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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 17:20

Critique d'art de stature internationale, Jean Dypreau (1917-1986) fut aussi un poète dont l'œuvre n'a rien perdu de son actualité, c'est dire: de son acuité. Usant du calembour, maniant avec une rationnalité parfois désarmante l'humour et l'ironie, cet “irrégulier” se plaisait à souligner que “celui qui pense droit marche de travers”. Tordant le cou à l'éloquence, détournant les proverbes, décapant les expressions figées, Dypreau fit œuvre de salubrité publique. Entreprise de destruction, certes, mais dans un esprit pudiquement constructif. Observateur narquois, réduisant la fable à l'épigramme, Dypreau pratique tout en douceur un jeu laconique mais non moins corrosif.

Le titre de ses recueils donnent le ton: Le souffle court (1950), Images d'Épinal (1950), Le Chemin des Proverbes (1951), La Corde et le Pendu (1955), La Verberie (1970), Le mal des mots (1989)...

Les mots couraient dans tous les sens.

Une cloche sonna.

Ils se mirent en rang,

formèrent une phrase.

La récréation avait pris fin.

Les éditions Taillis Pré annoncent la parution prochaine de toute l'œuvre poétique de Dypreau. Le 15 mars, Yves Namur, poète et éditeur; Gérald Purnelle, spécialiste en méthodes informatiques et quantitatives appliquées aux études de lettres; et le critique Jean-Pierre Van Tieghem évoqueront Dypreau. Lectures: Monique Dorsel.

Il respirait en poèmes

mais il avait le souffle court.

Le vent n'a qu'un souffle

mais son souffle court.

Henri-Floris JESPERS

Théâtre-Poème, 30, rue d'Écosse, 1060 Bruxelles. Métro: Hôtel des Monnaies.

Dimanche 15 mars 2009, 12h30.


Jean Dypreau et Englebert van Anderlecht, Unir le geste et la parole. Peinture partagée, 1959 (115 x 145 cm)

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Published by ça ira!
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