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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 17:13

 

Alain-Germoz.JPG

Photo: Lieve Terrie (19 novembre 2009)

Hier matin. Uitvaartcentrum Eugène Timmermans à Mortsel. La famille et une poignée d'amis se réunissent pour témoigner de leur affection pour Alain Germoz. Selon la volonté du défunt, l'adieu a lieu dans la plus stricte intimité.

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Katleen Schepers, maître de cérémonie, Gary Peeters, petit-fils d'Alain, Michel Oleffe et Henri-Floris Jespers évoquent les états multiples de la personnalité de Germoz. Louis Armstrong, Elek Bacsik, Count Basie, Dave Brubeck, Duke Ellington et Toots Thielemans les accompagnent...

Begrafenis-Alain-5-07-2013-028.jpgPrécédés par le saxophoniste Matthias Van den Brande, nous nous rendons au parc d'honneur du cimetière Schoonselhof. La dépouille de Germoz est inhumée au parc d'honneur, hommage de la ville à l'écrivain et à l'éditeur.

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*

Préfaçant L'Ombre et le masque, Michel Oleffe (2003) constate que la revue Archipel “fait partie désormais de l'histoire. Voilà une revue qui comptera, quand il s'agira d'évaluer la vie littéraire de presque une génération d'ici et d'ailleurs.”

Seul capitaine à bord, tout occupé à manœuvrer la nef parmi les récifs, parfois dangereux,de son archipel poétique, Alain Germoz a tendance à s'oublier lui-même. Il est l'auteur d'une œuvre multiple, qui dure depuis à peu près aussi longtemps qu'il vit, mais dont une grande partie est restée enfouie dans le fouillis de ses dossiers. Ce sont textes et dessins de tous genres et de tous modes... Bref, exactement ce qu'il se hâterait de publier si, par malheur ! ce n'était pas de lui.

Autour de Germoz, cela se sait... un peu, beaucoup... pas du tout !

*

Nous partagions l'amour des chats (et non seulement de celui de Schrödinger), des polars et des BD et, dans toutes leurs langues, de la littérature et de la musique.

Pour Alain, l'aphorisme est un espace de liberté et de désobéissance.

L'aphorisme permet d'exprimer à la fois le blanc et le noir sans crainte de se tromper, ni même de se contredire. Ce n'est pas rassurant mais c'est précisément ce qui me rassure. Et dans ce constat, je puis assurer qu'il y a toute une philosophie.

C'est dans cette optique que je lui laisse ici la parole :

  • La réalité est le rêve des gens qui ne savent pas rêver.

  • Une pensée lui vint, mais il n'était pas chez lui.

  • Heureusement que les choses vont mal sans quoi on n'aurait plus de raison d'espérer.

  • Le chat est au monde animal ce que Mozart est à la musique.

  • Puisque ce sont toujours les meilleurs qui s'en vont, il ne faut pas se faire d'illusion sur ceux qui restent.

*

Pruts déjeunait avec Alain et Mélanie au Minerva. Nos colloques singuliers avaient lieu à la taverne « Point final ». Nomen est omen, je n'y remettrai plus jamais les pieds...

Alain soulignait que nous vivons dans un monde où il y a de moins en moins de quoi rire.

Son dernier livre, Le Fou rire de la Joconde  (publié par Les Carnets du Dessert de Lune "pour le plaisir de partager une certaine désobéissance”) illustre une fois de plus que le sourire est la perfection du rire et qu'il n'y a de pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous.

Alain aimait saper les certitudes et contester ce qui est prétendument incontestable.

Nous y reviendrons.

Henri-Floris JESPERS

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Published by ça ira! - dans littérature
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