Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 15:52

Le numéro 7/8 (Hiver 1956) de Phantomas propose une panorama restreint de l'art naïf. « Hormis quelques textes nettement littéraires, nos amis donnent des écrits plus proches des arts et de la peinture » consigne Théodore Kœnig (1922-1996) dans cette chatoyante Histoire de la peinture chez Phantomas (Bruxelles, éditions Lebeer-Hossmann, 1990, 501 p.) que l'on ne peut consulter qu'avec un plaisir à chaque fois renouvelé.

PeinturePhantomas.jpg

Les contributions de Kœnig et d'André Blavier, de Jean Dypréau, de Marcel Havrenne et d' Anatole Jakowsky n'ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur acuité.

Gérard Van Bruaene, dont l'intérêt pour la peinture naïve datait des années folles du Cabinet Maldoror et de la Vierge poupine, « poète-philosophe, homme rare qui tint le bistrot 'La fleur en papier doré', lieu de maintes de nos rencontres, vendait aussi des tableaux et signe Peinture et framboise. »

Estimant son texte caviardé par la rédaction de Phantomas, Van Bruaene publie un tract dont je reproduis scrupuleusement le texte. Les enculeurs de mouches pourront s'amuser à relever les variantes.

Van Bruaene y fait allusion à Georges Bataille : « Le mot silence est encore du bruit » (L’Expérience intérieure , Gallimard, 1943).

HFJ

BruaeneNaif1.jpg

Quant à l'Intelligence, les innocents s'entendent entre eux. Gloire à la peinture naïve, sauvage et psychiatrique.

 

Dans son dernier numéro, le périodique Phantômas a mutilé mon petit texte, vers la compréhension de comune raison et Vertueusement sociale.

 

La première partie de ce texte a été estimée, je pense, au-dessous de la lucidité des hommes instruits ne croyant pas qu'il peut être possible de penser respectueusement au Noble Virgile, à son amour, à son intelligence, admis cependant.

 

À quelle scène plate veut-on me réduire quand j'écris « fêter son petit Virgile » ?

 

Alors, pour me consoler, j'ai résolu de faire suivre le petit texte intégral, signé Zérar le bricoleur et non pas Le Petit Gérard.

 

L'explication n'échappe pas au raisonnement.

 

Malgré cette sentence qui nous est chère, je crois devoir expliquer la première partie du petit texte que le Comité de Lecture de Phantômas a supprimée.

 

I.- Regarde le bien (avant l'effacement) – le Vieil enfant (l'enfant sentimentalement expérimenté avant même la naissance) – à fêter son petit Virgile (rendre un pastoral hommage au Noble Virgile, à son amour, à son intelligence) – de sa réjouissante nature sénile (de sa réjouissante nature sénile).

BruaeneNaif2jpg.jpg

I.- Regarde le bien, le Vieil enfant, à fêter son petit Virgile, de sa réjouissante nature sénile.

 

II.- Facette du Silence

 

Je visitais une admirable exposition de peinture naïve, sauvage et psychiatrique. Une présentation de tableaux faite de bonne foi. Le panneau d'honneur, en signe de haute décoration, offrait aux grands yeux du cœur et du cerveau, le mot « Silence », peint à-même le mur de chaux.

 

Un professeur d'Université, critique d'art, a très sincèrement demandé au misérable type curieux qui se promenait p armi les choses exposées, – sans doute un apôtre des douces folies , – ayant appelé cette fête, admissible seulement “hors-commerce,” “Petite foire aux Tableaux, d'Esprit sentimental, ainsi Monsieur le Critique d'Art avait-il demandé, très poliment et de distinction au petit bonhomme, comme un lettré de la direction du Grand Cirque peut s'adresser au garçon de piste, je pense, je ne sais pas si je 'exprime bien, de lui expliquer la présence de ce mot « Silence »?

 

Le bonhomme lui a répondu de nature : “Monsieur le Critique d'Art, je ne pourrais pas vous l'expliquer sans parler.” Aussi l'a-t-on crapuleusement traité, le petit  type.

 

Il y avait de quoi.

 

III.- Pour la postérité.

 

Je possède un joli petit tableau de la famille universelle les petits maîtres du tableautin.

 

L'objet en est une adorable danseuse miniature à l'orientale fantaisie parisienne harem genre Abdul-Hamid peint à la bouche à la confiture de groseilles de framboises et de myrtilles. Joli et rare.

Zérar le bricoleur

15-XI-56/29-XII-56

Partager cet article

Repost 0
Published by ça ira! - dans surréalisme
commenter cet article

commentaires