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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 20:53


Ça ira, numéro 16, novembre 1921

Le vernissage, demain à partir de 18h30, de l'exposition PAB au 'centre international de poésie Marseille', sera suivi d'interventions d' Arlette Albert-Birot, d' Isabelle Krzywkowski et de Frédéric Acquaviva et de la diffusion d'inédits sonores et visuels de PAB.

Conçue par Frédéric Acquaviva, cette exposition est organisée dans le cadre du festival actOral. auquel le cipM s'associe depuis quelques années en présentant une personne emblématique du croisement des écritures et des arts, choisie parmi les avant-gardes du vingtième siècle.

Ainsi, après – en 2007 – Henri Chopin, pionnier de la poésie sonore, éditeur de la revue OU, cinéaste expérimental et artiste ; puis Gil J Wolman, le poète des mégapneumes, le cinéaste de L’Anticoncept, l’éditeur des éditions inconnues, ce sera pour cette année 2009 le poète Pierre Albert-Birot, l’éditeur de la revue (SIC), le poète-typographe, l’auteur du légendaire Grabinoulor.

Frédéric Acquaviva, le concepteur des trois expositions, publie “Une Pandémie” dans le Cahier du Refuge 183 d'octobre 2009, dont voici deux extraits:

Comme des hommes peuvent être attirés vers le même type de femme, j’ai pour ma part une attirance certaine – de nature différente – pour les artistes, forcément poètes, capables d’inventer dans de multiples domaines où souvent ils sont paradoxalement perçus comme de simples amateurs, ce qui en général leur vaut de passer dans la salle d’attente avant d’espérer établir leurs quartiers dans des lieux un peu plus fréquentés.

[…]
Naturellement – c’est la raison d’être de cette exposition – m’a également captivé la modernité de PAB typographe, comme en témoignera en 1964, l’édition par Ian Hamilton Finlay de son poème-pancarte « Paradis » (Wild Hawthorn Press), aussi le fait qu’il n’attende plus d’éditeur, sans savoir qu’il fait des livres d’artistes, cette niche à venir. C’est sans doute la même pulsion qui poussa le génial compositeur Carlo Gesualdo à s’acheter de quoi imprimer lui-même ses partitions au chromatisme subtil et avancé. J’imagine sans mal un PAB dans les années 80 se servant de son ordinateur pour en sortir quelques exemplaires, c’est Gil Wolman avec ses Éditions Inconnues. La permanence du geste avant-gardiste est quelque chose qui surprend par la totale répétition de son impossible absorption par le monde contemporain.

Ainsi, on pourra voir lors de cette exposition les 41 opuscules édités par PAB de son vivant, en dehors des 25 poèmes visuels restants qui appartiennent désormais au Cabinet d’art graphique du Centre Pompidou et des 17 poèmes en guise de vœux annuels (De temps en temps), qu’il imprima de 1953 à 1967 et envoya à ses amis, avant qu’Arlette ne poursuive cette tradition. Ces livres, pour qui les a eus entre les mains, sont d’un aspect unique, fragiles et précieux, simples et évidents, dans cette facture typographique décantée de tout effet, modernes et anti-bibliophiliques. Et si effet il y a, c’est l’explosion de La Lune (que l’on revoie Dentelle que j’ai choisi pour être l’affiche de cette exposition !). Là encore, frappe toute une descendance, sinon la Poésie visuelle et concrète, les Dactylopoèmes de Chopin, les Poèmes prints de John Giorno... On dirait que le temps d’incubation est révolu.

*

Pierre Albert-Birot figure au sommaire du numéro 16 de Ça ira, 'Dada, sa naissance, sa vie, sa mort'. Paul Neuhuys, qui reverra PAB en 1959 aux Biennales de la Poésie à Knokke, le considérait comme l'un des rares dadas français. Dans ses Mémoires à dada (Bruxelles, Le Cri, Coll. Les Évadés de l'Oubli, 1996), il notera:

Face à ces deux géants que furent Pound et Joyce, et compte tenu que Picabia était d’origine espagnole, Pansaers belge, on peut dire que les seuls Ribemont-Dessaignes, Pierre Albert-Birot et Benjamin Péret sont d’authentiques dadas français. Tous trois figurent au sommaire de notre numéro dada. Ribemont, avec une petite pièce, Zizi de Dada, qui nous valut des démêlés avec notre imprimeur parce qu’elle se terminait par : « Je suis le Pape, nom de Dieu » ; Pierre Albert-Birot, avec un fragment dialogué entre Poire et Cœur, Drame pour acrobates : la scène représente un clair de lune, Poire et Cœur s’étreignent, la lune tombe par terre, on baisse le rideau — la lune tombe par terre était la trouvaille ; et enfin Péret, avec le poème Réforme. Il est certainement celui des dadas qui rappelle le plus Jarry et la pataphysique. Dans Mort aux vaches et au champ d’honneur, il fera dire à un de ses personnages : « La défense nationale c’est moi, et moi j’ai envie de dormir. »



Pierre Albert-Birot: L'homme coupé en morceaux

*

En 1968, à l’occasion de l’anniversaire de sa femme, Neuhuys avait invité Henri Chopin, le libraire Petithory et Mme Albert-Birot à déjeuner. Celle-ci lui confia que dans la thèse de Sanouillet sur Dada “ce qu’il y a de plus intéressant c’est l’index”.

Henri-Floris JESPERS



centre international de poésie Marseille
Centre de la Vieille Charité - 2, rue de la Charité - 13236 Marseille Cedex 02
tel : 04 91 91 26 45 - fax : 04 91 90 99 51
www.cipmarseille.com - cipm@cipmarseille.com
entrée libre

ouvert du mardi au samedi, de 12h à 19h
bibliothèque : du mercredi au samedi, de 14h à 19h

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Published by ça ira! - dans Dada
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