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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 23:29


Les poèmes de Corinne Hoex se distinguent par une extrême économie des moyens. Le titre de son nouveau recueil, Contre jour, souligne bien cet éclairage tel que la lumière frappe les objets du côté opposé à la direction dans laquelle on regarde. Cet éclairage tend à révéler un autre aspect des choses et des êtres, à en donner une compréhension nouvelle.

 

tes mains

seules

sortent

du lainage

lourdes

sur le plaid

qui t'emprisonne

 

fermées

sur le tracé

des paumes

 

un sphynx

dans son fauteuil

veille

sur ses énigmes

 

dans l'atelier

les toiles

inachevées

sont appuyées au mur

 

dehors

entouré de troènes

l'édifice

de métal rouge

que tu as forgé

 

Des vues, des aperçus, des jours, des ouvertures, voilà les formes sous lesquelles la poésie de Corinne Hoex perçoit les êtres et les choses. Comme un escalier, le poème se développe autour d'un espace vide. La construction et la respiration du poème sont conditionnées par les ouvertures que l'auteure aménage pour laisser passer le jour.

Tout comme la narratrice de Ma robe n'est pas froissée n'a même pas droit à un prénom, les poèmes de Contre jour annonce la couleur, “le blanc / d'avant la couleur”, cette “couleur / souterraine / où germe / le blanc”. La couleur de l'anonymat, celle de la dépersonnalisation. Paradoxalement, ce chiaroscuro tendant vers une monochromie savante fait fonction de révélateur. Teintée d'une profonde empathie et témoignant d'un sens aigu de l'observation, la poésie de Corinne Hoex, tout comme sa prose, explore les béances intérieures.

HFJ

 

Corinne HOEX, Contre jour, Bruxelles, Éditions Le Cormier, 2009, 57 p., 14 €. Avec cinq vignettes de Frank Vantournhout.

Corinne HOEX, Ma robe n'est pas froissée, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, 2007, 111 p., 12 €.

Corinne HOEX, Cendres, Noville-sur-Méhaigne, Éditions Esperluète, 2002, 51 p. Dessins de Bernard Villers.

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Published by ça ira! - dans littérature
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