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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 06:02

Dans Les Féeries intérieures, son blogue dédié à Saint-Pol Roux le Magnifique et ses contemporains, Mikaël Lugan évoque Francis Jammes (1868-1938).

2008 n'est pas seulement le cent-quarantième anniversaire de sa naissance ; 2008 est aussi le cent-dixième anniversaire de la parution de De l'Angelus de l'aube à l'Angelus du soir au Mercure de France et le soixante-dixième anniversaire de sa mort.

*

Le 6 février 1970, Paul Neuhuys (1897-1984) notait dans son journal :

J’entre à l’Albertine1, couvert de neige, pour ma causerie sur les « Poètes de la Belle Époque » parmi lesquels figurera Francis Jammes lequel fredonnait jadis :

 

Dis-moi dis-moi guérirai-je

de ce qu’il y a dans mon cœur ?

Ami, mon ami, la neige

guérit-elle de sa blancheur ?

 

Bonhomme de neige, je me suis secoué à l’entrée.

*

À l’époque de la revue fantôme Le Melon bleu, sous l’occupation allemande de 14-18, Paul Neuhuys et ses amis se réunissaient chez Marie Gevers (1883-1975) à Missembourg. Ils étaient « tous entichés » de Francis Jammes, poète qu’ils lisaient « avec délices ».

Les deux poètes que nous aimions alors pour leur simplicité, sensibilité, sincérité, étaient Francis Jammes et Max Elskamp, deux poètes chez qui nous trouvions des affinités électives.

*

Dans sa conférence sur les « Poètes de la Belle Époque », Neuhuys témoignera de son attachement à la poésie de Jammes.

Je sais bien qu’aujourd’hui on vous dira que tout est faux dans Francis Jammes : une sensiblerie à fleur de peau. Je veux bien. Mais qu’est-ce que la poésie ? Une flamme invisible qui charme d’une manière inattendue.

Alors supposons un instant que vous soyez un public de music-hall et que vous voyez apparaître Yvette Guilbert, la plus fine diseuse du siècle, telle que l’a silhouettée Toulouse-Lautrec, vêtue d’une longue robe fourreau blanche et strictement gantée de noir jusqu’aux coudes, et qu’elle nous récite, toute vibrante, le poème de Jammes : C’était affreux… J’hésite, d’abord parce que je ne suis pas Yvette Guilbert, et ensuite parce que c’est vraiment trop affreux :

 

C’était affreux ce pauvre petit veau qu’on traînait

tout à l’heure à l’abattoir et qui résistait

 

et qui essayait de lécher la pluie

sur les murs gris de la petite ville triste

 

Ô mon Dieu ! il avait l’air si doux

et si bon, lui qui était l’ami des chemins de houx.

 

Ô mon Dieu ! vous qui êtes si bon

dites qu’il y aura pour nous tous un pardon

 

et qu’un jour, dans le ciel en or, il n’y aura

plus de jolis petits veaux qu’on tuera,

 

et qu’au contraire, devenus meilleurs,

sur leurs petites cornes nous mettrons des fleurs.

 

Ô mon Dieu ! faites que le petit veau

ne souffre pas trop en sentant entrer le couteau…

 

Est-ce sensiblerie ? ou flamme invisible qui charme d’une manière inattendue ? N’oublions pas que nous sommes à une époque bruissante de colifichets, où les dames portent de grands chapeaux dans lesquels elles enfoncent de longues épingles pour les maintenir sur d’épaisses voilettes, une époque de voilettomanie…

*

Les Féeries intérieures publièrent un bel hommage à Jacques Izoard qui fut « un idéoréaliste, un poète magnifique. Un familier de Saint-Pol-Roux ».

HFJ

http://lesfeeriesinterieures.blogspot.com

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Published by ça ira! - dans littérature
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commentaires

dissertation 07/01/2010 10:11


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