Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 23:33

On ne saurait assez souligner l'utilité des anthologies littéraires. Ouvrages de références, elles marquent parfois une cassure, une rupture, un tournant. Il y a plus d'un demi-siècle, la célèbre anthologie Poètes d'aujourd'hui d'Adolphe van Bever & Paul Léautaud, maintes fois rééditée, me fut une véritable révélation. Objet-témoin, je la consulte encore régulièrement.

VanBever-Leautaud.jpgPoètes d’aujourd’hui, morceaux choisis accompagnés de notices biographiques

et d’un essai de bibliographie, Paris, Mercure de France, 1900

Les anthologies à portée plus limitée, de valeur documentaire, favorisent des rapprochements parfois surprenants. Nous y découvrons, souvent dans un contexte exhalant subtilement l'air du temps, des auteurs méconnus ou généralement ignorés.

Dans cette optique, j'ai déjà signalé ici le florilège de Paul Vanderborght, Poètes belges d'esprit nouveau (Bruxelles, La Lanterne sourde, 1924), ainsi que L'Année Poétique Belge, préfacée par la Comtesse de Noailles (Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1924).

Floril-ge2.jpg

Ajoutons-y le Florilège de la nouvelle poésie française en Belgique, composé par Géo Norge et préfacé par Franz Hellens (Maestricht, A. A. M. Stols, 1934). De ce florilège « vivant, ébloui, sous sa belle couverture orange », Paul Neuhuys dira qu'il ne connaissait pas d'anthologie plus harmonieuse.

Nous y retrouvons bien sûr, entre autres, Henri Michaux et Odilon-Jean Périer, Marcel Lecomte et René Verboom, Robert Guiette et Marcel Thiry, mais également Hubert Dubois et Mélot du Dy, Georges Linze et Éric de Haulleville, Paul Méral et Sacher Purnal...

À propos de Paul Neuhuys, largement représenté dans cette anthologie, Norge note:

Sans doute, voici le seul poète belge qui puisse être fantaisiste en demeurant simple, léger, et qui possède le secret de marier si heureusement la grâce et la ferveur. Tous les efforts que d'autres dépensent pour parer leurs vers de brillants ornements, il les destine au contraire à les embellir d'une humilité souriante. Ces vers, fortement scandés, aux rimes affirmatives, sont formés souvent d'une langue à peine déliée de la prose et les subtiles « histoires » de Paul Neuhuys semblent à deux pas du fait divers. Mais leur miracle est d'évoquer toujours le cœur exquis de leur auteur. Les jeux de virtuosité métrique, où il excelle, ne peuvent nous le cacher.

Ceux qui voudront découvrir des traits de famille à ce poète, prononceront les noms de Jean Pellerin, Max Elskamp, Jean de Lafontaine. Il n'y a cependant qu'une parenté d' « effluves » et en l'énonçant, il importe de souligner combien l'accent de Paul Neuhuys demeure tout personnel.

*

Dans son avant-propos, Norge affirme que

C'est un lieu commun d'affirmer aujourd'hui la déchéance de la poésie; et que telle opinion s'appuie tout naturellement sur le fait que la poésie ne touche plus qu'un petit nombre de lecteurs.

Les clichés ont la vie dure...

HFJ

 

Paul Vanderborght, Poètes belges d'esprit nouveau, 1924, cf.

http://caira.over-blog.com/article-poetes-belges-d-esprit-nouveau-1924-81571937.html

http://caira.over-blog.com/article-paul-neuhuys-et-la-lanterne-sourde-art-poetique-81587906.html

L'Année Poétique Belge, préface de la Comtesse de Noailles, 1924, cf.

http://caira.over-blog.com/article-l-annee-poetique-belge-1924-81084309.html

Partager cet article

Repost 0
Published by ça ira! - dans littérature
commenter cet article

commentaires