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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 04:08

Dada, comme l’affirmait Clément Pansaers, a voulu être le mot d’ordre d’un certain esprit.

Dada, microbe vierge, existait bien avant qu’il ne fût identifié à Zurich pendant la première guerre mondiale.

On peut parler de diaspora Dada.

Déjà le dadaïsme est une dégradation de Dada.

Dada est fondé sur les données immédiates de la conscience qui ne sont pas celles de l’intelligence. C’est la conscience qui nous met en garde contre une déviation vers l’auto-destruction tandis que l’intelligence est soumise à un atavisme créé par la civilisation.

Pansaers parle à ce sujet de « déblayage brutal », et serait en droit de s’écrier aujourd’hui : « Qu’est-ce que c’est Sartre, Breton ? Connais pas, connais pas. » Car ce qui attire dans dada c’est à fois le nihilisme et le juvénilisme.

Entre l’existentialisme, démission devant l’absurde, et le surréalisme, rémission par le merveilleux, il y a Dada, qui est le fléau de la balance.

Le code dada s’établit sur un critérium clair et net : Les individus se ressemblent par leur dissemblance. L’individu seul est nature et peut condenser sa pensée en un mot, un geste, un objet.

Mais aussitôt qu’un groupe de dadaïstes ne songea plus qu’à épater la galerie, il perdit sa raison d’être et devint Tam-Tam Réclame.

Et Pansaers de nous expliquer qu’il se retira du groupe dans la nuit du 25 avril 1921, après une réunion orageuse, suivi de près par Francis Picabia.

Mais, conclut-il, malgré tout Dada a existé et existe. « Comme toujours certains attendent des œuvres, comme il y en a encore qui attendent le Messie. Et qu’importe qu’elles ne soient qu’une curiosité... provisoirement. »

(1958)

Clément Pansaers, Bar Nicanor, 1921

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Published by ça ira! - dans Dada
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