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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 18:41

J'ai mal au cœur et mon pays n'est nulle part.

Miné par le cancer du pancréas, terrassé par une crise cardiaque, l'homme de théâtre Henri Ronse (°Ostende, 10 mai 1946) est décédé dimanche matin vers 7 heures dans sa maison de Fermaincourt. Il venait de passer une nuit entière à lire des textes de poètes. Henri vivait en Normandie depuis treize ans, loin des cités qui le virent triompher.

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«Il s’en est allé en pleine possession de son énergie, luttant de toute ses forces intellectuelles et mentales», notait hier Marie Poumarat, compagne de toutes les promenades artistiques de la Caravane des Poètes qu’ils avaient créée tous les deux.

*

Le communiqué diffusé par ses proches souligne surtout les activités récentes de cet homme de culture, dont le flamboiement effacé n'avait d'égal que l'érudition précise et discrète.

Henri Ronse nous a quittés le 12 décembre 2010. Metteur en scène de théâtre et d'opéra, écrivain (Miettes de mémoire, éditions du Nil), créateur du théâtre Oblique à Paris et de la revue Obliquesavec Roger Borderie, il avait fondé, il y a une dizaine d'années, la Caravane des Poètes en région Centre en compagnie de la comédienne Marie Poumarat.
C'est lui aussi qui avait initié le Salon international de l'édition - et de la revue - de poésie qui avait lieu chaque année début juin, à Nohant, dans les jardins de la maison de George Sand.
Il préparait l'ouverture de la Maison européenne de la Poésie en pays de George Sand au Prieuré du Magny, dans l'Indre, à laquelle il a consacré ses dernières forces.
« On est tous éphémères, mais je le suis un peu plus que les autres », a-t-il dit deux jours avant de mourir et c'est sans doute cette conscience-là qui lui a permis jusqu'à la dernière minute, de conduire des projets au-delà de lui-même.”

Avant son incinération vendredi dans le Loiret, à Saran (1251, rue Pinelin), un salut final sera rendu à Henri Ronse par de nombreux comédiens. Ses cendres seront ensuite dispersées dans les nombreux lieux où lui et ses comédiens ont transmis à un public parfois improbable les chefs-d’œuvre de la poésie et de la littérature française.

*

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication à rendu hommage à Henri Ronse “magnifique artiste aux deux cultures, belge et française, et aux multiples visages”.

J'apprends avec une profonde tristesse la disparition de Henri Ronse. Il était de ces êtres complets capables d’habiter des imaginaires culturels très différents, aussi à l’aise avec les classiques qu’avec ses contemporains, avec le beau qu’avec l’utile. Que n’a-t-il pas accompli entre 1960 à 1980, entre Paris et Bruxelles, sur la scène culturelle ! Que ce soit au théâtre et à l’opéra comme metteur en scène d’une incroyable prolixité, comme homme de radio, ou encore comme éditeur de poésie. C’était un bâtisseur, un homme d’utopies mais aussi de terrain, qui avait à cœur de donner des fondations solides à la culture, tels que le théâtre Oblique à Paris, ou la Caravane des Poètes en région Centre. Son œuvre profondément poétique et engagée lui survivra.”

*

La Libre Belgique, Le Soir, Libération, Le Figaro, L'Express, La Tribune de Genèveet jusqu'à la Gazette des Belges de Montréal et du Québec ont rendu hommage à cet éminent homme de théâtre, à cet ami intime dont je garde un souvenir prondément ému et qui fut quelques années durant bien plus qu'un compagnon de route incontournable, un complice dont la subtilité relevait de la gaya scienza.

 

Henri-Floris JESPERS

(à suivre)

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Published by ça ira! - dans Théâtre
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Apolline Caudron Ronse 05/02/2015 22:14

Bonjour Monsieur,

Ce n'est pas sans émotion que je vous écris. Je me présente, je m'appelle Apolline Caudron. Henri Ronse était mon beau père. Durant les 10 dernières années de sa vie il a partagé la mienne et celle
de ma mère. Il a fait de moi la jeune femme que je suis aujourd'hui. Il est mort au matin, dans notre maison, dans mes bras.

C'est à ce titre que je me permet de rectifier certaines des informations dont vous faites part ici. Son décès a eu lieu à Romorantin-Lanthenay, dans le Loir et Cher, d'où il menait les opérations
de la caravane des poètes. Mais en effet, il avait passé la nuit à lire. "Parvenir à une heure plus proche de l'aube que du crépuscule" pour s'éteindre avait toujours été son souhait. Il a été
exaucé.

Je n'ai pas connu l'homme de théâtre mais j'ai connu l'homme. Je tache à mon échelle de faire connaître cette part de lui et que les imprécisions sur son décès sont rectifiées. J'espère ainsi que
vous tiendrez compte de mes propos. N'hésitez pas à me contacter. Tout hommage à Henri est toujours un baume au cœur incommensurable.

Bien cordialement.