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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 00:41

 

PaulDermeePortrait.jpg

Paul Dermée

Les relations cordiales entre Paul Dermée et Paul Neuhuys furent scellées à Anvers. Le volant d'Artimon (Paris, Collection “Z”, Jacques Povolozky & Cie, 1922) adressé à Neuhuys (un des quelques exemplaires d'auteur sur vélin) en témoigne: « À Paul Neuhuys / en souvenir des récentes / heures anversoises / très amicalement / Paul Dermée »

DermeeARTIMON.jpg Le 8 novembre 1922, Paul Dermée donne une conférence au club Artès à Anvers, intitulée « Défense du lyrisme nouveau ». Enfin, en janvier 1923 il publie un poème dans le no 20 de Ça Ira ! :


Bar Marin


                                       À Maurice Van Essche

Lanterne de papier huilé – chauds yeux mis-clos

Gloire des rues interdites aux matelots

 

Les bourdons policiers se cognent à vos vitres

Bar ô cactus éclos sur les décombres de la nuit

 

Les rêves les regrets le désir étendard

Halots d'ivresse sur les visages que j'ai baisés

 

De la flamme de punch qui tremble sur les verres

Une torsade de typhon s'élève rauque comme une rixe

 

Les murs sont pavoisés de glaces de mirages

Combien de cicatrices écrivent mes voyages

 

ô bruit des vagues halètement des flots énamourés

Accordéon magicien des cœurs nomades

 

Quels grains menacent sous les paupières plombées des filles

Les phalènes des Tropiques ce sont leurs bagues et leurs rires

 

Dans les bouteilles lumineuses d'aurore

Chante l'embellie des départs matinaux

 

À Saïgon à Dakkar ou à Vera Cruz

Toujours la même abeille a bourdonné

autour de mon col de toile bleue

 

Elle chante laï-ta-li-va

Les beaux pays où je n'aborderai pas

*

Au sommaire du même numéro 20 figurent e.a. un très beau texte de Pascal Pia in memoriam René Edme (représentant de Ça Ira ! à Paris), un poème Marcel Arland et de Georges Pillement. Les « somptueux » tapis modernistes de Jan Cockx sont présentés par Maurice Van Essche.

Paul Neuhuys y publie son étude sur Céline Arnauld (voir notre blogue du 3 février) et des notes de lecture consacrées à Henri Vandeputte (Dictionnaire ajoutez un adjectif en ique), à Odilon-Jean Périer (Notre Mère la Ville) et à Robert Goffin (Jazz-Band, avec une préface de Jules Romains).

Ce sera l'ultime numéro de Ça Ira !.

Le numéro “Dada” [no 16, novembre 1921) fut notre perte, soulignera Neuhuys dans ses mémoires,“car si nos rangs grossissaient, nous souffrions d'une sordide pénurie d'abonnés. Au point que Willy Koninckx proposait d'insérer dans chaque numéro un bulletin de désabonnement pour la facilité de nos lecteurs.”

*

Les éditions Ça Ira demeureront encore quelques mois actives, publiant en 1923 Guêpier de diamants de Céline Arnauld, L'Œuvre plastique de Paul Joostens de Georges Marlier, Les Rêves et la jambe de Henry Michaux et Le Zèbre handicapé de Paul Neuhuys (avec un portrait de l'auteur par Floris Jespers). Le groupe s'attellera à l'organisation d'expositions en tous points remarquables.

Paul Neuhuys relèvera l'enseigne des éditions en 1932. Il les dirigera jusqu'à sa mort en 1984.

Henri-Floris JESPERS

(à suivre)

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Published by ça ira! - dans Dada
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