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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 15:31

Voici l’en-tête de la nouvelle livraison du Bulletin de la Fondation ça ira qui sortira de presse dans les prochains jours.

 

La publication  1961 d’un fascicule consacré à Paul Joostens dans la collection Monographies de l’art belge, éditée par le Ministère de l’Instruction Publique, avait été précédée de péripéties désolantes. Pour Paul Joostens ce fut un calvaire, et il mourut avant d’avoir eu la joie de voir paraître celle que Paul Neuhuys lui consacra. Cette odyssée a été longuement évoquée dans notre bulletin no 18.

Joostens avait, à l’origine, confié à Alain Germoz la tâche de la rédiger. C’est ce texte, dûment autorisé par Joostens mais demeuré inédit, que nous situons et publions ici.

*

À l’occasion de l’attribution du prix triennal Michel de Ghelderode à Roland Beyen, le lauréat retraça les grandes lignes de sa quête patiente mais passionnée du dramaturge.

Dans son édition monumentale de la Correspondance de Michel de Ghelderode, Beyen souligne que Paul Neuhuys fut un des meilleurs amis de Ghelderode de 1931 à 1940 et de 1945 à 1949. Leur complicité éclate dans une correspondance combien révélatrice.1

Malgré une rupture navrante en 1950, Neuhuys gardera un souvenir ému de Don Miguel, comme en témoigne le poème  ‘À la mexicaine’, in memoriam Michel de Ghelderode, paru en 1967 dans son recueil Septentrion.

La mort de saint Louis décida des croisades.

Jeanne au bûcher boucla la guerre de Cent Ans.

C’est pourquoi don Miguel des Noires Cavalcades

commence de trouver ce quiétisme inquiétant.

 

Il est des fleurs qui font l’école buissonnière:

ah! vivre dans l’instant parfumé d’une fleur

dont le seul nom, Malène, évoque une atmosphère

où la peur de jouir nous fait jouir de peur!

 

Le taureau entre en coup de vent; son poids l’entraîne

à se voir libre, enfin, après le noir cachot.

Quatre sabots poudreux patinent dans l’arène:

toute vie est un cri entouré de sanglots.

 

Le scribe dans le vent aime entasser des pages.

Plus en état de distinguer le beau du laid,

il lui faut le plus insupportable tapage

pour dire qu’il s’est fait librement ce qu’il est.

 

Corolle de saphir, tambourin d’émeraude,

grand nymphéa ou nymphéatzin du Natal,

pour nous restituer ce colosse de Rhodes,

il sied que ‘tzin’ demeure un suffixe amical.

*

Mélanie Alfano évoque l’aventure de La Lanterne sourde dans un livre tout récent (voir les ‘Notes de lecture’).

Paul Neuhuys apparaissait parfois aux réunions des Lanterniers. C’était un ‘personnage important’, souligne Robert Goffin dans ses attachants Souvenirs à bout portant (1979) :  il représentait le groupe anversois des ‘révoltés de la poésie échappée au Parnasse’.  De retour d’Égypte, Paul Vanderborght, chef de file et inspirateur des Lanterniers, s’adressa le 16 septembre 1929 à Neuhuys : ‘Je vous demande donc de ne pas oublier la promesse que vous m’avez faite de consacrer une conférence jeune et vivante, digne de vous et du poète anversois, à Max Elskamp. Seriez-vous prêt pour le début de Novembre ? Faites un petit effort et donnez-moi la joie de vous présenter, une fois de plus, à un public avec lequel j’ai moi-même perdu contact.

La conférence fut annoncée dans le quotidien bruxellois Le Soir du 28 octobre 1929 :   ‘Lundi, à la Maison des Artistes, Grand’Place, le jeune poète anversois, Paul Neuhuys évoquera la figure de ce maître aux allures médiévales, et synthétisera son œuvre.’ 

Selon le même journal, la séance de la Lanterne sourde connut ‘le plus vif des succès’ : Paul Neuhuys ‘parla de son maître et ami, avec une émotion de choix et dans une forme des plus pures.’ 2

*

Ce furent Paul Neuhuys (en 1965) et Jan van der Hoeven (en 1988) qui attirèrent mon attention sur Marie-Jo Gobron. Son fils Jean-Noël m’annonce le décès de ce poète et collagiste effacée mais fière de son indépendance, tant dans son œuvre que dans sa vie. Nous lui tressons une couronne funèbre.

Le chanteur Wannes van de Velde 3, guitariste flamenco, écrivain, homme de théâtre et traducteur de Ghelderode, est décédé le 10 novembre (voir le blogue de la Fondation ça ira du 10 novembre : www.caira.over-blog.com). Il avait un lien posthume mais non moins tout particulier et solide avec Paul Neuhuys. Nous l’évoquerons dans le prochain bulletin.

*

Paul Neuhuys prédisait le règne de la sorcellerie électronique. N’hésitez donc pas à vous inscrire gratuitement à la newsletter de notre blogue : www.caira.over-blog.com (colonne de droite).

De plus, nous envisageons de publier une infolettre personnelle à l’attention de nos lecteurs. Afin de pouvoir vous l’adresser, veuillez communiquer votre e-mail à l’adresse suivante : hfj@skynet.be.

*

Bòna annada en provençal, bon any nou en catalan, pace e salute en corse, un an nou fericit, comme disent les Roumains.

Henri-Floris JESPERS

 

1  Henri-Floris JESPERS, Correspondance entre Neuhuys et Ghelderode, in Bulletin no 3, pp. 5-28; ‘Michel de Ghelderode et Paul Neuhuys: témoignages d’une amitié’, in Jan HERMAN, Lieven TACK, Koenaard GELDOF, Lettres ou ne pas Lettres. Mélanges de littérature française de Belgique offerts à Roland Beyen, Presses Universitaires de Louvain, Leuven, 2001, pp. 270-294.

 

2 Cf. Henri-Floris JESPERS, ‘Max Elskamp et Paul Neuhuys : correspondance inédite’, in Textyles no 22, pp. 67-81.

 

3 Cf. Bulletin no10, pp. 35-42.

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Published by ça ira! - dans littérature
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