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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 20:17



Paul Neuhuys, dessin de Pierre-Louis Flouquet.

 

Je poursuivais mon étude sur l’orientation de la conscience lyrique, avec le souci toutefois de ne pas trop nous prendre au sérieux. Ne pas se prendre au sérieux, c’est se défendre contre le sérieux de la vie, et je faisais jouer l’inconscient par l’ironie, car seul l’inconscient ne ment pas. Le vrai langage onirique est ironique. C’est ainsi que la poésie devient le seul moyen de connaître quelque chose sur cette terre. Lorsqu’on me disait d’un poète qu’il avait pris conscience de la gravité de son art, je savais d’avance que je le trouverais un peu rasoir. L’art devait être pour nous quelque chose de joyeux : « Quand nous serons fatigués d’être gais nous serons contents d’être tristes » avais-je écrit dans Le Canari et la Cerise.

A pendulum between smile and tears… un pendule qui oscille entre le rire et les larmes, n’est-ce pas la vraie définition anglaise de l’humour ?

 

De fil en aiguille, de fil d’Ariane en aiguille de Cléopâtre, je fus amené à la révélation Dada et publiai dans le numéro 14 de Ça Ira un article consacré à Dada qui allait décider du sort de la revue.

Paul NEUHUYS, Mémoires à dada, Bruxelles, Le Cri, 1996, p. 57.

 

Afin de nous remettre exactement dans l’ambiance de l’époque, cet article sera reproduit in extenso sur notre blogue. Il date de 1921.

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Published by ça ira! - dans littérature
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