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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 12:00

 

OctavieBlog2

Les Mémoires à dada de Paul Neuhuys (Bruxelles, Le Cri, 1996) témoignent de nos fréquents entretiens sur le maniérisme. Le 13 mars 1971 Neuhuys note dans son journal:

Conversation intéressante chez Henri-Floris Jespers sur l'école de Ferrare, cette école qui m'a toujours intéressée parce qu'elle est strictement contemporaine de Jérôme Bosch (1450-1516) et qu'elle est à l'origine de la symbolique et de la sémiologie actuelle. Le Tasse, l'Arétin, l'Arioste, inspirateurs de Dosso Dossi, Cosimo, Ercole ! Les peintres en marge de Venise et de Florence ? (p. 249)

À cette époque, j'étais plus que jamais immergé dans les travaux de mon maître à penser Gustav René Hocke (1908-1995), qui avait développé une approche anthropologique plutôt que stérilement formelle du maniérisme (d'ailleurs connestée par le historiens d'art).

Quoi qu'il en soit, deux poèmes du cycle 'Place Verte' me remettent en mémoire mes colloques singuliers avec Paul Neuhuys.

Henri-Floris JESPERS

*

Maniérisme

 

Tendressse patricienne

Vieux rose            Bleu de nuit

Préciosité décadente

                                                         d'enfant gâté

                                                                                chéri

                                                                                        terrible

Détresse d'éviter le taedium vitae

par une élégance allongée à la Parmegianino

Ces visages étirés comme dans l'ascenseur

 

Apprivoiser l'automne

dans les tons mordorés d'une musique éteinte

Fine fleur du maniérisme

les mains fémininement effilées

du déliquescentissime Sir Antony

Van Dyck que d'aucuns revendiquent

comme le précurseur

de Modigliani

 

Les trois Écoles

 

Si l'école de Ferrare

se complait dans le bizarre

 

l'école de Franconie

cultive plutôt l'ironie

 

et celle de Fontainebleau

ce que la femme a de plus beau

Paul NEUHUYS

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Published by ça ira! - dans littérature
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