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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 01:27

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Le Centre Pompidou présente jusqu'au 24 mai une rétrospective des collages de l’artiste islandais, première présentation muséale consacrée uniquement à l’œuvre découpée et collée d'Erró. Membre éminent depuis 1964 du groupe 'figuration narrative', Erró utilise le collage pour exercer un regard critique, ironique et humoristique sur la société de consommation, la politique, le sexe, la guerre ou l’histoire de l’art.

Les collages d'Erró, datant de 1958 pour les plus anciens jusqu'aux plus contemporains, puisent à des sources variées, principalement dans la presse. Erró allie, notamment dans sa série des méca-make-up, des visages de mannequins découpés dans des titres féminins à des éléments mécaniques tels des objectifs d'appareils-photo ou des carrosseries de voitures. Des « comics » américains ou des images de propagande chinoise, russe ou cubaine voisinent avec des reproductions de la peinture classique, des revues scientifiques ou encore des images publicitaires. 

Favorisant les chocs visuels et mêlant les temporalités et les espaces, les créations d'Erró sont cocasses, troublantes, empreintes d'humour et de dérision. Éminemment politique et critique, son œuvre dénonce la guerre (de celle du Vietnam à l'invasion américaine en Irak), les pouvoirs totalitaires ou la consommation de masse. La conquête spatiale lui inspire aussi de nombreux collages où des cosmonautes côtoient des odalisques d'Ingres.

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Après avoir exposé des peintures, des pastels et des estampes d'Antonio Seguí, lui aussi membre de la 'figuration narrative' (voir le blog du 26 février*), le salon d'art présente des collages (1958-2008) & plaques émaillées d'Erró.

Ce n'est pas sans un humour certain que Jean Marchetti a choisi le collage datant de 1958 qui illustre l'invitation à cette exposition (reproduit ici) qui reprend également un texte de l'artiste.

Je suis toujours à l'affût d'images, de documentation, de revues, de catalogues et de dictionnaires illustrés. J'ai besoin de matériel efficace et, au cours de mes voyages, je fouille partout chez les soldeurs de livres, dans les kiosques. J'accumule une quantité énorme de matériel et, lorsque j'ai réuni beaucoup d'images se rapportant à un thème, c'est signe de commencer une série. Le processus consiste ensuite à sélectionner les images, à les “marier” ensemble pour en faire des collages, puis des tableaux.

Il y a des sortes de lois qui permettent à des séries d'exister dès l'instant où elles en ont trouvé d'autres pour fonctionner picturalement. Je cherche ainsi, parfois longuement, le ou les documents qui vont donner vie à des images stockées. Pour que le mariage puisse se faire entre documents, il faut que je sente la possibilité d'une tension commune. Parfois leur accord tient à la force de leur affrontement.

Afin d'être habité par le sentiment que “tout peut arriver”, je m'efforce de me trouver dans une totale disponibilité technique et mentale. La peinture représente pour moi une sorte de voyage à travers les formes, les espaces, les styles et non la défense d'un territoire formel précis.

Face aux images collectionnées (tableaux de Van Eyck ou de Picasso, photographies, bandes dessinées) se manifeste un irrespect tendre. D'ailleurs, la vraie tendresse s'accompagne peut-être toujours d'un certain irrespect. Elle ne supporte pas la vénération et une attitude trop distante.

Il me semble que je suis comme une sorte de chroniqueur, de reporter, dans une énorme agence qui rassemblerait toutes les images du monde, et que je suis là pour en faire la synthèse. Mais, à y bien réfléchir, est-ce que Rubens travaillait autrement? Il avait amassé à Rome un énorme matériel documentaire et il avait un nombre incroyable d'assistants. C'est un peu pareil, à cette différence près que, pour moi, tous les jours, des centaines de photographes, dessinateurs, éditeurs et autres jouent le rôle d'assistants.

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Un prochain blog (décidément, je préfère l'orhographe préconisée au Québec: blogue, mais je respecterai la convention, imposée subrepticement par la langue de l'Empire) sera consacré à l'œuvre d'Erró. (HFJ)

Centre Pompidou, jusqu'au le 24 mai.

Salon d'art , jusqu'au 17 juillet.

Rue de l'Hôtel des Monnaies, 81, 1060 Bruxelles.

Salon ouvert du mardi au vendredi de 14 à 18h30. Le samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h.

www.lesalondart.be

(*) http://caira.over-blog.com/article-le-salon-d-art-antonio-segui-chroniqueur-sarcastique-de-b-madoff-45686310.html

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Published by ça ira! - dans arts plastiques
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