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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 20:26

Le numéro de septembre d’Inédit nouveau publie en couverture un dessin de Claude Haumont (°Jemmapes, 21 juin 1936), peintre, poète et essayiste passé par le surréalisme (il publie des proses dans Les Lèvres nues de Marcel Mariën) et tenté par les démarches situationnistes. En 1952, il découvre les œuvres de Turner, Constable et William Blake et à la fin de la décennie il s’engage dans la voie d’un expressionisme abstrait et lyrique où la figuration n’est pas tout a fait absente. Il se reconnaît dans Bertini, Degottex, Zao Wou-ki, Paalen, Toyen, et bien entendu, Henri Michaux. Il fait la connaissance des derniers survivants du groupe surréaliste du Hainaut se se liera d'amitié avec Achille Chavée et Armand Simon ainsi qu'avec André Balthazar, qui l'accueillera aux éditions du Daily-Bul en y publiant trois de ses recueils "poétiques". Dans la foulée il écrit trois poèmes pour illustrer cinq estampes gravées et imprimées de Gabriel Belgeonne, en octobre 1984.

 

Cavale et chacals

 

Il y a quelques mois, la découverte par le cinéaste belge Patrick Taliercio d’un texte en prose de Rimbaud (‘Le rêve de Bismarck’), paru sous la signature de Jean Baudry dans le numéro du 25 novembre 1870 du journal Le Progrès des Ardennes, a fait couler beaucoup d’encre. Et voilà que le journaliste et poète français Jacques Lucchesi publie un dizain inédit de Rimbaud, « l’un des rares pièces à avoir échappé aux multiples éditions de ses poésies complètes. Selon l’arrière-petite nièce du poète, Madame Sylvie Lacassin-Dunoyer [...], ce poème a vraisemblablement été écrit durant l’été 1871 [...]. »

Publiant cet inédit et une note de Lucchesi, Paul Van Melle souligne que le poème « est cette fois certifié par l’origine familiale ».

Quoi qu’il en soit, ces dix vers  d’À la Française ne provoqueront pas le tapage que suscita en 1949 l’affaire de La Chasse spirituelle, qui demeure bien sombre...

*

L’excellente et toujours abondante rubrique « à tous mes échos » de Van Melle, grand lecteur devant l’éternel, signale que le numéro 33 du Bulletin ça ira raconte le parcours

« d’un Maurice Gauchez, que j’ai peu aimé et que l’ami Jespers semble apprécier, tout en signalant lui aussi que ses choix d’auteurs de l’entre-deux guerres pour sa revue était sans doute plus amicaux que rigoureux ».

Si j’ai évoqué Maurice Gauchez, c’est qu’il a croisé le chemin de Paul Neuhuys à plusieurs reprises. Le versificateur me laisse passablement indifférent, à quelques rares poèmes près; le romancier a mal vieilli ; et si je consulte parfois le critique (Romantiques d’aujourd’hui, 1924 ; et À la recherche d’une personnalité, 1928), c’est pour mieux respirer l’air du temps. Nous avons en effet trop tendance à évoquer les années folles à travers le prisme des avant-gardes.

Prétendre que je « semble apprécier » Gauchez est sans doute excessif.

Que les activités de Gauchez, atteint de gendelettrie aiguë,  « ne furent pas sans influencer le coloris et la tonalité de la vie littéraire en Belgique » me semble incontestable, comme en témoignent une foultitude de banquets, de commémorations, d’hommages et de manifestations diverses dont il fut la cheville ouvrière. À propos de la revue Renaissance d’Occident, je souligne que Neuhuys fait « poliment » état de l’ « éclectisme illimité » de son animateur...

Constater que Gauchez eut le mérite, dès le début des années vingt, de donner une tribune à Michel de Ghelderode (qui, bien sûr, le reniera) ne me semble pas relever d’une appréciation particulière, mais uniquement d’une approche historique.

Si les entreprises de Gauchez ont sombré dans l’amnésie collective, elles n’en restent pas moins des témoignages passionnants de l’interaction des champs littéraires et du fonctionnement des réseaux dans les années vingt.

*

« À tous mes échos » me révèle la revue Amis de l’Ardenne qui, après avoir consacré en 2004 un numéro au « Grand jeu », traite dans une livraison récente de René Daumal, dont Le Mont analogue, ‘roman d’aventures alpines, non euclidiennes et symboliquement authentiques’, me fut révélé au début des années soixante par Freddy de Vree.  

À propos des Mededelingen van het CDR, Van Melle signale un bel hommage à Hugo Claus. Il constate non sans quelque nostalgie que le temps des vrais dialogues semble bien révolu:

« Aujourd’hui on ‘maile’ ou ‘sessemesse’ en virtuel ! Il faudra revenir sur les ‘pink poets’, la ‘poesia visiva’ ou la poésie concrète. »

*

Signalons encore la traduction (en juxta) du poème ‘Ins Lesebuch für die Oberstufe’ de Hans Magnus Enzensberger; ‘Borbicule II’, une prose de Claude Haumont ; et enfin, l’éditorial de Paul Van Melle, consacré à Aimé Césaire et à la négritude.

Henri-Floris JESPERS

Inédit nouveau, no 224, septembre 2008, 32 p., ill.

Participation aux frais : 35 € pour 10 numéros de la revue (8 de 32 pages, 2 de 62 ; ne paraît pas en juillet et août) à verser au compte bancaire 001-1829313-66 de Paul Van Melle, 11 av. du Chant d’Oiseaux B 1310 La Hulpe.

A propos de Paul Van Melle, Inédit nouveau et Maurice Gauchez, voir les blogs du 26 avril, du 23 mai, des 5, 15 et 26 juillet.

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Published by ça ira! - dans actualité
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