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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 02:23

 

Lumiere.jpg

Alors que Paul Neuhuys (1897-1984) se déclarait extrêmement attiré par les extrêmes, Roger Avermaete (1893-1988) s'est toujours affirmé en adepte du juste milieu. L' Année Poétique Belge (1924) reprend un poème moderniste de Roger Avermaete, l'animateur de la revue Lumière(1919-1923, 40 numéros), qui ne s'est jamais reconnu comme poète.

Voici un large extrait de ce texte bien dans l'air du temps :

 

Les tuiles ont des ailes. Et aussi les chapeaux.

Les parapluies font du cerf-volant.

Les femmes se promènent en culotte, comme si le vent était leur amant.

 

Le vent fait le discobole avec les tuiles des toits.

Quelle joie !

Le vent fait une partie de boules avec les chapeaux.

Les boutiques jouent de la crécelle avec leurs enseignes.

Des toits soudain ouvrent la gueule des maisons. Quelques cheminées éperdues en sautent dans la rue.

Tout est à l'envers. Quelle joie !

 

Les gens marchent à reculons.

Un arbre du Jardin Botanique, rompant la règle séculaire, a traversé la rue. Il est entré chez le boulanger d'en face.

Heureux boulanger ! Heureux homme qui reçoit une visite inattendue !

*

Plusieurs fois couronné par l'Académie française, élu au fauteuil de Chirico à l'Institut de France, Avermaete s'est surtout distingué par ses travaux d'historien et de critique d'art.

HFJ

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Published by ça ira! - dans littérature
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