêt de Soignes, du 29 octobre 2009 au 10 janvier 2010

Musée d'Ixelles

rue Jean Van Volsem, 71 - 1050 Bruxelles

Conservatrice: Claire Leblanc

Tél. 02.515.64.21 - Fax 02.515.64.24

 

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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 22:44


Je me me régale consciencieusement de ces Collègues de 'Pataphysique de Sylvain Goudemare, que je découvre avec un retard de plus de vingt ans.

Du catalogue considéré comme un des beaux-arts.

Goudemare mérite l'apostrophe de l'OGG.

*

L'événement de la saison qui s'ouvre? La réédition d'Ubu Roi.

[…]

Le meilleur de Charlie Chaplin ne dépasse pas le Père Ubu.

[...]

Mais peut-être trouve-t-on la bouffonnerie “extravagante, brutale, outrancière”, trop peu conforme à l'esprit soi-disant classique de la littérature française!

Tous les auteurs français d'une notorieté universelle ont acquis celle-ci précisément par ce qu'il y a de “non classique” dans leur œuvre! Alfred Jarry en est une preuve fantastique!”


Clément Pansaers, 'La Vie à Paris', in Ça ira, no 17, mars 1922.

 


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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 20:53


Ça ira, numéro 16, novembre 1921

Le vernissage, demain à partir de 18h30, de l'exposition PAB au 'centre international de poésie Marseille', sera suivi d'interventions d' Arlette Albert-Birot, d' Isabelle Krzywkowski et de Frédéric Acquaviva et de la diffusion d'inédits sonores et visuels de PAB.

Conçue par Frédéric Acquaviva, cette exposition est organisée dans le cadre du festival actOral. auquel le cipM s'associe depuis quelques années en présentant une personne emblématique du croisement des écritures et des arts, choisie parmi les avant-gardes du vingtième siècle.

Ainsi, après – en 2007 – Henri Chopin, pionnier de la poésie sonore, éditeur de la revue OU, cinéaste expérimental et artiste ; puis Gil J Wolman, le poète des mégapneumes, le cinéaste de L’Anticoncept, l’éditeur des éditions inconnues, ce sera pour cette année 2009 le poète Pierre Albert-Birot, l’éditeur de la revue (SIC), le poète-typographe, l’auteur du légendaire Grabinoulor.

Frédéric Acquaviva, le concepteur des trois expositions, publie “Une Pandémie” dans le Cahier du Refuge 183 d'octobre 2009, dont voici deux extraits:

Comme des hommes peuvent être attirés vers le même type de femme, j’ai pour ma part une attirance certaine – de nature différente – pour les artistes, forcément poètes, capables d’inventer dans de multiples domaines où souvent ils sont paradoxalement perçus comme de simples amateurs, ce qui en général leur vaut de passer dans la salle d’attente avant d’espérer établir leurs quartiers dans des lieux un peu plus fréquentés.

[…]
Naturellement – c’est la raison d’être de cette exposition – m’a également captivé la modernité de PAB typographe, comme en témoignera en 1964, l’édition par Ian Hamilton Finlay de son poème-pancarte « Paradis » (Wild Hawthorn Press), aussi le fait qu’il n’attende plus d’éditeur, sans savoir qu’il fait des livres d’artistes, cette niche à venir. C’est sans doute la même pulsion qui poussa le génial compositeur Carlo Gesualdo à s’acheter de quoi imprimer lui-même ses partitions au chromatisme subtil et avancé. J’imagine sans mal un PAB dans les années 80 se servant de son ordinateur pour en sortir quelques exemplaires, c’est Gil Wolman avec ses Éditions Inconnues. La permanence du geste avant-gardiste est quelque chose qui surprend par la totale répétition de son impossible absorption par le monde contemporain.

Ainsi, on pourra voir lors de cette exposition les 41 opuscules édités par PAB de son vivant, en dehors des 25 poèmes visuels restants qui appartiennent désormais au Cabinet d’art graphique du Centre Pompidou et des 17 poèmes en guise de vœux annuels (De temps en temps), qu’il imprima de 1953 à 1967 et envoya à ses amis, avant qu’Arlette ne poursuive cette tradition. Ces livres, pour qui les a eus entre les mains, sont d’un aspect unique, fragiles et précieux, simples et évidents, dans cette facture typographique décantée de tout effet, modernes et anti-bibliophiliques. Et si effet il y a, c’est l’explosion de La Lune (que l’on revoie Dentelle que j’ai choisi pour être l’affiche de cette exposition !). Là encore, frappe toute une descendance, sinon la Poésie visuelle et concrète, les Dactylopoèmes de Chopin, les Poèmes prints de John Giorno... On dirait que le temps d’incubation est révolu.

*

Pierre Albert-Birot figure au sommaire du numéro 16 de Ça ira, 'Dada, sa naissance, sa vie, sa mort'. Paul Neuhuys, qui reverra PAB en 1959 aux Biennales de la Poésie à Knokke, le considérait comme l'un des rares dadas français. Dans ses Mémoires à dada (Bruxelles, Le Cri, Coll. Les Évadés de l'Oubli, 1996), il notera:

Face à ces deux géants que furent Pound et Joyce, et compte tenu que Picabia était d’origine espagnole, Pansaers belge, on peut dire que les seuls Ribemont-Dessaignes, Pierre Albert-Birot et Benjamin Péret sont d’authentiques dadas français. Tous trois figurent au sommaire de notre numéro dada. Ribemont, avec une petite pièce, Zizi de Dada, qui nous valut des démêlés avec notre imprimeur parce qu’elle se terminait par : « Je suis le Pape, nom de Dieu » ; Pierre Albert-Birot, avec un fragment dialogué entre Poire et Cœur, Drame pour acrobates : la scène représente un clair de lune, Poire et Cœur s’étreignent, la lune tombe par terre, on baisse le rideau — la lune tombe par terre était la trouvaille ; et enfin Péret, avec le poème Réforme. Il est certainement celui des dadas qui rappelle le plus Jarry et la pataphysique. Dans Mort aux vaches et au champ d’honneur, il fera dire à un de ses personnages : « La défense nationale c’est moi, et moi j’ai envie de dormir. »



Pierre Albert-Birot: L'homme coupé en morceaux

*

En 1968, à l’occasion de l’anniversaire de sa femme, Neuhuys avait invité Henri Chopin, le libraire Petithory et Mme Albert-Birot à déjeuner. Celle-ci lui confia que dans la thèse de Sanouillet sur Dada “ce qu’il y a de plus intéressant c’est l’index”.

Henri-Floris JESPERS



centre international de poésie Marseille
Centre de la Vieille Charité - 2, rue de la Charité - 13236 Marseille Cedex 02
tel : 04 91 91 26 45 - fax : 04 91 90 99 51
www.cipmarseille.com - cipm@cipmarseille.com
entrée libre

ouvert du mardi au samedi, de 12h à 19h
bibliothèque : du mercredi au samedi, de 14h à 19h

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 06:04

Identité(s) des francophones en Flandre. Pertinence de la problématique

et état de la recherche.

Il existe de nombreuses études sur la réforme de l’État belge et son impact communautaire, sur la francisation et puis la néerlandisation de la Flandre, ou sur la littérature flamande d’expression française. De même, de nombreuses composantes de la société, telles les minorités immigrées ou religieuses, ont fait l’objet d’études dans différents domaines académiques. Hormis une poignée de mémoires de licences, il n’en est rien pour les francophones en Flandre en tant que groupe(s). Pourtant, compte tenu de leur ancienneté, de leur influence historique et de leur importance numérique, une étude scientifique n’est pas superflue.

Une journée d’étude ‘Identité(s) des francophones en Flandre’ est un coup d’envoi global et nécessaire avant toute exploration ultérieure. Il nous paraît indispensable d’identifier le sujet avant de l’approfondir. Elle fournit un cadre scientifique au chercheur qui s’aventure dans le défrichement de ce terrain inexploré. Qui sont ces francophones qui habitent la Flandre? Comment sont-ils définis ou identifiés par leurs autres compatriotes, néerlandophones et wallons ? L’image que l’on en donne est-elle la même que celle qu’ils ont d’eux-mêmes ? Peut-on recourir à certaines théories sur les stéréotypes et les minorités ? Qu’est-il devenu d’eux depuis le dernier recensement linguistique de 1947 ? Quels sont les clivages philosophiques, politiques, géographiques (périphérie bruxelloise, région côtière, grandes villes flamandes, province), sociaux (noblesse, grande bourgeoisie industrielle, élites intellectuelles, ‘fransquillons’), liés à l’immigration (tel les juifs) mais également linguistiques (unilingue, bilingue, francophone récent ou depuis plusieurs générations) qui les séparent ? Est-il possible de cerner la francophonie flamande dans sa globalité ?

À travers ces questions il sera un jour tenté de sonder le rôle et la place réels des francophones en Flandre. Comment se profilèrent et se profilent-ils vis-à-vis des grands dossiers de l’histoire comme le mouvement flamand, l’utilisation des langues dans l’administration et l’enseignement ou encore la relation de la Flandre avec ses minorités pour ne citer que quelques possibilités. Il n’est pas exclu que, sur la longue durée, l’étude empirique de ce groupe précis nous conduise à une remise en question de la vision prédominante sur la genèse et la nature de la société flamande.

Programme

13.30 Mot de bienvenue

Emmanuel Van de Putte (président CEFF)

13.35 Introduction

Eric Laureys (administrateur délégué CEFF)

13.40 Pour une étude des stéréotypes, Flamands / francophones.

Anne Morelli (professeur d’histoire à l’ULB)

14.00 Les francophones de Flandre,

une identité errant entre le civique et l’ethnique.

Céline Préaux (administrateur du CEFF, aspirante-FNRS et doctorante en histoire à l’ULB)

14.20 De perceptie van de problematiek rond Franstaligen in

Vlaanderen door het ADVN als hoeder van het erfgoed van de Vlaamse Beweging.

Frank Seberechts (docteur en histoire et chercheur au ‘Archief, Documentatie en

Onderzoekscentrum voor het Vlaams-nationalisme’-ADVN)

14.40 Alliés ou ennemis ?

La place des francophones de Flandre dans les combats du mouvement wallon.

Chantal Kesteloot (docteur en histoire et chercheur au Centre d’étude et de documentation

guerre et sociétés contemporaines – CEGES)

15.00 Pause café

15.20 Een van de laatste bastions van ‘la Flandre bilingue’. De afbouw van de richting

Romaanse filologie in Antwerpen sinds de jaren 1980, in historisch perspectief.

Herman Van Goethem (professeur d’histoire à l’UA)

15.40 L'évolution des lieux d'habitation et de scolarisation du personnel

littéraire belge francophone de 1920 à 1960. Première approche statistique.

Cécile Vanderpelen (docteur en histoire et chargée de recherche pour le FNRS à l’ULB)

16.00 Une communauté en transit.

Profil sociolinguistique de la communauté juive anversoise.

Barbara Dickschen (licenciée en langues romanes, chercheur à la Fondation de la mémoire

contemporaine, collaboratrice scientifique au Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité - CIERL à l'ULB) avec une contribution de Veerle Vanden Daelen (docteur en histoire et chercheur postdoctoral à l’UA)

16.20 Débat et conclusions

*

29 octobre 2009

13.30 – 17.30 h.

Universiteit Antwerpen – Campus de la ville

Prinsstraat 13, local A107 (deuxième cour, entrée colonnade)

Informations : Eric Laureys - 02/519 5653 – eric.laureys@ceff-sfv.be

www.ceff-sfv.be

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